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12 décembre, 2010

La dernière visite en Asie, un miroir aux alouettes…

Classé dans : Diplomatie,Economie — llanterne @ 15:48

La dernière visite en Asie, un miroir aux alouettes...  dans Diplomatie latern

L’actualité des derniers jours aura bel et bien été à la diplomatie. Nicolas Sarkozy a été accompagné dans sa visite officielle en Inde, par sept ministres, et soixante-dix industriels. Depuis son élection en 2007, le président s’évertue à jouer énergiquement son rôle de Vrp de l’Entreprise France, au travers de chacun de ses nombreux déplacements à l’étranger. Il emboîte ainsi le pas à son prédécesseur, Jacques Chirac, qui se déplaçait aussi à chaque fois, accompagné d’une cohorte de chefs d’entreprise. L’Inde que Sarkozy a l’intention de soutenir, dans sa démarche pour un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. De nombreux chefs d’Etat se déplacent d’ailleurs en Asie, actuellement - marché important, continent comptant deux futurs géants du XXIe siècle. Le gouvernement français qui estime que cette visite, va nous rapporter près de 17 milliards d’euros de contrats, signés ou annoncés. C’est la version rose de la mondialisation heureuse, le fameux gagnant-gagnant, que nous ont vanté et seriné depuis vingt ans, les partisans du libre-échange.

Mais un gagnant-gagnant qui se révèle être de plus en plus un miroir aux alouettes. Car à chaque fois que l’on vend à l’Inde, à la Chine ou au Brésil et à d’autres, ces pays exigent des transferts de la technologie la plus récente. Ils développent donc à une vitesse inégalée dans l’Histoire, des concurrents pour nos industries, dans les secteurs les plus en pointe. La Chine prépare un airbus et va construire elle-même 42 lignes de TGV, la Corée du Sud a détrôné Areva sur un contrat, et il ne faut pas oublier que c’est l’Indien Mittal qui avait racheté Arcelor. L’Inde qui perce également dans le secteur informatique – Sarkozy s’étant d’ailleurs déplacé à Bangalore, au coeur de « la silicon valley » indienne -, mais également dans l’industrie pharmaceutique.

Par ailleurs, l’Inde comme la Chine ont dépassé le milliard d’habitants. Les centaines de millions de pauvres restent un réservoir inépuisable pour conserver chez eux, des usines avec une main-d’œuvre très bon marché. C’est désormais la classe moyenne occidentale qui subit une lente mais inexorable paupérisation, après les classes plus populaires dans les années 80 et 90. Pékin comme Delhi et Bombay savourent ainsi avec délectation leur revanche, comme dans un gigantesque retournement historique. En effet, comme le commentait récemment Eric Zemmour : « Au XVIIIe siècle, l’Inde et la Chine tenaient la dragée haute aux Européens les plus avancés. C’est l’ouverture forcée de leur marché, arrachée et imposée à coups de canon par la puissance coloniale anglaise, qui avaient permis aux manufactures de Manchester, de ruiner la concurrence raffinée des tissus indiens. » Et il est vrai « deux siècles plus tard, le même libre-échange est le moyen imprévu de leur revanche historique !… »

Cette mondialisation voulue et imposée par une puissance américaine au fait de sa puissance, à la chute du mur de Belin, et approuvée avec enthousiasme par les élites européennes, aura donc comme résultat de permettre la revanche historique des deux grands vaincus de la diplomatie occidentale des derniers siècles… « Une incontestable réussite… ».

