La Lanterne (politique, sujets de société)

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8 février, 2011

L’Egypte et les enjeux de la transition

Classé dans : Diplomatie,Monde — llanterne @ 18:09

L'Egypte et les enjeux de la transition dans Diplomatie latern

Après deux semaines de contestation -ayant fait de 120 à 130 morts-, Hosni Moubarak se cramponne toujours à son fauteuil. Mais l’opposition de la rue ne semble pas faiblir, les manifestants reconduisant le mouvement jour après jour, après la « journée du départ », vendredi dernier, ayant mobilisé près d’un million de manifestants au Caire. Le bureau exécutif du parti de Moubarak a annoncé sa démission, samedi dernier, ce qui a été présenté comme une étape « positive » par Washington. Le raïs semble ainsi plus isolé, diplomatiquement parlant, suite déjà à l’appel du Département d’Etat américain adressé à tous ses ressortissants, les invitant à quitter le pays dans les plus brefs délais. Et les Etats-Unis appellent maintenant à une transition politique progressive, jugée nécessaire, à l’image de l’Union européenne.

Aujourd’hui, le président américain semble « vouloir ménager la chèvre et le chou », accompagnant le mouvement populaire, sans toutefois brutalement lâcher le régime égyptien. Alors que l’on établit des liens, avec la révolution iranienne de 1979, où le Shah fut finalement abandonné par Jimmy Carter. Certes, l’Egypte en 2011 n’est pas l’Iran du Shah, en 79. Mais certains précédents diplomatiques sont intéressants. L’Iran décollait économiquement, à la fin des années 70, avant les premières manifestations lancées par la petite bourgeoisie commerçante de Téhéran, dont les islamistes n’étaient pas les instigateurs. L’Egypte -comme la Tunisie-, depuis dix ans, est devenu un des grands succès de la mondialisation à l’anglo-saxonne. L’Egypte affiche ainsi 4 à 5 % de croissance de son PIB, par an, depuis sept ou huit ans.

Mais comme la Tunisie, elle paye aussi le prix de la mondialisation néo - libérale,  à savoir une caste de prédateurs qui s’enrichit, une corruption massive, une classe moyenne qui se prolétarise, une urbanisation anarchique et galopante. Des diplômés qui se retrouvent marchands de fruits et légumes -comme en Tunisie- et qui sont branchés sur internet. Une situation particulière aussi, car l’Egypte n’a pas achevé sa transition démographique et souffre cruellement d’un manque d’accès à l’eau potable avec une seule vallée fertile, d’où une densité de population effrayante. C’est un pays de quatre-vingt millions d’habitants, qui en compte un million de plus tous les dix mois, avec quinze à dix-huit millions d’habitants au Caire, dont sept entassés dans des bidonvilles. Et dans l’ensemble du pays, trente millions d’Egyptiens très pauvres, dont beaucoup illettrés qui suivent aveuglément leur imam et les frères musulmans.

L‘Egypte est historiquement le berceau du « fondamentalisme islamiste », l’association des frères musulmans ayant été fondée au Caire, en 1928. Son fondateur Hassan el-Banna a été assassiné par les barbouzes du Roi Farouk en 1949, et la confrérie dissoute par Nasser en 54. Mais les frères musulmans sont toujours présents -revenus politiquement dans les années 70- et ont fait un score important aux législatives de 2005, contraignant Moubarak à les faire entrer au parlement. Ils n’avaient pas suivi les évènements du début. Puis ils ont voulu sortir de leur passivité et récupérer leur positionnement dans leurs places fortes, Alexandrie et Suez. Les frères musulmans se sont discrédités, en s’attaquant au tourisme en Egypte – qui fait vivre deux à trois millions de familles égyptiennes – dans les années 1990. Mais ils restent présents et dangereux politiquement, alliant assistanat social et quadrillage habile de la population.  

Il est vrai, ces révolutions tunisienne et égyptienne sont souvent comparées, au printemps des peuples de 1848. En effet, même contagion d’une ville à une autre et même soif éperdue de liberté. Mais suivant l’analyse zemmourienne concluant bien le propos c’est oublié aussi que ces mouvements révolutionnaires ont échoué, et ont tous débouché sur des régimes férocement réactionnaires…

                                                                                                                          J. D.

4 février, 2011

La vitalité démographique hexagonale

Classé dans : sujets de societe — llanterne @ 13:13

La vitalité démographique hexagonale dans sujets de societe latern

L’an dernier, en 2010, la France a enregistré 828 000 naissances, avec un taux de fécondité de 2,01 enfants par femme – soit le 2e taux le plus élevé de toute l’UE. Ce qui place la France au deuxième rang dans l’Europe des Vingt-Sept, derrière l’Allemagne (81,8 millions d’habitants), avec une population de 65 millions d’habitants. Là encore, il s’agit d’une spécificité française.

