La Lanterne (politique, sujets de société)

23 mars, 2011

« Z comme Zemmour » sur RTL – La drôle de guerre en Lybie

Classé dans : Diplomatie,Monde,Politique — llanterne @ 2:27

Du lundi au vendredi, Eric Zemmour présente avec Vincent Parizot, une brève chronique matinale sur RTL intitulée « Z comme Zemmour », au cours de laquelle, il analyse l’actualité. Dans sa dernière chronique, Eric Zemmour -qui n’a pas la réputation d’avoir la langue dans sa poche-, est revenu sur la politique internationale et cette « drôle guerre en Lybie ». Il y va ainsi de son analyse qui n’est pas inintéressante et ne manque pas de piquant.

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« Ce soir ou jamais » de Frédéric Taddéï – Interventions de Michel Collon et Rony Brauman

Classé dans : Diplomatie,Monde,Politique — llanterne @ 1:56

Dans le dernier numéro de « Ce soir ou jamais », émission présentée par Frédéric Taddeï, sur France 2, plusieurs invités étaient réunis, dont le médecin et humanitaire Rony Brauman. Le débat a gravité autour de l’intervention lybienne, mettant notamment en exergue, ce qui est assimilé à des contradictions sur le plan diplomatique. Comme souvent dans cette émission, la discussion était assez subversive, mais la tonalité parfois intéressante.

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Sous le signe de l’abstention…

Classé dans : Politique — llanterne @ 1:03

Sous le signe de l'abstention... dans Politique latern

Le premier signe révélateur de ce premier tour des élections cantonales, c’est un taux de 55,6 % d’abstentions. Après les élections régionales de 2010, les européennes de 2009, ces cantonales sont elles aussi atteintes par un absentéisme électoral, digne du record. La gauche tire la mieux son épingle du jeu, l’UMP essuyant une débâcle électorale, talonnée par un FN à environ 14 %. Longtemps, les cantonales ont cependant mieux résisté que les régionales et les européennes -bien qu’assimilées à des élections de notables locaux-, grâce à l’ancienneté historique des départements et à la destination sociale des prestations servies.

La droite comme la gauche annoncent depuis des années, le remplacement progressif du département par la région, plus adaptée aux transports en commun et surtout plus conforme aux exigences européennes. Car c’est la région que l’on richement doté, lui donnant le développement économique, quand on laissait les services sociaux au département. Et à son tour, ce scrutin a donc suivi le destin commun des échéances dédaignées, comme si la présidentielle demeurait la seule élection qui intéressait encore les Français. Qui se refusent à peser sur le cours des choses à l’échelle locale, se réservant pour la mère des batailles électorales. Mais cette abstention massive fausse et biaise l’analyse. « A environ 25 %, le PS ne fait guère mieux que d’habitude, loin des 53 % des cantonales de 1976 et 79, qui annonçaient la grande victoire du 10 mai 1981″. La gauche ne devrait donc pas en tirer des conclusions hâtives, les négociations entre verts (anti-nucléaire) et front de gauche (anti-européen), risquant d’être malaisées.

Dans ce premier tour, la victoire socialiste est sinon incontestable, mathématiquement parlant. Mais elle prouve surtout que la gauche (PS comme PC), compte de nombreux élus locaux de qualité, et qu’elle est dominatrice dans son approche clientéliste, auprès d’un électorat de fonctionnaires et de personnes âgées, comme l’analysait Eric Zemmour. L’UMP ne peut même pas se bercer d’illusions, son score est d’une rare médiocrité. Le parti de la majorité enregistre 16 %, talonné par un Front National à 14 %. Ce fiasco électoral accuse encore les divisions internes au parti unique. Car selon la vieille dialectique, quand on est seul et fort, on agrège au second tour, selon la dynamique exemplaire de Sarkozy aux présidentielles de 2007. Mais quand on est seul et faible, suivant la dynamique opposée, on se désagrège de manière progressive.

Les centristes réunis sous la houlette du Nouveau Centre, considéreront que l’intégration dans l’UMP, leur a fait perdre des positions électorales séculaires. « C’est leur domination au Sénat qui est en jeu, et ils seront encouragés à partir sous leurs propres couleurs aux élections présidentielles ». Les élus UMP réunis sous la bannière de la droite populaire, refuseront quant à eux de cautionner les Fronts républicains, que la pression médiatique et parisienne essaiera de leur imposer. Les scores du FN sont plus difficiles à analyser objectivement. Même si Marine Le Pen repasse au-dessus de la barre fatidique des 10 %, à l’image des dernières élections régionales, on est loin des résultats promis par les récents sondages. Mais les cantonales n’ont jamais été des élections faciles pour ce parti, même du temps du père, et on sait aussi qu’une forte abstention pénalise le FN, car l’électorat dit protestataire substitue aisément l’abstention au vote.

