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19 décembre, 2010

« Ressortir des 35 heures », l’éternel débat à droite

Classé dans : Economie,Politique — llanterne @ 17:14

« Ressortir des 35 heures », l'éternel débat à droite dans Economie latern

Faut-il une bonne fois pour toute, revenir sur les 35 heures ? Voilà que la question est de nouveau posée, dans la majorité. On a entendu Gérard Longuet, le président du groupe UMP au Sénat défendre cette position, rejoint par Jean-François Copé. Mais voilà, Xavier Bertrand, le ministre du travail ou encore le ministre du Budget, François Baroin ont dit clairement, que ce n’était pas d’actualité. On croyait la question des 35 heures rangée dans les placards de l’Histoire, mais elle continue à faire débat.

Gérard Longuet déclarait dans un entretien récent accordé au journal Le Monde : « Ou on sort de l’euro ou on sort des 35 heures ». Le président du groupe UMP au Sénat analyse ainsi la crise de la zone euro, à la faveur de la séquence du remaniement. Gérard Longuet a plaidé sinon pour le rachat par la Banque Centrale Européenne – BCE -, de la dette des pays les plus fragilisés. Pour accompagner cette dévaluation de fait, dit-il, il faudra consentir des efforts drastiques. Sarkozy s’était d’ailleurs abondamment servi de cette idée, durant la campagne de 2007, en jouant sur du velours. Les 35 heures avaient déjà pourri la campagne de 2002 de Jospin. Pour la droite, elles demeuraient l’horreur absolue au nom de la valeur du travail et de la compétitivité des entreprises. Mais elles étaient aussi devenues l’ennemi des classes populaires, des ouvriers et employés du secteur des services, à qui elles avaient interdits de mettre du beurre dans les épinards, en opérant des heures supplémentaires. Leur détricotage avait été organisé par le gouvernement Fillon, dans un relatif consensus. Même les socialistes admettaient globalement mesa-voce, qu’il était très difficile de cumuler à la fois les 35 heures et une monnaie européenne tirée vers le haut, par l’excellence de la machine exportatrice allemande.

Dans la guerre de la mondialisation, nos entreprises ne pouvaient supporter le double effet de renchérissement du prix de nos produits, l’euro et les 35 heures de la fille Aubry. « Les dynasties ministérielles ont beau être une tradition française depuis Colbert et Louvois sous Louis XIV, elles coûtent parfois trop chères », comme le commentait M. Zemmour. Mais c’est là que la crise de 2008 est arrivée. Seulement, double effet de cette crise, les entreprises françaises n’avaient et n’ont désormais plus besoin d’heures supplémentaires. Elles avaient déjà du mal à remplir leur carnet de commandes. Les délocalisations se poursuivaient et continuent à se poursuivre sur un rythme immuable. Le détricotage, subtil, s’avérait inutile. Tout l’édifice du « travailler plus pour gagner plus » s’écroulait. Si le gouvernement voulait aller plus loin, supprimer radicalement les 35 heures, faire travailler de nouveau les gens aux 39 heures, le slogan de la campagne de 2012 risquait de devenir, « travailler plus pour gagner moins ». Idéal pour perdre la présidentielle. C’est pourquoi, on est loin de faire l’unanimité à droite.

Dès que Jean-François Copé et Gérard Longuet ont ressorti l’idée du placard, Xavier Bertrand, le ministre du travail et le président de la république lui-même se sont empressés de leur claquer la porte au nez. Trop dangereux. Pourtant la note laissée par Martine Aubry et les 35 heures est certes salée : « une vingtaine de milliard d’euros tous les ans, de subventions aux entreprises, pour dédommagements. Une paille. », dixit M. Zemmour. Surtout au moment où notre énorme déficit est dans le collimateur des agences de notation et où le ministre du Budget se bat comme un chiffonnier avec le parlement, pour quelques centaines de millions d’euros d’économies. Vingt milliards d’économies, en seulement quelques années ! Ca fait rêver Bercy. Mais pas la patronne du MEDEF, Laurence Parisot. D’ailleurs, argumente-t-elle, ses subventions ne corrigent pas vraiment le coût des 35 heures, mais compensent les charges sociales sur les bas salaires. On avait du mal comprendre. Ou alors trop bien compris, les poisons et délices du libéralisme à la française.

                                                                                                                                                           J. D.

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