La Lanterne (politique, sujets de société)

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7 décembre, 2010

Les dessous du dernier référendum helvétique

Classé dans : Politique — llanterne @ 22:41

Les dessous du dernier référendum helvétique dans Politique latern

Une majorité de Suisses a approuvé dimanche 30 novembre, par référendum, une proposition de la droite, à savoir le durcissement de la loi déjà existante, sur l’expulsion des criminels étrangers, puisque seraient désormais concernés les étrangers reconnus coupables de viols, de délits, d’infractions aux aides sociales. L’Union Européenne appelle la Suisse à respecter ces engagements internationaux. Mais ce vote dépasse les frontières… En France, en 1995, les sociologues avaient inventé l’expression de « grève par procuration », suivant l’analyse intéressante d’Eric Zemmour. Les agents des services publics faisaient la grève pour des employés du privé, qui ne pouvaient pas en faire autant, mais les soutenaient. On pourrait de même aujourd’hui forger le concept de « vote par procuration ». Le peuple suisse vote pour l’ensemble des pays européens, qui les approuvent.

On se souvient de ces sondages massifs qui avaient approuvé le vote suisse, interdisant les minarets. On peut imaginer la même approbation aujourd’hui, pour le renvoi dans leurs pays d’origine des délinquants étrangers. Bien-sûr, les Suisses essuieront l’indignation et la fureur de certains intellectuels, des institutions de l’Union Européenne, d’associations, et les sarcasmes des amuseurs. Ils seront traités de xénophobes, populistes. Pourtant la procédure de la votation directe référendaire est ce que l’on fait de plus démocratique dans nos sociétés politiques contemporaines. « Jean-Jacques Rousseau déjà expliquait que ce système ressemblait au fonctionnement de  l’Agora athénienne des origines ! » Cela peut certes partiellement se discuter dans un régime parlementaire, restant à savoir quelle est la proposition soumise à référendum. Mais de tout de façon, ce n’est pas le débat, en l’occurrence.

Le débat est que comme tous les peuples européens, les Suisses sont attachés à leur mode de vie et à leur environnement. En France, le criminologue Xavier Rauffer défend que les sociétés multiculturelles sont les plus violentes, comme le prouve l’exemple récent du Brésil. Les deux revendications sont d’ailleurs liées. Mais ces peuples affrontent une double position. D’abord celle des élites qui défendent un modèle multiculturel de la mondialisation, de l’autre côté, les victimes de la mondialisation, en général issues des classes populaires. Mais depuis la fin de la seconde guerre mondiale, dans une Europe traumatisée par les horreurs du nazisme, de nombreuses conventions internationales ont été signées et ratifiées pour protéger l’étranger, le migrant, lui conférant parfois des droits quasiment égaux et identiques, à ceux des « autochtones », révolution du droit qui s’est conjuguée avec des bouleversements géopolitiques hors normes, l’émergence de problématiques diverses, mais dont on ne peut nier la démesure et les incidences parfois concrètes.

Cette abolition des frontières pour les hommes, s’est ajoutée à celle des marchandises et des capitaux, en particulier depuis Maastricht, comme le disait le philosophe Philippe Murray, « dans une revanche étonnante du nomadisme sur le sédentarisme », semblant glorifiée par des élites mondialisées qui n’en verraient que les avantages. Elle est souvent une souffrance pour les peuples, qui le vivent. Ce conflit entre le droit et la démocratie, entre les élites et le peuple, nos politiques n’osent aujourd’hui l’affronter. Mais dans d’autres pays, le débat au moins est posé et clairement tranché…

                                                                                                                                          J. D.

 

 

 

L’affaire de Karachi, une affaire d’Etat

Classé dans : Politique — llanterne @ 22:35

L'affaire de Karachi, une affaire d'Etat dans Politique latern

En opérant un retour sur l’actualité de ces derniers jours, cette curieuse « affaire Karachi » n’en a pas fini de rebondir, prenant toutes les dimensions d’une affaire d’Etat. Patrick Devedjian a même fait sous-entendre récemment, que beaucoup d’autres « affaires » du genre devraient réémerger d’ici peu. Portant en l’occurrence sur des commissions et éventuelles rétro-commissions versées en marge d’une vente de sous-marins au Pakistan, en 1994, plusieurs hommes politiques de droite, dont Edouard Balladur et Nicolas Sarkozy auraient été impliqués à l’époque. Outre l’instrumentalisation qu’a pu en faire Dominique de Villepin contre Sakozy, cette affaire des rétro-commissions de Karachi ressemble de plus en plus à une commode ancienne à tiroirs – secrets de préférence. Le financement de la campagne du candidat Balladur en 1995, est ainsi pointé du doigt. Dernièrement Dominique de Villepin a été convoqué chez le juge. Il y a aussi le récit dans le journal Le Monde, de la réunion du conseil constitutionnel d’octobre 1995, au cours de laquelle un Roland Dumas fraîchement nommé à la tête de ce conseil, dit en exemple : « si on annule les comptes de la campagne Balladur, alors il faut le faire aussi pour Jacques Chirac et annuler les élections présidentielles ». 