Quelque chose d’étrange d’ailleurs, voire de paradoxal, dans ce constat. Mais comment expliquer ce baby-boom, dans une France dévorée par la sinistrose et l’incertitude face à l’avenir ? Alors que selon un récent sondage, 61 % des Français voient dans 2011 une nouvelle année de difficultés. Il n’y aurait ainsi pas de lien de corrélation entre la crise et la natalité, selon les démographes. D’ailleurs le pays qui résiste le mieux à la crise, l’Allemagne, est l’un de ceux où la démographie et la natalité est la plus catastrophique. La France est ainsi le pays le plus anxieux d’Europe, mais la « grande nation » est aussi celle, qui a la natalité la plus forte.

En premier lieu, la France a depuis longtemps, quelque soit l’alternance au pouvoir, mené une politique familiale assez active et avantageuse, des incitations fiscales, les possibilités offertes de prendre congé pendant plusieurs semaines pour les parents. A titre de comparaison, le système des crèches n’existe précisément pas outre-Rhin. Le deuxième fait est que la France est aussi le pays, où les femmes se sont mises à travailler le plus tôt et en plus forte proposition. Ce qui a posé des problèmes, au début. Mais ce serait maintenant derrière nous et une forme d’adaptabilité dans la vie en couple et au travail, serait passée par là. Un recul de l’âge du mariage et le recoupement au niveau de la pyramide des âges, de toute une génération de trentenaires ayant leur premier enfant, se veut aussi un autre facteur explicatif. Jadis, on appelait la France, la Chine de l’Europe. Et notre pays serait bel et bien en train de renouer, avec un certain dynamisme démographique. Dans vingt ans, la France sera à 80 millions d’habitants, l’Allemagne sera à 60 millions, comme dans un gigantesque basculement démographique, du moins si la donne nataliste n’évoluait pas. L’Italie est également dans une situation catastrophique, comme l’Espagne. Mais un autre phénomène n’est pas pris en ligne de compte, du moins par les démographes officiels.

C’est que cette domination démographique, contestant les chiffres de l’INED, et recoupant les thèses de la démographe Michèle Tribalat, repose aussi sur l’immigration. Les statistiques ethniques et religieuses sont bannies en France par la loi. Mais les sociologues parviennent parfois, par des biais divers et détournés, à recouper certaines données. Ainsi l’année passée, en région parisienne, pour presque 50 % des naissances en moyenne – avec des variantes très importantes selon les départements – au moins un des deux parents était d’origine extra – communautaire, de 12 à 25 % en province – 20 % dans la région Midi-Pyrénées, moins de 4 % en Bretagne ou dans le Limousin. Autant de données que l’INED ne prend pas en ligne de compte. A défaut de l’INED, qui rebat les cartes sur ordre et à son gré, démographes et sociologues sont à peu près d’accord sur l’essentiel, à savoir les chiffres. Avec dans certains départements comme la Seine-Saint-Denis, l’Hérault ou les Bouches-du-Rhône, un phénomène migratoire comparable en métropole, au syndrome de l’Ile de la Réunion.

Comme l’analyse l’écrivain Jean Raspail, les démographes l’assortissent de réserves prudentes et de précautions lénifiantes, ou bien affectent de traiter la question sous le seul angle professionnel, comme un entomologiste consciencieux. Le journaliste Eric Zemmour, prenant le parti de s’en amuser, les compare à un serrurier qui aurait forgé une clef magique pour ouvrir des portes soigneusement closes mais qui, effrayé par les monstres qu’il découvre, claque la porte derrière lui, jette la clef, et affirme d’un air dégagé qu’il n’y a rien à voir. Or, parallèlement à ce constat de cette hausse de la natalité, ces statistiques dévoilées ne sont pas innocentes. Car il s’agit là, d’une probable et même évidente bombe à retardement démographique, notre modèle assimilationniste connaissant ses limites.

Depuis tant d’années, il y a d’ailleurs trop d’idéologie politique dans ces débats inhérents… et pas assez de bon sens. 