Et pourtant le FN sort en tête dans trente-neuf cantons, il y aura une centaine de duels FN / PS au second tour, et le parti de Marine Le Pen progresse dans les circonscriptions de l’ouest, là où il était auparavant inexistant. Bref, pour emprunter l’analyse d’Eric Zemmour,« la question du vote FN que Nicolas Sarkozy croyait avoir réglé, lui revient comme un boomerang »

                                                                                                                                                                                  J. D.

21 mars, 2011

Une diplomatie à géométrie variable

Classé dans : Diplomatie,Monde,Politique — llanterne @ 2:09

Une diplomatie à géométrie variable dans Diplomatie latern

Les révoltes dans les pays arabes - en l’occurrence la révolution lybienne -, connaissent un tournant, un drame venant en chasser un autre. La France est en pointe sur ce dossier lybien, après un certain silence diplomatique, ces deux derniers mois face aux révoltes tunisienne et égyptienne. Sarkozy et Cameron ont ainsi obtenu de l’ONU, l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne, accompagnée d’une campagne de bombardements ciblés. Les forces aériennes d’une coalition internationale, viennent d’opérer leurs premières frappes sur la Lybie… Mais seulement, les décisions diplomatiques dépendent plus des circonstances, qu’on ne le croit. Elles semblent de moins en moins rationnelles et connectées de plus en plus, aux émotions relayées par les médias. Du coup, elles ne sont pas toujours cohérentes avec leurs principes et ne tiennent pas toujours compte, des réalités et spécificités locales.

Après deux mois d’asthénie diplomatique, la France a été le premier pays à soutenir le Conseil national lybien, qui dirige l’insurrection lybienne depuis Benghazi. Mais une telle opération placée sous commandement occidental, comporte aussi de sérieux risques collatéraux. Elle pourrait aussi alimenter la propagande du régime en place, et susciter un rejet nationaliste dans l’opinion arabe. Elle est sinon loin de faire l’unanimité, la Ligue arabe ayant d’ailleurs annoncé clairement sa réticence, voire ses critiques, son soutien étant pourtant primordial pour la coalition. Au sein du camps occidental et de la communauté internationale, des dissensions font jour. L’Allemagne et l’Italie ne soutiennent pas cette option, à l’image de la Russie ou de la Chine. Le risque d’une telle opération est aussi de devoir s’engager dans une mission d’assistance plus lourde que prévue. Les campagnes de bombardements aériens connaissent leurs limites, sans oublier les incontournables pertes civiles, qui viendraient fragiliser la coalition dans son positionnement…

Certes, « personne ne regrettera le satrape lybien » -qui chutera bien un jour-, « responsable de multiples attentats, de nombreux crimes et de la déstabilisation de régions entières de l’Afrique », comme le soulignait récemment, le spécialiste Bernard Lugan. Mais là n’est pas le fond du problème, car il faut parfois laisser l’émotionnel de côté, pour s’intéresser au réel. En effet, on ignore encore les conséquences d’une chute brutale de Kadhafi, qui est autant une aspiration démocratique populaire, « que la manifestation de l’éclatement de l’alchimie tribale sur laquelle reposait son pouvoir ». A 90 % désertique, la Lybie est un Etat récent, à la création artificielle, conglomérat de plus de 150 tribus. Les ensembles tribaux ont des alliances traditionnelles et mouvantes, au sein de trois régions : la Tripolitaine dont la capitale est Tripoli, qui regarde vers Tunis, la Cyrénaïque dont la capitale est Benghazi, qui est tournée vers Le Caire et le Fezzan (Sebba), qui plonge vers le bassin du Tchad et la boucle du Niger. De l’indépendance de la Lybie en 1951, jusqu’au coup d’Etat du colonel Kadhafi en 69, la Lybie fut une monarchie dirigée par les tribus de Cyrénaïque. Dès le début, Kadhafi a écarté tous les partis politiques et l’a remplacé par un équilibre au niveau des tribus.