« Après le couple maudit Sarkozy – Villepin, on repart à la mère des batailles et à l’opposition Chirac / Balladur des élections présidentielles de 1995« , dixit Eric Zemmour. La réaction de Roland Dumas peut sembler amorale sur le vif, mais pas forcément infondée, dans cette affaire connue à l’époque, et étouffée par le conseil constitutionnel, pour des raisons pragmatico-politiciennes. En effet, si on annulait les comptes du candidat Balladur, il fallait annuler aussi ceux de Jacques Chirac. Qui n’était pas malhonnête, à proprement parler, mais disons pas tout à fait honnête non plus. « Jacques Chirac » qui venait d’être élu président de la république. C’est donc la démocratie que l’on contestait, au nom de la morale. Il faut dire que le contrôle du financement de la politique est fort récent, surtout en France, car on en revient à cette problématique là. Pendant des années, on n’était pas si regardant sur ces questions de financement, les campagnes de Pompidou, de Giscard et de Mitterrand en 1981, même de de Gaulle, ne furent pas contrôlées.

On sait que le politique était financé par le patronat ou même par des sources moins recommandables. Jacques Gagliardi, ancien dirigeant de l’UIMM, ex-comité des forges, avait ainsi révélé dans un entretien avec le journal Le Monde du 24 juillet 2008, que les campagnes électorales de la droite furent longtemps financées par ce dit Comité des Forges, cela impliquant même des personnalités de la IIIe, comme Clémenceau ou Georges Mandel…  Aux Etats-Unis, on lève des fonds à visage découvert. C’est le règne de la transparence, nous dit-on avec envie, mais transparence qui ne dément pas toujours la corruption. Les membres du congrès sont redevables officiellement de leurs lobbyistes – parfois même étrangers -, qui ont financé leurs campagnes. La chronique a ainsi été défrayée récemment, suite à la révélation par plusieurs journalistes d’investigation, du financement de la dernière campagne de plusieurs membres du congrès américain par une célèbre multinationale française, en contrepartie de leurs oppositions affichées aux commissions d’enquête touchant aux questions environnementales. La timidité d’Obama vis-à-vis de Wall Street s’explique en partie ainsi. L’affaire du Watergate réglait favorablement une affaire globalement morale. Mais respectait-elle la démocratie, cette majorité d’Américains qui avaient voté pour Nixon. Au bout du compte, dans ce cas, qu’est-ce que la démocratie ?

Finalement, on s’en tire certes à bon compte, concernant cette affaire de Karachi. Cela dit, c’est vrai, la transparence est nécessaire au fonctionnement honnête de la démocratie. Mais trop de transparence rend impossible le fonctionnement du pouvoir gouvernemental, c’est ce qui apparait ; le secret étant une condition essentielle de l’efficacité de ce dit pouvoir. En fait cette histoire prouve au moins que le contrôle des dépenses des campagnes électorales par le conseil constitutionnel est une chimère. Mais pas pour tout le monde. Jacques Cheminade est le seul candidat, en 1995, à avoir vu sa campagne invalidée, le prêt qu’il avait fait à la banque n’ayant pas été remboursé, ayant fait 0,5 % des voix. Et ce-dernier s’est trouvé ruiné. La Fontaine qui ne vivait pas en démocratie, est bien toujours d’actualité : « Que vous soyez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir »…

