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10 février, 2011

Marine Le Pen à la barre, à la veille de 2012

Classé dans : Politique — llanterne @ 22:59

Marine Le Pen à la barre, à la veille de 2012 dans Politique latern

Marine Le Pen a été élu présidente du Front National, assez largement, face à son opposant Bruno Goldnisch. Elle espère non seulement rééditer aux prochaines présidentielles, l’exploit de son père en 2002, qui s’était qualifié pour le deuxième tour, mais elle espère même faire mieux encore, galvanisée par sa remontée dans les sondages. Par ailleurs, l’avènement de la fille Le Pen a des conséquences sur le plan idéologique. La sémantique n’est plus la même, signant la clôture définitive de l’après-guerre, dans l’ensemble de la classe politique française. Fini les références à l’occupation, ou la décolonisation, l’Algérie… « Tout cela est rendu aux Historiens »

Avocate de formation et députée européenne, il est vrai, Marine Le Pen est un peu moins diabolisée. Elle explique toujours qu’elle a découvert que son père faisait de la politique, à l’âge de huit ans, lors de ce fameux attentat de la Toussaint 1976 (vingt kilos de dynamite qui firent sauter tout un immeuble, sans faire de victimes !)… Elle explique que son père relativise, ce qui lui a été utile, arrivé à l’âge adulte. Elle a commencé à l’accompagner sur le terrain, dans la vie politique, lors des élections municipales de 1983, dans le XXe arrondissement à Paris. C’est aussi l’année de la percée électorale à Dreux. Dans son dernier ouvrage, publié en 2006, elle tentait habilement de livrer son éclairage sur un certain nombre d’évènements. Il y a toute une ambiance autour du père, et elle tente d’effacer cette image parfois malséante, liée à ces propos récurrents qui ont toujours nourri la suspicion. Elle explique qu’il a été maladroit, qu’il a blessé… Mais qu’il a 83 ans, que c’est un enfant de la guerre, qui a perdu son père alors qu’il avait quatorze ans, car on établit des hiérarchies à l’aune de sa sensibilité personnelle… Ca serait son trait de caractère, car il sait que l’on est peu, entre les mains du destin. Elle rétorque notamment que cette tendance à la relativisation de son père, l’a fait souffrir… Elle se présente en femme de son époque, avant tout dans l’immédiateté et dans le sentiment, répètant fréquemment, que ce qui compte pour elle, c’est l’avenir…

Née en 1968, Marine Le Pen se revendique d’ailleurs d’un héritage sociétal sur le divorce ou l’avortement… Mais le paradoxe, c’est aussi qu’elle se soit imposée récemment, en s’attaquant à l’un des purs produits de cette dérive libertaire, lorsqu’elle dénonça avec une rare efficacité, les dérives sexuelles de Frédéric Mitterrand. Autre paradoxe, elle s’est enracinée dans le Nord de la France, dans son fief d’Hénin-Beaumont, dans une critique serrée de la mondialisation. Certes, déjà du temps de son père dans les années 80, les effets de la mondialisation, en détruisant les emplois des ouvriers, mais aussi en essorant les indépendants, commerçants, petits patrons, avaient rassemblé dans le même camp des victimes, deux électorats, jadis adversaires de classe. Le Front National étant ainsi devenu le premier parti ouvrier de France. La critique de gauche de la mondialisation libérale, s’arrête toujours au sujet tabou de l’immigration. C’est aussi pour cette raison majeur, que les grands dirigeants souverainistes, comme Séguin ou Chevènement, ne sont jamais parvenus à réunir l’ensemble des suffrages populaires, dans les débats autour des grands référendums européens.

Sur ce sujet, dans une habile évolution sémantique, Marine Le Pen, elle-même, parle moins d’immigration que son père, et plus d’Islam. Elle reprend, là aussi, l’ancien discours de la gauche. En particulier du PCF et de Georges Marchais dans les années 80, mais qui a été abandonné dans un virage sémantique et idéologique par Robert Hue puis Marie-Georges Buffet, au début des années 1990, sous la poussée de certains courants (notamment trotskistes, analyse-t-on souvent). Un discours qui prône une laïcité rigoureuse, s’attaquant aux féodalités d’argent et prenant même parti contre ces délinquants qui pourrissaient la vie des autres, en particulier des plus modestes. Sur la scène politique européenne, aux Pays-Bas, en Italie, des mouvements dits populistes, font sinon leur irruption sur la scène politique et entrent dans des coalitions gouvernementales. Et Marine Le Pen en a tiré des conclusions stratégiques… En 2007, Nicolas Sarkozy a versé dans une forme de populisme, coupant le Front National d’une base électorale, qu’il ait ainsi parvenu à s’attirer. Certains politicologues et analystes s’accordent même pour dire, que c’est bien cette habile stratégie, qui vient principalement expliquer son excellent score enregistré au 1er tour. Mais depuis les dernières élections régionales, le Front National a réopéré une sérieuse poussée électorale, alors que certains sondages récents, créditent Marine Le Pen de 20 % d’intentions de vote aux prochaines présidentielles, faisant d’elle un « troisième homme » potentiel.

