La Lanterne (politique, sujets de société)

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4 février, 2011

La vitalité démographique hexagonale

Classé dans : sujets de societe — llanterne @ 13:13

La vitalité démographique hexagonale dans sujets de societe latern

L’an dernier, en 2010, la France a enregistré 828 000 naissances, avec un taux de fécondité de 2,01 enfants par femme – soit le 2e taux le plus élevé de toute l’UE. Ce qui place la France au deuxième rang dans l’Europe des Vingt-Sept, derrière l’Allemagne (81,8 millions d’habitants), avec une population de 65 millions d’habitants. Là encore, il s’agit d’une spécificité française.

Quelque chose d’étrange d’ailleurs, voire de paradoxal, dans ce constat. Mais comment expliquer ce baby-boom, dans une France dévorée par la sinistrose et l’incertitude face à l’avenir ? Alors que selon un récent sondage, 61 % des Français voient dans 2011 une nouvelle année de difficultés. Il n’y aurait ainsi pas de lien de corrélation entre la crise et la natalité, selon les démographes. D’ailleurs le pays qui résiste le mieux à la crise, l’Allemagne, est l’un de ceux où la démographie et la natalité est la plus catastrophique. La France est ainsi le pays le plus anxieux d’Europe, mais la « grande nation » est aussi celle, qui a la natalité la plus forte.

En premier lieu, la France a depuis longtemps, quelque soit l’alternance au pouvoir, mené une politique familiale assez active et avantageuse, des incitations fiscales, les possibilités offertes de prendre congé pendant plusieurs semaines pour les parents. A titre de comparaison, le système des crèches n’existe précisément pas outre-Rhin. Le deuxième fait est que la France est aussi le pays, où les femmes se sont mises à travailler le plus tôt et en plus forte proposition. Ce qui a posé des problèmes, au début. Mais ce serait maintenant derrière nous et une forme d’adaptabilité dans la vie en couple et au travail, serait passée par là. Un recul de l’âge du mariage et le recoupement au niveau de la pyramide des âges, de toute une génération de trentenaires ayant leur premier enfant, se veut aussi un autre facteur explicatif. Jadis, on appelait la France, la Chine de l’Europe. Et notre pays serait bel et bien en train de renouer, avec un certain dynamisme démographique. Dans vingt ans, la France sera à 80 millions d’habitants, l’Allemagne sera à 60 millions, comme dans un gigantesque basculement démographique, du moins si la donne nataliste n’évoluait pas. L’Italie est également dans une situation catastrophique, comme l’Espagne. Mais un autre phénomène n’est pas pris en ligne de compte, du moins par les démographes officiels.

C’est que cette domination démographique, contestant les chiffres de l’INED, et recoupant les thèses de la démographe Michèle Tribalat, repose aussi sur l’immigration. Les statistiques ethniques et religieuses sont bannies en France par la loi. Mais les sociologues parviennent parfois, par des biais divers et détournés, à recouper certaines données. Ainsi l’année passée, en région parisienne, pour presque 50 % des naissances en moyenne – avec des variantes très importantes selon les départements – au moins un des deux parents était d’origine extra – communautaire, de 12 à 25 % en province – 20 % dans la région Midi-Pyrénées, moins de 4 % en Bretagne ou dans le Limousin. Autant de données que l’INED ne prend pas en ligne de compte. A défaut de l’INED, qui rebat les cartes sur ordre et à son gré, démographes et sociologues sont à peu près d’accord sur l’essentiel, à savoir les chiffres. Avec dans certains départements comme la Seine-Saint-Denis, l’Hérault ou les Bouches-du-Rhône, un phénomène migratoire comparable en métropole, au syndrome de l’Ile de la Réunion.

Comme l’analyse l’écrivain Jean Raspail, les démographes l’assortissent de réserves prudentes et de précautions lénifiantes, ou bien affectent de traiter la question sous le seul angle professionnel, comme un entomologiste consciencieux. Le journaliste Eric Zemmour, prenant le parti de s’en amuser, les compare à un serrurier qui aurait forgé une clef magique pour ouvrir des portes soigneusement closes mais qui, effrayé par les monstres qu’il découvre, claque la porte derrière lui, jette la clef, et affirme d’un air dégagé qu’il n’y a rien à voir. Or, parallèlement à ce constat de cette hausse de la natalité, ces statistiques dévoilées ne sont pas innocentes. Car il s’agit là, d’une probable et même évidente bombe à retardement démographique, notre modèle assimilationniste connaissant ses limites.