                                                                                                                                                     J. D.

                             

 

Les leçons du rapprochement franco-syrien

Classé dans : Diplomatie — llanterne @ 15:46

Les leçons du rapprochement franco-syrien dans Diplomatie latern

Le président syrien est venu récemment en visite à Paris, durant deux jours. Bachar El-Hassad a été reçu pour un déjeuner à l’Elysée. Et cela juste avant un déplacement officiel prévu de notre chef d’Etat en Inde. Il a sans doute beaucoup été question du Liban et de l’Iran. Et à un moment, où il apparait depuis les fuites diplomatiques de Wikileaks, que l’ouverture de Nicolas Sarkozy au régime syrien depuis 2008, a été très mal vécue à Washington. Ce qui est l’occasion de revenir également sur la stratégie diplomatique sarkozyste, mise en oeuvre au Moyen-Orient, depuis 2007. Mais qui pour une fois, il faut le reconnaître, emboîte le pas à la plus traditionnelle diplomatie française en la matière…

Bien-sûr, nos belles âmes bien-pensantes protesteront une fois encore contre la venue d’un dictateur. Mais il faut le reconnaître, « si on ne traitait qu’avec des démocraties, on sortirait rarement d’Europe », comme le soulignait judicieusement M. Zemmour, sur le sujet. C’est également de Gaulle qui a toujours voulu que la France ait une politique arabe, jouant de son influence historique au Proche-orient. Il est certes nécessaire d’entretenir des relations diplomatiques, ne serait-ce que pour discuter, échanger des points de vue, surtout avec un pays francophone et stratégique tel la Syrie, avec qui nous conservons et entretenons des liens historiques étroits. Bien-sûr les Américains se moqueront encore de ces Français frustrés, tels l’établissent les messages d’ambassades révélés par Wikileaks, qui font tout et son contraire pour renouer avec leur grandeur passée dans cette région.

Pourtant dans cette histoire, « Sarkozy l’américain », ce Nicolas Sarkozy que Villepin présente – souvent d’ailleurs à raison – comme un inculte, qui a sabordé l’indépendance gaullienne, a étonnamment réemboité le pas à la plus traditionnelle diplomatie hexagonale. Il a écarté l’ancien ministre Kouchner, lui préférant pour cela, son conseiller Claude Guéant. L’objectif diplomatique français était en fait de sortir la Syrie de son isolement, pour l’écarter de son unique allié iranien. Cette visite du président syrien à Paris s’inscrit dans le cadre de cette tentative de normalisation des rapports. Accessoirement, « les Syriens devaient fermer en contre partie la route des armes, qui alimente le Hezbollah libanais, Etat dans l’Etat, qui menace à la fois l’intégrité libanaise et la frontière israélienne ». Si l’on s’en fie toujours à Wikileaks, les Américains se seraient gaussés de ces Français crédules prêts à croire n’importe quelle embrouille de ces Syriens retors.

Les Américains ne voient pas à quoi ont servi concrètement ces rapprochements avec les Syriens. Mais la diplomatie française analyse pourtant le voyage récent du président iranien Amadinejad, dans le territoire du  Hezbollah libanais, comme un bras d’honneur aux Syriens, une manière de faire comprendre à un allié désormais devenu distant, qu’il n’avait plus besoin de lui pour dominer le Hezbollah. La Syrie a traîné avant d’envoyer son ambassadeur à Beyrouth, mais l’a quand même fait, en mars 2009. Sarkozy peut se féliciter pour une fois, de son audacieuse stratégie diplomatique. « Un pas en avant, deux pas en arrière… » Même si Dieu sait que rien n’ait jamais gagné d’avance, dans les relations avec cet Orient si compliqué…

                                                                                                                                                    J. D.

 

Pourquoi la France penche-t-elle vers l’Etat administratif ? par Pascal Perrineau

Classé dans : Politique — llanterne @ 3:16

Le mardi 24 mars 2009 se tenait la séance inaugurale du séminaire « Les procès contemporains de la démocratie libérale », dirigé par Pascal Perrineau, directeur du Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF), autour de la question « Pourquoi la France penche-t-elle vers l’Etat administratif ? ». Pascal Perrineau approche le sujet, dans une perspective historique longue, qui nous est livrée au travers de cette intervention filmée en deux parties. A découvrir.

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