La Lanterne (politique, sujets de société)

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17 janvier, 2011

Les trente ans de la politique de la ville

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 7:23

Les trente ans de la politique de la ville dans Politique latern

Jeudi dernier, sept anciens ministres de la ville étaient réunis, autour de l’actuel titulaire du poste, Maurice Leroy, pour célébrer les vingt ans de la politique de la ville : Eric Raoult, Claude Bartolone, Jean-Louis Borloo, Fadela Amara, Catherine Vautrin, François Loncle. Ils étaient tous là, sauf Tapie, « le fils maudit« , qui fut le premier ministre de la ville. Et tous ont convenu d’une chose, être ministre de la ville, c’est une tâche ingrate. Mais la politique de la ville est toujours au goût du jour, l’Etat-Providence n’est pas mort, c’est ce qui est ressorti de cette réunion. C’est au cours des années 1970 et 1980 qu’une approche globale, à la fois sociale et urbanistique, des problèmes spécifiques aux villes modernes est apparue. Cette prise de conscience a mené à la création d’un ministère de la ville en 1991. Et cet anniversaire apparaît, comme l’occasion de dresser un bilan de cette politique, consistant en un ensemble d’actions d’Etat visant à revaloriser certains quartiers urbains (appelés quartiers de la politique de la ville).

tapie-dessin dans sujets de societe  Bernard Tapie, 1er ministre de la ville

 

Une politique qui consiste essentiellement à subventionner les associations, réparer les cages d’escaliers, reconstruire les immeubles HLM trop abîmés, « à repeindre les ghettos ». La politique de la ville, ce sont avant tout des dizaines de milliards partis on ne sait où, pour on ne sait quoi. C’est  une invention socialiste, que la droite a reprise à son compte. Et qui est devenue un de ses sujets consensuels, que la classe politique s’est appropriée, et dont elle semble si fière, sans jamais oser la remettre en compte. Mais comme l’a dit, un jour, François Bayrou « Quand on pense tous la même chose, c’est qu’on ne pense plus rien ». Horwell aurait adoré cette politique de la ville, avec à chaque fois, l’Etat qui remettait au pot, suite à des mouvements de colère, plus ou moins spontanés, quelques milliards « pour acheter la paix sociale », oubliant ainsi tout sentiment de culpabilité. Une étude administrative récente montre par ailleurs, que les plus défavorisés ne sont pas où l’on croit, mais dans les départements ruraux du centre, comme la Creuse, ou de l’est de la France. Ce qui vient corroborer par exemple, la thèse du criminologue Xavier Rauffer, selon laquelle les départements les plus pauvres, ne sont pas nécessairement les plus criminogènes. Les banlieues au contraire sont proches des grandes métropoles, irriguées par le dynamisme économique de la mondialisation. La Seine-Saint-Denis est un département au tissu d’activités dense, mais habitée par des gens pauvres et massivement au chômage. Cette proximité avec les centre – villes, rend les trafics de drogue très attractifs, si rémunérateurs qu’ils détournent de la recherche d’emploi. 

Mais là où le bas blesse, c’est que la politique de la ville ne pourra rien contre cela, ni détruire les ghettos. Car ce n’est pas l’urbanisme qui provoque les ghettos, mais d’abord la délinquance, qui fait fuir les gens honnêtes, dès qu’ils le peuvent. Une politique d’immigration laxiste ensuite - 200 000 entrées régulières par an -, qui ruine tous les efforts d’intégration, et l’abandon par l’Etat et les élites de l’exigence d’assimilation, des codes sociaux et culturels français. « On ne peut pas exalter les différences et obliger des gens trop différents à vivre ensemble ». Malgré toutes les contraintes légales inventées, les aides financières déversées, la politique de la ville n’y pourra vraisemblablement rien. Elle sera au mieux inefficace, au pire même nuisible.