                                                                                                                                                                J. D. 

La TVA sociale : l’éternel débat

Classé dans : Economie,Politique — llanterne @ 11:43

La TVA sociale : l'éternel débat dans Economie latern

Sur le plan de la politique intérieure, les débats et polémiques autour de la TVA sociale, ont été réanimés par Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, mardi dernier. Mais François Fillon l’a renvoyé dans les cordes. Et depuis, chacun y va de sa petite phrase, pour approuver ou pour rejeter l’idée de cette hausse de la TVA, idée intéressante et pragmatique qui permettrait de lutter contre les délocalisations. Mais le débat sur la TVA sociale n’arrive jamais au bon moment, en empruntant l’analyse récente d’Eric Zemmour. En effet, à chaque fois, les discussions de fonds sur son sujet, sont décidément parasitées par les querelles politiciennes… 

En 2007, Borloo puis Fillon avaient avalé maladroitement le morceau, entre les deux tours des législatives, sous l’œil goguenard des socialistes. Cette – fois ci, la querelle de succession entre Copé et Fillon attirent les regards et biaisent les réactions. Copé se laisse lui-même englué dans ses petites arrière – pensées tacticiennes, en prônant une hausse d’un petit point de la TVA. Mais pour être efficace, il faudrait augmenter notre taux d’au moins trois points, pour ne pas dire cinq, suivant l’exemple suédois (au taux de 25 %, le plus élevé d’Europe), qui permet à ce pays de faire financer une grande partie de sa protection sociale, par sa TVA. Les entreprises suédoises ont ainsi pu réduire les charges sociales qui pesaient sur les salaires, tout en améliorant leur remarquable compétitivité. La TVA n’est pas payée à l’exportation, c’est l’un de ces avantages. Elle revient donc à faire payer une partie de notre protection sociale, par les grands groupes mondialisés. Elle permettrait de ralentir enfin, le rythme mortel des délocalisations. C’est ce qu’on fait les Allemands en 2007, en augmentant de trois points leur TVA. Notre heure de travail nous coûte désormais plus cher chez nous, que chez eux. 

Si la TVA sociale est l’impôt parfait, il est vrai, alors pourquoi ne pas l’avoir mise en place plus tôt. Le fait est que la TVA est loin de faire l’unanimité, rencontrant de multiples oppositions politiques et idéologiques. La gauche n’a jamais aimé la Taxe sur la Valeur Ajoutée, cet impôt proportionnel et non progressif, qu’elle accuse toujours de cibler les plus pauvres, à savoir jeunes, chômeurs, retraités, parce qu’ils consomment. Mais il est difficile de faire supporter le coût de notre système de protection sociale, aux seuls salariés. Et puis surtout, on ne peut cumuler économiquement à la fois les 35 heures, l’euro et les effets de la mondialisation. La vraie crainte des dirigeants français est sinon que l’on détruise le seul moteur de la croissance française, à savoir la consommation, sans toutefois que les moteurs de l’investissement et des exportations ne se mettent à vrombir… Il faut cependant choisir. Et puis, l’avantage de la mondialisation – d’ailleurs peut-être le seul -, est qu’à force de concurrence mondialisée sur le coût, elle réduit au maximum la hausse des prix des produits. 

Mais en effet, le moment est mal choisi, cette ouverture des débats s’associant à l’annonce de la remontée des prix du pétrole et des produits alimentaires. La TVA sociale risquerait ainsi, d’être accusée de relancer l’inflation, et cela à un an des élections présidentielles. Les défenseurs de cette TVA sociale – à l’image de nombreuses autres réformes -, n’ont décidemment pas de chance, les débats à son sujet n’arrivent jamais à point nommé…

                                                                                                                                         J. D.

Le suivi judiciaire et la récidive

Classé dans : sujets de societe — llanterne @ 11:21

Le suivi judiciaire et la récidive dans sujets de societe latern

L’actualité est marquée par l’épilogue tragique de l’affaire Laetitia. Ce drame relance le débat sur le suivi judiciaire et la récidive. Il y a quelques jours, à St-Nazaire, le président de la République déclarait que la récidive n’est pas une fatalité.

C’est un rituel désormais attendu. A chaque crime odieux, Nicolas Sarkozy se déplace, reçoit la famille de la victime, compatit à sa détresse, puis annonce une nouvelle loi plus répressive. Son ministre de l’intérieur dénonce le laxisme des juges, les syndicats de magistrats protestent, défendant leurs collègues qui n’ont fait qu’appliquer la loi, et se plaignent de la baisse d’effectifs. La gauche dénonce la politique compassionnelle et sa surenchère répressive. Et puis on referme le dossier, avant l’éclatement de la prochaine affaire… 

Mais derrière ce balai médiatique et politicien parfaitement réglé, on touche d’abord à une question essentielle, à savoir le manque de places en milieu carcéral (60 000 places de prison en France). A titre de comparaison, le Royaume-Uni en possède 80 000. Le calcul est vite fait, il nous manquerait au moins 20 000 places… Un programme de construction  a bien été décidé, il fut un temps. Mais on y a renoncé pour cause de restriction budgétaire. Alors pour dissimuler la disette, on organise un rationnement… Depuis 2004 et la loi Perben, on favorise les libérations conditionnelles, et on multiplie les remises de peine.

