La Lanterne (politique, sujets de société)

  • Accueil
  • > Archives pour le Samedi 26 février 2011

26 février, 2011

La crise lybienne et ses nombreuses dialectiques

Classé dans : Diplomatie,Monde — llanterne @ 6:00

 La crise lybienne et ses nombreuses dialectiques dans Diplomatie latern

La situation en Lybie fait réagir le monde entier. Elle vient s’inscrire dans la suite logique, de ces révolutions dans le monde arabe. Et tout le monde condamne le « colonel Kadhafi », au pouvoir depuis une quarantaine d’années, de l’ONU à l’Europe en passant par les Etats-Unis, la France, l’Allemagne et même la Ligue arabe. Kadhafi fait l’unanimité contre lui, et se voit menacé d’ostracisation, de mise au ban des nations, de sanctions économiques et de boycott. Mais cependant, il n’a toujours pas quitté le pouvoir, « au prix d’une boucherie », menace-t-il. Les médias locaux sont verrouillés et le « Guide suprême de la Jamahiriya arabe lybienne » semble prêt à vendre chèrement sa peau. Mais à l’aune de cette insurrection lybienne, de nombreuses dialectiques et problématiques viennent aussi se recouper. 

Une première dialectique, qui est d’abord celle de la répression et du pouvoir, suivant l’analyse récente du journaliste E. Zemmour, sur le sujet. Le régime de Téhéran n’a pas hésité à réprimer brutalement les manifestations étudiantes, en 2009, étouffant le mouvement d’opposition dans l’œuf. Tout comme les apparatchiks du PCC, en 1989, qui écrasèrent dans le sang, la révolte étudiante de la place Tian’anmen à Pékin, faisant près de 2600 morts et 7000 blessés. A la même époque, en Europe centrale, la plupart des régimes communistes refusèrent de basculer dans la répression et chutèrent comme un château de cartes, les uns après les autres. « Tirer ou pas sur le peuple, une question aussi vieille que les révolutions ». Mais aujourd’hui, les pouvoirs ont aussi la télévision contre eux. Le phénomène internet a encore modifié la donne, comme nous l’avons vu lors de la « révolution du Jasmin » en Tunisie, et durant cette « révolution du Nil », en Egypte, ces massacres déclenchant des réactions très rapides. Mais c’est là qu’entre en compte, une autre dialectique. Face à un dictateur lybien qui sait s’adapter diplomatiquement aux circonstances, ayant su manœuvrer habilement ces dernières années, se reconstruisant une forme de respectabilité et une image d’interlocuteur, à l’échelle du monde arabe. 

Kadhafi y va de ses prédictions, avertissant du chaos consécutif à son départ et ne se voulant pas démuni d’arguments face aux menaces de rétorsion et d’ostracisation, en « pointant un pistolet sur la tempe de l’Europe », à savoir l’immigration. Il est vrai que nombreux Lybiens pourraient ainsi prendre la voie de l’exode, débarquant sur les côtes italiennes voisines. Le ministre italien des affaires étrangères, Franco Fratini, a d’ailleurs prévenu récemment, que selon lui, en cas de chute de Kadhafi, l’Italie verrait débarquer de 200 à 300 000 immigrés. « Ce serait un exode biblique ». Suite à cette « révolution du jasmin », des milliers de Tunisiens ont ainsi traversé la Méditerranée pour prendre le chemin de l’exil. Ils étaient près de 5000 à débarquer ces derniers jours à Lampedusa, petite île située au sud de la Sicile, à 138 km des côtes tunisiennes, une des portes d’entrée de l’immigration clandestine vers l’Europe (à l’image de Ceuta et Mellila). Car les problèmes sont toujours là, les Tunisiens restant en l’occurrence, toujours englués dans une situation économique intenable, avec un taux de chômage record. La répression pousse à la fuite. Mais la chute d’un régime ouvre les vannes également. Et ce phénomène d’exode à bord d’embarcations de fortune, se veut comme « une mise en bouche », auquel pourrait venir s’ajouter d’autres vagues. Alors ça suffit, ou encore plus ?

L’Italie est en première ligne, débordée et impuissante, en appelant même à la solidarité des Etats voisins et de l’Union européenne, qui a promis des fonds récemment et des mesures pour enrayer l’exode. Qui tient qui ? Qui menace qui ? Et sinon, remplacer des régimes despotiques, policiers et corrompus, en place depuis près de trente ans. Mais par quoi, par qui et surtout comment ? Ce sont là aussi, d’importantes dialectiques sous-jacentes, qui sont loin d’être anecdotiques ou anodines, et qui n’ont pas fini de se poser…    

                                                                                                                                      J. D.

 

Analyse de Laurent Bazin – La France a-t-elle perdu sa voix ?

Classé dans : Diplomatie — llanterne @ 1:53

Dans une récente allocution matinale, sur RTL, les chroniqueurs Laurent Bazin et Vincent Parizot revenaient sur la diplomatie française actuelle. A savoir notamment une tribune qui fait beaucoup de bruit : une quarantaine de diplomates anonymes réunis sous le nom de code « Marly », dénonçant les« improvisations » et « l’amateurisme » de Nicolas Sarkozy. Et avec une question qui ait ainsi posée, à force de revirements diplomatiques et de polémiques médiatiques : la France a-t-elle perdu sa voix ? Une tribune assez subversive, mais aussi intéressante sur le fonds, et révélatrice d’un profond malaise, à l’heure actuelle, régnant au sein des grands corps de l’Etat.

Image de prévisualisation YouTube

Demandeur d'emploi |
OKL-GOLP'S CENTER |
Interdit bancaire? Enfin le... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | homosexualiteethomoparentalite
| misoprostolfr
| paroxetinefr