La Lanterne (politique, sujets de société)

4 février, 2011

Le suivi judiciaire et la récidive

Classé dans : sujets de societe — llanterne @ 11:21

Le suivi judiciaire et la récidive dans sujets de societe latern

L’actualité est marquée par l’épilogue tragique de l’affaire Laetitia. Ce drame relance le débat sur le suivi judiciaire et la récidive. Il y a quelques jours, à St-Nazaire, le président de la République déclarait que la récidive n’est pas une fatalité.

C’est un rituel désormais attendu. A chaque crime odieux, Nicolas Sarkozy se déplace, reçoit la famille de la victime, compatit à sa détresse, puis annonce une nouvelle loi plus répressive. Son ministre de l’intérieur dénonce le laxisme des juges, les syndicats de magistrats protestent, défendant leurs collègues qui n’ont fait qu’appliquer la loi, et se plaignent de la baisse d’effectifs. La gauche dénonce la politique compassionnelle et sa surenchère répressive. Et puis on referme le dossier, avant l’éclatement de la prochaine affaire… 

Mais derrière ce balai médiatique et politicien parfaitement réglé, on touche d’abord à une question essentielle, à savoir le manque de places en milieu carcéral (60 000 places de prison en France). A titre de comparaison, le Royaume-Uni en possède 80 000. Le calcul est vite fait, il nous manquerait au moins 20 000 places… Un programme de construction  a bien été décidé, il fut un temps. Mais on y a renoncé pour cause de restriction budgétaire. Alors pour dissimuler la disette, on organise un rationnement… Depuis 2004 et la loi Perben, on favorise les libérations conditionnelles, et on multiplie les remises de peine.

Le prisonnier qui effectue plus de la moitié de sa peine, devient presque une exception. Une politique qui sera couronnée par la loi de 2009, amenant quasi systématiquement, les juges à libérer les condamnés à des peines inférieures à deux ans. Parce que « de tout de façon, les prisons sont bourrées », comme dans la réplique de Noiret à Lhermitte dans « Les ripoux ». Pour des raisons prosaïquement budgétaires, la droite s’est condamnée à la schizophrénie d’un discours répressif et d’une législation pour le moins laxiste. Et la gauche fait semblant de la critiquer sur son discours, sans toucher au fond du dossier. 

Ce débat porte aussi sur des idées, suivant l’analyse intéressante d’Eric Zemmour. Depuis les années 70, la gauche française a fait sienne une idéologie à la fois hostile à la prison et compréhensive envers les criminels. La prison est criminogène, était-il déclaré. Elle pousse à la récidive, elle transforme les petits délinquants en grands criminels. La prison représentait aussi une société répressive. Les maîtres à penser des années 70 – Deleuze, Foucault – expliquaient que le fou n’était pas fou, que le violeur – assassin n’était pas un criminel, mais avant tout une victime d’une société coupable de réprimer ses désirs et pulsions. Il fallait donc protéger le fou et le déviant de cet ordre social répressif, que voulait lui imposer la société : policiers, juges, prisons, asiles.

Bien-sûr cette soupe idéologique a depuis lors été nuancée, contestée, élaguée. Mais elle a imprégné toute la société française, a endoctriné les nouvelles générations, s’est répandue partout, des universités aux salles de rédaction, en passant par les tribunaux et les prétoires. Et cette alliance entre les contraintes budgétaires de la droite et l’idéologie compassionnelle de la gauche, se conjugue dans un mélange explosif. 

                                                                                                                                                                 J. D. 

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