Depuis tant d’années, il y a d’ailleurs trop d’idéologie politique dans ces débats inhérents… et pas assez de bon sens. 

                                                                                                                                                                J. D. 

La TVA sociale : l’éternel débat

Classé dans : Economie,Politique — llanterne @ 11:43

La TVA sociale : l'éternel débat dans Economie latern

Sur le plan de la politique intérieure, les débats et polémiques autour de la TVA sociale, ont été réanimés par Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, mardi dernier. Mais François Fillon l’a renvoyé dans les cordes. Et depuis, chacun y va de sa petite phrase, pour approuver ou pour rejeter l’idée de cette hausse de la TVA, idée intéressante et pragmatique qui permettrait de lutter contre les délocalisations. Mais le débat sur la TVA sociale n’arrive jamais au bon moment, en empruntant l’analyse récente d’Eric Zemmour. En effet, à chaque fois, les discussions de fonds sur son sujet, sont décidément parasitées par les querelles politiciennes… 

En 2007, Borloo puis Fillon avaient avalé maladroitement le morceau, entre les deux tours des législatives, sous l’œil goguenard des socialistes. Cette – fois ci, la querelle de succession entre Copé et Fillon attirent les regards et biaisent les réactions. Copé se laisse lui-même englué dans ses petites arrière – pensées tacticiennes, en prônant une hausse d’un petit point de la TVA. Mais pour être efficace, il faudrait augmenter notre taux d’au moins trois points, pour ne pas dire cinq, suivant l’exemple suédois (au taux de 25 %, le plus élevé d’Europe), qui permet à ce pays de faire financer une grande partie de sa protection sociale, par sa TVA. Les entreprises suédoises ont ainsi pu réduire les charges sociales qui pesaient sur les salaires, tout en améliorant leur remarquable compétitivité. La TVA n’est pas payée à l’exportation, c’est l’un de ces avantages. Elle revient donc à faire payer une partie de notre protection sociale, par les grands groupes mondialisés. Elle permettrait de ralentir enfin, le rythme mortel des délocalisations. C’est ce qu’on fait les Allemands en 2007, en augmentant de trois points leur TVA. Notre heure de travail nous coûte désormais plus cher chez nous, que chez eux. 

Si la TVA sociale est l’impôt parfait, il est vrai, alors pourquoi ne pas l’avoir mise en place plus tôt. Le fait est que la TVA est loin de faire l’unanimité, rencontrant de multiples oppositions politiques et idéologiques. La gauche n’a jamais aimé la Taxe sur la Valeur Ajoutée, cet impôt proportionnel et non progressif, qu’elle accuse toujours de cibler les plus pauvres, à savoir jeunes, chômeurs, retraités, parce qu’ils consomment. Mais il est difficile de faire supporter le coût de notre système de protection sociale, aux seuls salariés. Et puis surtout, on ne peut cumuler économiquement à la fois les 35 heures, l’euro et les effets de la mondialisation. La vraie crainte des dirigeants français est sinon que l’on détruise le seul moteur de la croissance française, à savoir la consommation, sans toutefois que les moteurs de l’investissement et des exportations ne se mettent à vrombir… Il faut cependant choisir. Et puis, l’avantage de la mondialisation – d’ailleurs peut-être le seul -, est qu’à force de concurrence mondialisée sur le coût, elle réduit au maximum la hausse des prix des produits. 

