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21 octobre, 2010

La visite au Vatican ou les rapports ambigus de la France avec l’Eglise

Classé dans : Politique — llanterne @ 19:26

La visite au Vatican ou les rapports ambigus de la France avec l'Eglise dans Politique latern

Nicolas Sarkozy a été reçu par Benoit XVI, vendredi dernier. Après l’audience papale, dans un moment de prière aux dires du Vatican, de recueillement pour l’Elysée, on a vu le président se signer plusieurs fois et même réciter le « Notre père ». Résultat : des critiques à gauche, François Hollande y voyant notamment des manquements au principe de la laïcité. Décidément, Nicolas Sarkozy en fait toujours trop avec le Pape. Lors de son premier voyage au Vatican, il dépassait les limites de la désinvolture. Aujourd’hui, il excède les limites de la dévotion.

Il pourrait plaider que ses excès sont une tradition bien française, seul un sujet du Roi de France, Guillaume de Nogaret, envoyé de Philippe le Bel, osa frapper un Pape – qui décéda quelques jours plus tard. Mais seul un Roi de France aussi consacra son pays à la Vierge Marie, c’était Louis XIII. La France est la fille aînée de l’Eglise, qui entretint toujours des rapports si ambigus avec elle. C’est la France républicaine qui donna aussi cette couleur si anti - cléricale à son principe de laïcité. Le seul président catholique réellement pratiquant de notre Ve République, qui fut de Gaulle, quand il assistait à un office en ses qualités de chef de l’Etat, par souci de retenue et de respect du sacro-saint principe de laïcité, s’imposait de ne pas communier à l’issue de l’office.

Mais cette époque est passée, révolue. Les catholiques pratiquants sont devenus, on pourrait dire une minorité active – 4,5 % des Français se disent pratiquants réguliers, 8 % pratiquants occasionnels ; 79 % de la population restant cependant baptisée en 2010 – et dont on se dispute âprement les suffrages, notamment dans un certain électorat de droite. Certes, l’électorat catholique n’est la propriété de personne, il n’est d’ailleurs pas monolithique et nous devons respecter cette minorité, comme le rappelle le père Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France – CEF -, qui inscrit, lui, la visite de Nicolas Sarkozy « dans une nécessité de dialoguer » avec le Vatican. Ils ne représentent plus par ailleurs, un quelconque « danger » d’influence en soit, dans notre République laïque. Le haut-clergé, ne joue plus aucun rôle politique, comme ce put être encore le cas au XIXe siècle, jusqu’au début du XXe siècle, à la faveur de la crise de 1905.

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Les évêques de l’Eglise de France aujourd’hui penchent d’ailleurs plutôt à gauche et sont souvent, il faut le dire, très politiquement corrects. C’est d’ailleurs sous la pression des évêques de France, que Benoit XVI s’est vu contraint de rappeler à l’ordre Sarkozy sur la politique à l’égard des Roms, n’ayant pas spécialement l’intention de stigmatiser la France sur ce point, au début. Les catholiques perçoivent la deuxième rencontre de Nicolas Sarkozy avec le pape Benoît XVI au Vatican plutôt comme « une tentative de reconquête d’un électorat déçu, une opération qui laisse certains dubitatifs ». Selon l’institut de sondage Ifop, contre 74 % des catholiques pratiquants ayant voté pour Sarkozy en 2007, plus que 50 % continuent à le soutenir. « L’idée est plutôt de donner des gages et de rassurer une partie de cet électorat catholique dans lequel il a beaucoup perdu », analyse Frédéric Dabi, directeur du département opinion chez Ifop.

Pour Christine Boutin, secrétaire général du Parti Chrétien Démocrate, parti fondateur de l’UMP, il faut adopter des attitudes qui soient en cohérence, pour pouvoir renouer avec l’électorat UMP en général, un électorat catholique pratiquant plus en particulier. « Je ne suis pas la porte-parole des catholiques français ! », rappelle-t-elle par ailleurs, sans cesse sollicitée dans les médias, pour commenter la visite de Nicolas Sarkozy. Elle avance que le déplacement du chef de l’Etat est « un geste de paix », dans un premier temps. Mais cependant la politique gouvernementale de son point de vue, est difficilement lisible, et aujourd’hui par ailleurs, 70 % de catholiques pratiquants – de sensibilité de gauche comme de droite -, ayant voté Sarkozy, sont déstabilisés. Le Parti Chrétien-Démocrate se veut cependant agnostique, nombre de ses militants étant athée ou relevant d’une autre confession, mais se rattachant à certaines valeurs humaines – relevant essentiellement de la morale chrétienne.

La politique du gouvernement sur la retraite des femmes, la suppression des avantages fiscaux pour le mariage, la diminution de l’allocation d’accueil pour le jeune enfant  – ou encore le débat souterrain sur le fameux contrat union civile ou cuc, auquel j’ai consacré un article récent -, sont très mal perçues par les catholiques de droite. Quant à ceux qui ont une sensibilité de gauche, représentés également par le PCD, ils sont choqués par l’expulsion des Roms, analyse l’ancienne ministre du Logement. Le message est clair : peu sensible « à l’image » renvoyée par une rencontre maladroite comme d’habitude, avec Benoit XVI, l’électorat catholique attend « d’autres gestes » de Nicolas Sarkozy, dans une politique claire et cohérente, sans va-et-vient médiatique permanent, incompréhensible, visant à détourner l’attention de l’actualité.

Comme le commente Eric Zemmour, cela « pose et repose également, sans cesse la problématique des racines chrétiennes de la France ». « Des racines chrétiennes qui sont pourtant indéniables dans l’Histoire de notre pays et celle de l’Europe ». Car on ne peut s’approprier la civilisation de notre pays, son Histoire sans assimiler culturellement certes  – et non cultuellement -, ces notions et racines chrétiennes. Même les républicains les plus laïcards de la IIIe République s’étaient ainsi revendiqués de la morale chrétienne, vidée de son contenu, dans une certaine mesure, pour inculquer les bons principes aux petits écoliers et collégiens en blouse noire. Enfin, il apparaît que ce n’est pas un hasard, si ce principe de laïcité ait parvenu à s’imposer en France, dans une nation imprégnée de valeurs judéo-chrétiennes.

                                                                                                                                                   J .D.

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