                                                                                                                                       J. D. 

Quand Eric Cantona s’attaque aux banques…

Classé dans : Economie — llanterne @ 21:33

Quand Eric Cantona s'attaque aux banques... dans Economie latern

« S’il y a trois millions de gens qui retirent leur argent  des banques (…) ou dix millions, le système s’écroule ». « La révolution se fait par les banques ». Car c’est par elles, que tout le système tient. C’est la teneur des propos tenus par Eric Cantona, dans un entretien filmé avec un journaliste, et dont la vidéo tourne sur le web depuis fin octobre. Eric Cantona – quand il revient sur le devant de la scène médiatique -, a souvent le goût des déclarations à l’emporte-pièce, on le sait. Souvent vulgaire, il avait dans les années 80, traité le sélectionneur Henri Michel de « sac à merde »… Plus récemment, plus poétique, il avait dit de Raymond Domenech, qu’il était « le plus mauvais sélectionneur français depuis Louis XVI »… Mais alors, il ne sortait pas encore de son périmètre sportif. Avec son attaque des banques, Cantona joue « les Mandrin électroniques », les mauvais garçons au grand cœur, remonté en l’occurrence contre le système bancaire, et les banquiers rapaces. Il se compare lui-même à Spaggiari, le célèbre braqueur ayant délesté une agence de la Société générale, dans  les années 70, sans armes, ni sang, ni violence (en accédant simplement avec complices, durant la nuit, à la salle du coffre-fort par les égouts…).

Une date-butoir a été fixée, pour inciter certains à franchir le pas, à savoir celle du mardi 7 décembre. Le coup médiatique devrait vraisemblablement s’arrêter là. Mais les élucubrations d’un ancien footballeur reconverti en acteur, n’aurait suscité aucun commentaire au départ, si les gens ne l’avaient pris au mot au travers de cette vidéo visionnée des dizaines de milliers de fois sur youtube, si 25 000 personnes rien qu’en France, ne s’étaient inscrits sur Facebook pour le soutenir. Si la ministre de l’économie et des finances, Christine Lagarde, à la fin, n’avait daigné même lui « répondre », pour le tancer comme un mauvais garnement, sans se rendre compte qu’elle lui donnait ainsi une crédibilité d’interlocuteur, quasi-politique…

Il a réussi son coup, on pourrait  dire. Cet incroyable emballement prouve en tout cas, comme le soulignait le chroniqueur Eric Zemmour récemment, « la puissance prise » par la banque de données internet, et outre mesure, « la violence vindicative qui monte contre les banques dans tous les pays d’Europe, tandis que les plans de rigueur s’accumulent, alors qu’aux yeux de l’opinion, les banques semblent toujours s’en sortir, soutenus qu’elles sont par les gouvernements ». Mais cela prouve aussi la faiblesse des relais politiques et en particulier de la gauche, voire de l’extrême-gauche… Car après tout, l’idée de mettre notre argent à l’abri des fièvres spéculatives n’est pas une idée stupide, infondée et illégitime à la base. C’est d’ailleurs ainsi que fonctionnaient nos anciennes banques de dépôts, il y a d’ailleurs encore vingt-cinq ans de cela, il est vrai, avant que les gouvernements européens, en vertus de certains accords, renoncent progressivement à des contrôles coercitifs, notamment sur les transactions financières et les mouvements de capitaux bancaires.

Cela prouve aussi l’évolution, voire la dégradation / quasi-disparition du statut de l’intellectuel réactionnaire dans notre pays. Jadis, c’étaient eux, les intellectuels, les instigateurs de tels mouvements d’opinions. De la fin du XVIIe jusqu’au milieu du XXe siècle, ce furent les intellectuels, essayistes, romanciers et philosophes, « de Voltaire à Sartre, en passant par Zola, d’appels en pétitions, de la prison de la Bastille à un tonneau devant les usines Renault de Boulogne-Billancourt, qui conduisirent les révoltes de l’opinion contre l’injustice ». Il y a quelques dizaines d’années, Régis Debray constatait déjà, dépité, que les intellectuels avaient laissé la place aux journalistes d’investigation dans ce positionnement. Aujourd’hui, les dirigeants d’opinions, ce sont de plus en plus les stars, vedettes du spectacle, comiques populaires ou sportifs, délivrant la bonne parole, prédicateurs sentencieux, grandes gueules… « mais surtout rois et reines » de la société audimateuse. Les exemples de Coluche avec les restos du cœur, et la lutte contre la pauvreté dans les années 80, Josiane Balasko aujourd’hui ou Emmanuelle Béart à une époque, pour la défense des sans-papiers, viennent le confirmer.

Diverses questions d’importance ont été ainsi abandonnées à des personnalités sans réelle légitimité, si ce n’est médiatique, le plus souvent issues du monde du spectacle. Comme cela était analysé dans un papier récent sur Causeur, on pourrait presque aussi englober dans cette parenthèse, certaines personnalités politiques, telles Bernard Kouchner pour l’humanitaire et la diplomatie – le french doctor médiatisé des sacs de riz -, ou Nicolas Hulot pour l’écologie – le sympathique présentateur de l’émission Ushuaïa. « Autres temps, autres mœurs. Mais le peuple, il faut dire, a aussi parfois les élites qu’il mérite… ». 

                                                                                                                                             J. D.

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