Le prisonnier qui effectue plus de la moitié de sa peine, devient presque une exception. Une politique qui sera couronnée par la loi de 2009, amenant quasi systématiquement, les juges à libérer les condamnés à des peines inférieures à deux ans. Parce que « de tout de façon, les prisons sont bourrées », comme dans la réplique de Noiret à Lhermitte dans « Les ripoux ». Pour des raisons prosaïquement budgétaires, la droite s’est condamnée à la schizophrénie d’un discours répressif et d’une législation pour le moins laxiste. Et la gauche fait semblant de la critiquer sur son discours, sans toucher au fond du dossier. 

Ce débat porte aussi sur des idées, suivant l’analyse intéressante d’Eric Zemmour. Depuis les années 70, la gauche française a fait sienne une idéologie à la fois hostile à la prison et compréhensive envers les criminels. La prison est criminogène, était-il déclaré. Elle pousse à la récidive, elle transforme les petits délinquants en grands criminels. La prison représentait aussi une société répressive. Les maîtres à penser des années 70 – Deleuze, Foucault – expliquaient que le fou n’était pas fou, que le violeur – assassin n’était pas un criminel, mais avant tout une victime d’une société coupable de réprimer ses désirs et pulsions. Il fallait donc protéger le fou et le déviant de cet ordre social répressif, que voulait lui imposer la société : policiers, juges, prisons, asiles.

Bien-sûr cette soupe idéologique a depuis lors été nuancée, contestée, élaguée. Mais elle a imprégné toute la société française, a endoctriné les nouvelles générations, s’est répandue partout, des universités aux salles de rédaction, en passant par les tribunaux et les prétoires. Et cette alliance entre les contraintes budgétaires de la droite et l’idéologie compassionnelle de la gauche, se conjugue dans un mélange explosif. 

                                                                                                                                                                 J. D. 

Les évènements en Egypte – Analyse d’Antoine Sfeir

Classé dans : Diplomatie,Monde,Politique — llanterne @ 4:47

Antoine Sfeir est un journaliste et professeur franco-libanais. Directeur des « Cahiers de l’Orient », il préside également le Centre d’études et de réflexions sur le Proche-Orient et est professeur en relations internationales au CELSA. Il est reconnu comme un des spécialistes du monde arabo-musulman, et à ce titre, était l’invité de TV5 Monde pour s’exprimer sur la situation politique actuelle en Egypte.

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2 février, 2011

L’école selon Luc Chatel

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 2:15

L'école selon Luc Chatel dans Politique latern

Le ministre de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, Luc Châtel, a fait le week-end dernier, une proposition qui a fait grand bruit. « Je veux réinventer l’apprentissage de l’anglais dans notre pays », a-t-il déclaré. A cet effet, il souhaite que cet apprentissage de l’anglais soit développé dès l’âge de trois ans, autrement dit, dès l’école maternelle… Le socialiste Claude Allège nous avait prévenus, en son temps, l’anglais ne devrait plus être pour les Français, « une langue étrangère ».

Les arguments sont bien connus. On apprend plus vite une langue étrangère avant l’âge de six ans. De plus, les petits Français sont mauvais en anglais. Sans qu’on sache par ailleurs, ce qui en est réellement la cause : piètre qualité de l’enseignement et / ou forme de résistance patriotique inconsciente et passive des esprits. Car le sujet n’est pas anecdotique, une langue étant un vecteur communicatif, mais aussi culturel, le propre d’une civilisation, une manière d’appréhender l’existence, les échanges humains et les relations sociales. D’ailleurs, les linguistes l’ont démontré, c’est la langue qui structure le cerveau et non l’inverse. Certes, la maîtrise d’une langue étrangère est sans doute essentielle, dans de nombreux milieux socio – professionnels, en particulier la langue de Shakespeare. L’anglais a ainsi supplanté le latin dans le secondaire et sa maîtrise est parfois exigée dans les concours à certaines grandes écoles.