C’est comme cela, qu’il a pu tenir habilement le pouvoir pendant quarante ans, d’un point de vue politique et sécuritaire. Mais le système d’alliances tribales est affaibli depuis une tentative de coup d’Etat en 1993, qui fut noyée dans le sang. La terreur imposée par le régime a étouffé les rancoeurs, jusqu’au mois de février 2011. Kadhafi a en réalité perdu la Cyrénaïque, ses fiefs restant la Tripolitaine et le Fezzan. Mais même en Tripolitaine, les subtiles alliances tribales demeurent chancelantes. Le danger pourrait être de voir émerger une situation de guerres tribales, comme en Irak (ou en Somalie), suivie d’un éclatement en plusieurs régions. Le chaos ouvrirait un espace inespéré pour l’Aqmi. Auquel pourrait s’ajouter des dissidences toubou et touareg, adossées à leurs bases-arrière du Mali et du Niger. Un tel conflit aurait aussi des conséquences pétrolières, car on en est toujours ramené à cette question-là…

Notre époque a fait de la paix, sa valeur suprême, on le voit pour la Lybie. Mais la logique interventionniste relève aussi du deux poids / deux mesures, vue sous un autre angle. Les dirigeants occidentaux nous expliquent qu’ils veulent chasser un tyran, qui tire sur son peuple. Même si historiquement, c’est aussi le propre des tyrans de tirer sur leur peuple. Et cela, alors que la répression saoudienne et sunnite s’abat contre les insurgés chiites au Bahreïn, sous l’oeil courroucé des Iraniens chiites, sans susciter l’opprobre de la communauté internationale. En Côte-d’Ivoire, la répression contre les partisans d’Alassane Ouattara a repris et a déjà fait des centaines de victimes. Les partisans de Gbagbo sont en train d’être armés, et des dizaines de milliers de réfugiés ivoiriens fuient vers l’est du Libéria, faisant peser la menace d’une déstabilisation régionale, sans réaction de la part du corps expéditionnaire français. Il y est rétorqué, que la Côte-d’Ivoire est indépendante depuis cinquante ans. Et alors même que notre ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, avait d’abord refusé cette option, Nicolas Sarkozy a obtenu de l’ONU, l’ouverture d’une campagne de bombardements, faisant fi de la souveraineté de la Lybie (une ancienne colonie pourtant aussi).

Aujourd’hui, notre conscience qui se prétend universelle, aiguisée par les médias, ne supporte plus le colonel Kadhafi. Ainsi, il faut bombarder Tripoli et Benghazi, mais ne pas intervenir à Abidjan, au Bahreïn ou au Yémen… On se demande, où est la logique interventionniste derrière tout cela. C’est sans doute qu’il n’y en a pas…

                                                                                                                J. D.

19 mars, 2011

Le dernier sommet de Bruxelles

Classé dans : Europe,Politique — llanterne @ 3:27

Le dernier sommet de Bruxelles dans Europe latern

Lundi dernier, les ministres des finances des pays membres de la zone euro se sont retrouvés à Bruxelles, pour mettre en musique les grandes directives des chefs d’Etat et de gouvernement. C’est la suite du sommet qui s’est achevé, samedi, avec ce pacte pour l’euro, et la mise en place d’un système d’aide aux pays les plus fragiles. Il paraît que ce fut un succès. Les transactions financières internationales seront désormais taxées selon le voeu de la France. Les bases d’un gouvernement économique de l’euro auraient même été posées. Tout va pour le mieux Madame la Marquise, dans le meilleur des mondes d’une Europe française… Il paraît du moins. Mais comme nous nous en doutons, derrière les apparences, la réalité est souvent plus austère… Car la taxe sur les transactions financières est uniquement mise à l’étude pour les dix-sept pays européens, et non décidée. On sait que Bruxelles est le royaume des études qui s’éternisent…

Le gouvernement économique européen est le grand projet français. Mais il relève, hélas, pour l’essentiel de l’utopie. Car les Allemands le refusent obstinément. Ces-derniers ont juste obtenu que leur soit confié la gouvernance économique de la zone euro, sur leurs propres principes, suivant l’analyse d’Eric Zemmour. Et la France s’y est soumise pour pouvoir continuer à parler de couple franco-allemand, et pouvoir donner l’impression de diriger l’Europe à deux. On se souvient de la célèbre phrase du général De Gaulle, « qui disait fièrement que la France serait le jockey et l’Allemagne le cheval ». Mais aujourd’hui, les rôles sont simplement inversés. Certes, l’Allemagne a mis beaucoup d’eau dans son vin. Les Allemands se sont ainsi résolus à sauver l’euro, après avoir beaucoup hésité. Mais ils ont surtout compris, qu’il y allait aussi de leur intérêt économique. Ils veulent pouvoir continuer à exporter sur tout le continent sans risque de dévaluation monétaire, pour résister à leur magnifique machine exportatrice industrielle et même désormais agricole.