Jean-François Copé dénonce au sein de l’UMP, par exemple, tout accord. Mais au sein du grand parti de la majorité, le collectif de la Droite Populaire – réunissant une trentaine de députés -, a renoué avec le vieux slogan,« pas d’ennemi à droite ». Alors quel positionnement concret pour la droite, vis-à-vis du FN ? Comment ces complexes oppositions idéologiques, au sein de la majorité, pourraient-elles bien se traduire ? Irait-t-on alors, le cas échéant, vers une éventuelle recomposition des droites, face à un FN rebondissant au 1er tour ? Autant de questions et d’énigmes posés, qui trouveront des réponses, dans quelques mois. 

                                                                                                                                        J. D.

 

« Progrès et conservatisme »

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 21:12


A l’assemblée nationale, la commission parlementaire spéciale sur la bio-éthique a voté ces trois derniers jours, trois amendements, qui modifient sensiblement le projet de loi soumis au conseil des Ministres au mois d’octobre 2010. Mais le texte maintient le statut-quo sur l’essentiel, notamment sur la recherche embryonnaire, et l’anonymat des donneurs de gamètes. Et le commentaire du député Jean-Marc Ayrault a été le suivant : « Le gouvernement est frileux, face aux lobbies les plus conservateurs »

Bouger avec une société qui bouge, changer avec une société qui change. C’est la rengaine que l’on entend depuis des années, en matière de moeurs surtout. A chaque fois, la loi est sommée de s’adapter, encore et encore, « aux désirs et aux foucades de nos contemporains », suivant l’analyse zemmourienne. La gauche s’accapare un certain nombre de sujets, derrière une sémantique de « progrès ». Mais la droite avec Giscard avait aussi pris, plus que sa part. Quand il arrive à l’Elysée, Sarkozy cherche à renouer avec une intuition giscardienne, et s’engage notamment, à prendre en compte « les nouvelles constellations familiales ». Il ouvre une fenêtre aux tenants -très marginaux- du Cuc. Et Nadine Morano envisage une révision du statut de beau-parent, qui ressemble fortement à une reconnaissance tacite de l’homo-parentalité. Et puis, plus rien. La révision actuelle à l’assemblée, des lois de la bio-éthique, désespère nos progressistes. « Pas la moindre avancée à se mettre sous la dent », rien de rien… Sarkozy a abandonné Giscard, pour rejoindre le conservatisme pompidolien, qui ne voulait pas meurtrir un corps social déjà bousculé, par les transformations économiques et sociales.

Nos progressistes dénoncent bien-sûr les évidentes arrière-pensées électoralistes de Sarkozy, soucieux de ne pas froisser l’électorat catholique. Ils incriminent également l’influence néfaste d’un collectif de parlementaires réunis sous la bannière de la Droite Populaire, et dénoncent l’activisme réactionnaire de certains députés, tel Hervé Maryton, qui a théorisé le retour de la droite sur ces questions sociétales. Et le débat politique s’enferme à chaque fois dans une opposition stérile, où chaque tenant argumente dans une sémantique, obéissant à une logique : progrès / conservatisme. Certes, pour une fois que la droite ne se fait déborder par l’activisme médiatique et idéologique de la gauche, on comprend qu’elle ne le digère pas. Mais il faut peut-être dépasser cette dialectique, la problématique étant plus profonde. Et après tout, pourquoi ne pas faire l’éloge d’un conservatisme supposé, en la matière ?

Mais si tout simplement, les principes qui guident notre politique en la matière, depuis 1994, étaient les meilleurs. Et pourquoi changer pour changer ? Le grand premier ministre anglais, Disraéli, disait « je suis conservateur, parce que je conserve ce qui est bien et je change ce qui est mal ». Alors pourquoi détruire ce qui est bien ? Ces lois sur la bio-éthique ont été débattues, comme le cuc, pour faire plaisir et satisfaire des lobbies minoritaires et des intérêts, l’essentiel de l’opinion publique s’en désintéressant. Alors pourquoi renoncer à la dignité de la personne humaine, à l’inviolabilité, à l’intégrité du corps humain ? Pourquoi autoriser les mères porteuses, alors que des féministes éminentes dont Gisèle Halimi, dénoncent elles-même, la marchandisation du corps de la femme ? Pourquoi ouvrir la procréation médicale assistée aux couples de femmes et de célibataires, comme si avoir un enfant était devenu le dernier droit individuel d’une société consumériste et existentialiste ?

C’est le coeur du débat, les sciences sont évidemment détachées de la sphère morale, quelque soit la sagesse et le sérieux, dans la démarche et la méthode de la recherche scientifique. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », disait Rabelais en son temps. Les progrès incroyables de la science posent ainsi des problématiques nouvelles et lourdes d’un point de vue sociétal. Nous citons toujours en référence, les exemples étrangers, ce qui se passe en Allemagne, en Italie. Mais pourquoi toujours regarder ailleurs ? Et si nous faisions aussi confiance à notre génie national. Au moment, où les prouesses scientifiques nous permettent d’utiliser un embryon humain, uniquement à des fins médicales (!), la France est, peut-être, encore le dernier rempart des valeurs humanistes, menacées par l’eugénisme et l’hubrisme de la technique et du marché.

                                                                                                                           J. D.

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