Mais en effet, le moment est mal choisi, cette ouverture des débats s’associant à l’annonce de la remontée des prix du pétrole et des produits alimentaires. La TVA sociale risquerait ainsi, d’être accusée de relancer l’inflation, et cela à un an des élections présidentielles. Les défenseurs de cette TVA sociale – à l’image de nombreuses autres réformes -, n’ont décidemment pas de chance, les débats à son sujet n’arrivent jamais à point nommé…

                                                                                                                                         J. D.

Le suivi judiciaire et la récidive

Classé dans : sujets de societe — llanterne @ 11:21

Le suivi judiciaire et la récidive dans sujets de societe latern

L’actualité est marquée par l’épilogue tragique de l’affaire Laetitia. Ce drame relance le débat sur le suivi judiciaire et la récidive. Il y a quelques jours, à St-Nazaire, le président de la République déclarait que la récidive n’est pas une fatalité.

C’est un rituel désormais attendu. A chaque crime odieux, Nicolas Sarkozy se déplace, reçoit la famille de la victime, compatit à sa détresse, puis annonce une nouvelle loi plus répressive. Son ministre de l’intérieur dénonce le laxisme des juges, les syndicats de magistrats protestent, défendant leurs collègues qui n’ont fait qu’appliquer la loi, et se plaignent de la baisse d’effectifs. La gauche dénonce la politique compassionnelle et sa surenchère répressive. Et puis on referme le dossier, avant l’éclatement de la prochaine affaire… 

Mais derrière ce balai médiatique et politicien parfaitement réglé, on touche d’abord à une question essentielle, à savoir le manque de places en milieu carcéral (60 000 places de prison en France). A titre de comparaison, le Royaume-Uni en possède 80 000. Le calcul est vite fait, il nous manquerait au moins 20 000 places… Un programme de construction  a bien été décidé, il fut un temps. Mais on y a renoncé pour cause de restriction budgétaire. Alors pour dissimuler la disette, on organise un rationnement… Depuis 2004 et la loi Perben, on favorise les libérations conditionnelles, et on multiplie les remises de peine.

Le prisonnier qui effectue plus de la moitié de sa peine, devient presque une exception. Une politique qui sera couronnée par la loi de 2009, amenant quasi systématiquement, les juges à libérer les condamnés à des peines inférieures à deux ans. Parce que « de tout de façon, les prisons sont bourrées », comme dans la réplique de Noiret à Lhermitte dans « Les ripoux ». Pour des raisons prosaïquement budgétaires, la droite s’est condamnée à la schizophrénie d’un discours répressif et d’une législation pour le moins laxiste. Et la gauche fait semblant de la critiquer sur son discours, sans toucher au fond du dossier. 

Ce débat porte aussi sur des idées, suivant l’analyse intéressante d’Eric Zemmour. Depuis les années 70, la gauche française a fait sienne une idéologie à la fois hostile à la prison et compréhensive envers les criminels. La prison est criminogène, était-il déclaré. Elle pousse à la récidive, elle transforme les petits délinquants en grands criminels. La prison représentait aussi une société répressive. Les maîtres à penser des années 70 – Deleuze, Foucault – expliquaient que le fou n’était pas fou, que le violeur – assassin n’était pas un criminel, mais avant tout une victime d’une société coupable de réprimer ses désirs et pulsions. Il fallait donc protéger le fou et le déviant de cet ordre social répressif, que voulait lui imposer la société : policiers, juges, prisons, asiles.

Bien-sûr cette soupe idéologique a depuis lors été nuancée, contestée, élaguée. Mais elle a imprégné toute la société française, a endoctriné les nouvelles générations, s’est répandue partout, des universités aux salles de rédaction, en passant par les tribunaux et les prétoires. Et cette alliance entre les contraintes budgétaires de la droite et l’idéologie compassionnelle de la gauche, se conjugue dans un mélange explosif. 

                                                                                                                                                                 J. D. 

Les évènements en Egypte – Analyse d’Antoine Sfeir

Classé dans : Diplomatie,Monde,Politique — llanterne @ 4:47

Antoine Sfeir est un journaliste et professeur franco-libanais. Directeur des « Cahiers de l’Orient », il préside également le Centre d’études et de réflexions sur le Proche-Orient et est professeur en relations internationales au CELSA. Il est reconnu comme un des spécialistes du monde arabo-musulman, et à ce titre, était l’invité de TV5 Monde pour s’exprimer sur la situation politique actuelle en Egypte.

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