La Lanterne (politique, sujets de société)

12 décembre, 2010

Les leçons du rapprochement franco-syrien

Classé dans : Diplomatie — llanterne @ 15:46

Les leçons du rapprochement franco-syrien dans Diplomatie latern

Le président syrien est venu récemment en visite à Paris, durant deux jours. Bachar El-Hassad a été reçu pour un déjeuner à l’Elysée. Et cela juste avant un déplacement officiel prévu de notre chef d’Etat en Inde. Il a sans doute beaucoup été question du Liban et de l’Iran. Et à un moment, où il apparait depuis les fuites diplomatiques de Wikileaks, que l’ouverture de Nicolas Sarkozy au régime syrien depuis 2008, a été très mal vécue à Washington. Ce qui est l’occasion de revenir également sur la stratégie diplomatique sarkozyste, mise en oeuvre au Moyen-Orient, depuis 2007. Mais qui pour une fois, il faut le reconnaître, emboîte le pas à la plus traditionnelle diplomatie française en la matière…

Bien-sûr, nos belles âmes bien-pensantes protesteront une fois encore contre la venue d’un dictateur. Mais il faut le reconnaître, « si on ne traitait qu’avec des démocraties, on sortirait rarement d’Europe », comme le soulignait judicieusement M. Zemmour, sur le sujet. C’est également de Gaulle qui a toujours voulu que la France ait une politique arabe, jouant de son influence historique au Proche-orient. Il est certes nécessaire d’entretenir des relations diplomatiques, ne serait-ce que pour discuter, échanger des points de vue, surtout avec un pays francophone et stratégique tel la Syrie, avec qui nous conservons et entretenons des liens historiques étroits. Bien-sûr les Américains se moqueront encore de ces Français frustrés, tels l’établissent les messages d’ambassades révélés par Wikileaks, qui font tout et son contraire pour renouer avec leur grandeur passée dans cette région.

Pourtant dans cette histoire, « Sarkozy l’américain », ce Nicolas Sarkozy que Villepin présente – souvent d’ailleurs à raison – comme un inculte, qui a sabordé l’indépendance gaullienne, a étonnamment réemboité le pas à la plus traditionnelle diplomatie hexagonale. Il a écarté l’ancien ministre Kouchner, lui préférant pour cela, son conseiller Claude Guéant. L’objectif diplomatique français était en fait de sortir la Syrie de son isolement, pour l’écarter de son unique allié iranien. Cette visite du président syrien à Paris s’inscrit dans le cadre de cette tentative de normalisation des rapports. Accessoirement, « les Syriens devaient fermer en contre partie la route des armes, qui alimente le Hezbollah libanais, Etat dans l’Etat, qui menace à la fois l’intégrité libanaise et la frontière israélienne ». Si l’on s’en fie toujours à Wikileaks, les Américains se seraient gaussés de ces Français crédules prêts à croire n’importe quelle embrouille de ces Syriens retors.

Les Américains ne voient pas à quoi ont servi concrètement ces rapprochements avec les Syriens. Mais la diplomatie française analyse pourtant le voyage récent du président iranien Amadinejad, dans le territoire du  Hezbollah libanais, comme un bras d’honneur aux Syriens, une manière de faire comprendre à un allié désormais devenu distant, qu’il n’avait plus besoin de lui pour dominer le Hezbollah. La Syrie a traîné avant d’envoyer son ambassadeur à Beyrouth, mais l’a quand même fait, en mars 2009. Sarkozy peut se féliciter pour une fois, de son audacieuse stratégie diplomatique. « Un pas en avant, deux pas en arrière… » Même si Dieu sait que rien n’ait jamais gagné d’avance, dans les relations avec cet Orient si compliqué…

                                                                                                                                                    J. D.

 

Pas de commentaire »

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour commenter.

Demandeur d'emploi |
OKL-GOLP'S CENTER |
Interdit bancaire? Enfin le... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | homosexualiteethomoparentalite
| misoprostolfr
| paroxetinefr