                                                                                                                                            J. D.

La logique sondagière

Classé dans : Politique — llanterne @ 6:37

La logique sondagière dans Politique latern

Selon le résultat d’un sondage consacré à son image publié dans Le Monde, l’euro-députée Eva Joly, l’ancienne juge d’instructions de l’affaire Elf, serait considérée comme la candidate à la présidentielle de 2012, la plus crédible. 65 % des personnes interrogées estiment qu’elle ait une candidate sincère, arrivant d’ailleurs loin devant tous les autres. Ce qui m’amène à me pencher sur cette dictature des sondages, devenus des armes de guerre politiques, utilisés pour promouvoir une candidature. Ce n’est d’ailleurs pas tant ce sondage derrière cette candidature d’Eva Joly, qui est ici intéressant, mais plutôt son caractère symptomatique. Les sondages sont ainsi devenus des sortes de juges suprêmes, dans le vide absolu du monde politique contemporain.

Naguère dans le fonctionnement démocratique républicain, c’étaient plutôt les partis – avec les militants derrière -, qui choisissaient les candidats représentant le mieux l’idéologie de leur mouvement. Ce fut ainsi le cas de Mitterrand en 81 contre Rocard ou encore celui de Chirac au RPR. Aujourd’hui, au moment même où on fait de plus en plus voter les militants, « ceux-ci ont des comportements de parieurs de courses de chevaux, misant sur le gagnant », comme ce fut le cas pour Ségolène Royal en 2006. C’est d’ailleurs pour cette raison que ce sondage est si important, pour Eva Joly ou pour d’autres candidats potentiels. Il conjure le reste pour l’instant, les risques de déstabilisations liées aux piètres prestations publiques, l’absence de réel programme, sans oublier que « les résultats de ce sondage ne règlent rien », comme le décriait le journaliste Eric Zemmour justement. L’ancienne juge d’instruction est certes considérée comme honnête, sincère, compétente, efficace, inspirant confiance… Mais personne n’en doutait sérieusement. Ce n’est d’ailleurs pas le fonds du débat, car cela ne signifie nullement qu’elle puisse prétendre à la magistrature suprême pour autant, qu’elle ait des solutions sur le chômage, l’insécurité, la crise monétaire, ou la désindustrialisation. 

Elle serait la personnalité écologique la plus à même de répondre à la crise économique et financière. Mais est-ce réellement cela que l’on attend d’une candidature écologiste ? D’ailleurs de circonstance, certains en tenant rigueur à Eva Joly, au sein des verts. « Elle n’est même pas environnementaliste, comme disent les apparatchiks verts disent avec mépris, de ceux qui ne s’occupent pas des sans papiers ou du mariage homosexuel », pour citer M. Zemmour. Mais elle est le produit d’un casting intelligent, apparemment validé par les sondages. Elle appellera par ailleurs, à voter au second tour, pour le candidat socialiste. Ce qui n’était pas si évident dans son positionnement de départ. Il est vrai que ses rapports avec les socialistes n’ont pas toujours été au beau fixe, sa boutade sur Strauss-Kahn qu’elle avait mise en examen, ayant fortement déplu rue de Solférino. Elle était d’ailleurs plutôt séduite par François Bayrou, avant de tomber par défaut, dans les bras de Cohn-Bendit. D’autant plus, que l’alliance de programme entre les socialistes et les verts, peut paraître fragile. Reste pour les unir, une sorte de mondialisme naïf, une philosophie plutôt antinationale, affichée et assumée chez Cohn-Bendit et la plupart des verts, mieux dissimulée chez la plupart des socialistes. 

Il est vrai, cette candidature d’Eva Joly, mi-française, mi-norvégienne, avec son accent charmant ou horripilant selon les moments, incarne de manière subliminale ce dépassement des nations. Mais sans même qu’elle et les verts ne s’avisent que leur internationalisme si sympathique ne fasse de fait, le lit de toutes les tractations post-électorales et celui du Front national. Dans tous ces débats, on cherche encore, quel est le positionnement d’Eva Joly, sa philosophie. Une campagne présidentielle est une épreuve « féroce », et une bonne image ne suffit pas…

                                                                                                                                                     J. D. 

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