Dans les relations internationales également. De Gaulle ne s’exprimait jamais en anglais, dans ses déplacements à l’étranger, alors qu’il s’évertuait souvent à prononcer quelques mots, dans la langue des pays où il se rendait. La vraie rupture a été consommée avec Giscard, qui discutait en anglais avec le chancelier allemand Helmudt Schmidt. Désormais à Bruxelles, depuis les années 70, l’anglais a pris la suprématie sur le français. Certains grands patrons français tiennent sinon leurs discours en anglais, à l’image de Louis Schweitzer, jusque dans ses comités de direction à Paris. Un anglais devenu d’ailleurs une sorte de sabir, tel qu’il est enseigné, dénué de toutes subtilités et de toutes nuances. Mais ce qui est d’autant plus amusant, en se plaçant là, d’un point de vue quasi-anthropologique, c’est que cette évolution est concomitante d’un profond appauvrissement de la maîtrise du français chez la plupart de nos contemporains, d’une pauvreté syntaxique et orthographique rare.

L’Education nationale connaît décidément des changements inédits. Après la suppression de la notation en 6e, la refonte du programme d’histoire, maintenant c’est cet anglais édulcoré et mal enseigné, que l’on veut faire apprendre à nos petits par ordinateur (faute d’enseignants capables d’enseigner en nombre, à des élèves de cet âge), dès la maternelle. Mais attendons aussi les résultats, et espérons à force d’innovations pour ne pas dire d’expérimentations, toujours dans cette logique communicative du « tout essayer », que cette « école rêvée », ne devienne pas « cauchemar »…

                                                                                                                               J. D.

 

1 février, 2011

La Belgique au bord de la sécession

Classé dans : Europe — llanterne @ 5:45

La Belgique au bord de la sécession dans Europe latern

La Belgique est à l’heure actuelle, sur le point de battre un record :  227 jours sans gouvernement, depuis les dernières élections. Le dernier médiateur envoyé pour tenter de régler la querelle entre Flamands et Wallons, vient de jeter l’éponge. La Flandre ne veut plus payer pour les Wallons, et les négociateurs flamands proposent désormais de régionaliser les secteurs de l’emploi et de la santé. La sécurité sociale est clairement visée. Les Flamands estiment que les Wallons sont des parasites entretenus dans une logique d’assistanat, par un parti socialiste clientéliste. Et la situation tourne aujourd’hui à l’impasse, dans une Belgique acculée à une forme de sécession.

 mannekp0 dans Europe

Ce n’est pas seulement pour eux une revanche historique sur des Wallons, jadis arrogants. Parce que les ressources houillères et les industries métallurgiques étaient chez eux et que les Flamands étaient à leurs yeux des culs-terreux pauvres et obéissants à Monsieur le curé, comme le chante Jacques Brel. Mais les culs-terreux se sont révélés travailleurs et dynamiques. La mondialisation accuse les concurrences. Partout le social est devenu un coût qu’il faut réduire, comme de la mauvaise graisse. L’Europe qui a longtemps encouragé les autonomismes régionaux, se trouvent prise à son propre piège. Bruxelles est le siège des institutions européennes. Longtemps cette grande et riche métropole a retenu les Flamands du chemin de la sécession. Mais cette ville devenue francophone effraye de plus en plus les Flamands, à cause de son endettement colossal et de ses nombreuses problématiques sociales. Mais tout cela n’est pas dit officiellement et l’on se cache commodément derrière la fracture de la langue, la querelle linguistique. 

Cette évolution est d’autant plus étonnante, qu’en fait, la bourgeoisie flamande a très longtemps parlé français. Le peuple parlait d’innombrables dialectes flamands, phénomène historique. Les régions belges qui étaient sous impérium français de 1792 à 1815, puis hollandais, sont devenues un Etat indépendant en 1830. Alors que la Révolution avait commencé à Liège, en chantant la Marseillaise et en brandissant le drapeau tricolore. Mais l’Angleterre refusait de voir un uniforme français, dans le port d’Anvers. Ce port d’Anvers avait été un des principaux casus-belli dans le conflit, tournant au bras de fer, qui opposa l’Angleterre et Napoléon 1er, à  la faveur du blocus continental. Pour éviter une nouvelle guerre et résoudre le problème conflictuel, Talleyrand créa la Belgique. Dans cette Belgique sous influence culturelle française, la querelle linguistique est donc un produit pur de la Belgique, et la querelle linguistique aussi vieille que la Belgique elle-même.

Dans le féroce Pauvre Belgique !, resté inachevé, le poète Charles Baudelaire pressentait déjà la mort inéluctable de ce royaume qu’il jugeait artificiel, résumant son épitaphe en un mot : Enfin ! Et effectivement, cette fameuse querelle linguistique serait aujourd’hui, sur le point de causer sa mort… 

                                                                                                                                                                  J. D. 

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