La Lanterne (politique, sujets de société)

29 décembre, 2010

Le scandale du « Médiator »

Classé dans : sujets de societe — llanterne @ 7:33

Le scandale du

Ce scandale du « Médiator » n’en finit de pas de défrayer la chronique, à savoir ce médicament pour diabétiques en surpoids commercialisé par le laboratoire Servier, et interdit depuis novembre 2009. Et qui se trouve ainsi au coeur d’une affaire, avec jour après jour, son lot de révélations. Et avec en toile de fonds, comme dans l’affaire H1 N1, les connivences, les rapports ambigus et complexes entretenus entre grands laboratoires, experts, autorités sanitaires, et milieux politiques.

Une première étude de la CNAM réalisée en novembre 2009, portant sur plus de 43 000 diabétiques ayant pris du Médiator, faisait ainsi apparaître que ce médicament multipliait par trois les risques de troubles cardio-vasculaires chez les patients concernés. Le Mediator - benfluorex -, est interdit depuis des années, à l’étranger, aux Etats-Unis, en Espagne, en Italie. Mais il est commercialisé par le laboratoire Servier en France, depuis 1975. Il s’agit donc d’une affaire sanitaire s’étendant sur le long terme, en l’occurrence – une trentaine d’années -, ce qui complique l’état des lieux. Ce médicament est d’ailleurs proche dans sa composition d’un autre médicament commercialisé par le laboratoire Servier, à savoir un coupe-faim, l’Isoméride, retiré de la vente en France en 97. Concernant les statistiques, on nous a parlé de 200, puis 500 morts d’après une estimation de la CNAM, certains experts évoquant maintenant le nombre de 1000 victimes et 3 500 hospitalisations, imputables à la prescription de ce dit médicament et à ses effets secondaires, chez certains patients fragiles. Selon des sources fiables, il n’y aurait d’ailleurs pas qu’un seul, mais des dizaines de « Médiator » potentiels. C’est-à-dire des médicaments sous surveillance, potentiellement dangereux, mais continuant à être prescrits. Aujourd’hui en France, 76 médicaments feraient ainsi l’objet d’un suivi national ; certains seraient suspects, étant accusés d’avoir des effets secondaires parfois très graves, pour certains types de patients.

Et il s’agit bien là, d’une vaste et complexe problématique, à laquelle on touche. Nous sommes effectivement dans une société, où il y a une forte appétence de soins. Un nombre incroyable de médicaments nouveaux sortent chaque année et sont commercialisés sur ce marché, d’ailleurs fortement concurrentiel, marqué par l’émergence de géants pharmaceutiques étrangers. Mais la question est complexe en l’occurrence, car relevant aussi et surtout d’un ordre sanitaire et sociétal. Et nos fleurons hexagonaux – Servier, Sanofi Aventis -, défendent leur positionnement, d’où les liens très étroits entre politiques et secteur pharmaceutique hexagonal. L’industrie pharmaceutique se constitue en puissant lobby, particulièrement puissant et influent, par les enjeux, le poids de certains laboratoires, comme Servier et Sanofi Aventis – employant à eux deux, près de 60 000 collaborateurs en France et à travers le monde. Ce secteur défend âprement ses intérêts, y allant de son influence, même concernant parfois la législation. Et l’angle d’analyse pourrait ainsi être porté sur une question comme la maîtrise des dépenses d’assurances-maladies, des coûts concernant les médicaments, l’alignement du remboursement sur les génériques, les laboratoires jouant souvent un rôle pervers en la matière. Les médicaments nouveaux sont de plus en plus chers et les médecins généralistes, mais aussi les spécialistes prescrivent souvent à tors et à travers. Avec une industrie pharmaceutique consacrant un budget marketing considérable au démarchage auprès des médecins, encadrés et relancés par toute une noria de commerciaux derrière. 

Après d’autres affaires identiques, on croyait tout de même, que les structures chargées de donner leur feu vert à la vente d’un médicament, nous prévenaient de tout nouveau drame. Mais les connivences, les lâchetés, les conflits d’intérêts peuvent être décidément plus forts que tout. Et dans ce triste feuilleton, comme dans l’affaire H1 NI, le lobby pharmaceutique démontre encore une fois son poids, sa puissance, sa capacité d’influence jusque dans la classe politique et les autorités de contrôle sanitaires. Cela prouve par ailleurs, en la matière, que les questions inhérentes doivent relever d’une autorité à l’expertise indépendante, dotée de réelles prérogatives et de capacités de sanctions éventuelles. Car derrière tout cela, sont concernés tout le système de santé français, notre système d’assurances-maladies, avec derrière les lobbies, qui dictent leurs lois au détriment de l’intérêt général…

                                                                                                                                      J. D.

Au micro de RTL, allocution du professeur Bernard Debré.

Image de prévisualisation YouTube

Pas de commentaire »

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour commenter.

Demandeur d'emploi |
OKL-GOLP'S CENTER |
Interdit bancaire? Enfin le... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | homosexualiteethomoparentalite
| misoprostolfr
| paroxetinefr