Mais ils ne veulent pas devoir payer pour tous les pays surendettés. Car la compétitivité des PIIGS, en dépit de tous leurs efforts, ne parviendra jamais au niveau exigé par l’euro fort. La situation est ainsi complexe, et c’est un choix parfois difficile à tenir, car obligeant à de fortes concessions. Ainsi, à l’occasion de cette réunion de lundi dernier, les Irlandais ont réussi à sauver leur taux d’impôt sur les sociétés à 12,5 %. Les Français ont d’ailleurs tenté de les appâter, en leur proposant de renégocier à la baisse leurs taux d’emprunts, contre une augmentation de leur impôt fétiche sur les sociétés. Mais la manoeuvre a fait choux blanc. Il faut comprendre les Irlandais, leur compétitivité économique repose uniquement sur leur fiscalité extrêmement modeste et avantageuse, attirant toutes les multinationales américaines chez eux, notamment dans le secteur des nouvelles technologies. Pour eux, « il fallait sauver leur taux d’imposition fétiche ou revenir aux famines du XIXe siècle, on exagère à peine ».

Mais le dumping fiscal et monétaire continuera ainsi de fausser les relations économiques, au sein du continent. Les Irlandais profitent de la solidarité européenne, mais défendent âprement leur bout de gras. L’Allemagne et la France cèdent, la première parce que ses banques ont beaucoup prêté, l’autre parce que Sarkozy veut à tout prix sauver l’euro. Pour l’Europe, derrière les effets d’annonce, cela signifie que rien n’a changé. Mais ce statut-quo a aussi un prix de plus en plus élevé.

                                                                                                                                                                       J. D.

17 mars, 2011

Ce drame au pays du Soleil Levant

Classé dans : Monde,Politique — llanterne @ 2:17

Ce drame au pays du Soleil Levant dans Monde latern

Le drame au Japon occulte le reste de l’actualité, quatre jours après le séisme historique qui a secoué cet archipel (de 6 852 îles) et le raz-de-marée qui s’en est suivi, le bilan officiel faisant toujours état de 10 000 morts ! De nombreuses problématiques se posent, à l’aune de cette catastrophe naturelle. Dans un premier temps, on a envie de rendre hommage au peuple japonais, qui nous a impressionné par sa dignité… Par ailleurs, au-delà de la difficulté à retrouver des survivants, c’est le risque d’une catastrophe nucléaire qui se profile et qui inquiète…

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Le Japon nous a effrayé pendant des années -avant la Chine en plus nombreux-, innovant dans certaines technologies et sachant les vendre comme personne. Le Japon reste la troisième puissance économique mondiale, mais ne nous fait plus peur. Un éphémère premier ministre socialiste, Edith Cresson, les compara un jour à des fourmis. Il est vrai que dans ce malheur qui les frappe, les fourmis montrent une dignité admirable. Pas d’effets de panique, pas de lamentation, nos réactions sont calquées sur celles des victimes. L’émotion est individuelle, pas de compassion ostentatoire. Le drame japonais n’est pas comparable, sur ce point, à celui qui frappa le sud-est asiatique et la Thaïlande, à l’automne 2004. Il n’y a pas d’afflux de dons, de déplacements sur place de personnalités et d’humanitaires en tous genres. Les Japonais sont longtemps parus à nos yeux, comme les meilleurs élèves de l’occident, suivant l’analyse de M. Zemmour. Mais aujourd’hui, ils sont ramenés à leur fragilité existentielle, de barque sur la mer démontée. On nous explique que le bouddhisme leur a appris depuis l’enfance, que tout ce qui a une forme est appelé à disparaître, dans un sentiment d’impermanence des choses, enraciné en eux, par les déchaînements de la mère nature. On est pas bouddhiste, mais on a bien retenu la leçon.

Mais l’archipel ne semble pas non plus, hélas, complètement au bout de ses peines. Car le Japon tire son électricité, depuis trente-cinq ans, essentiellement du nucléaire, ce qui est une autre problématique (une quinzaine de centrales regroupées sur l’île d’Honshu, autour de Tokyo). La situation s’est aggravée et détériorée dans les deux centrales nucléaires de Fukushima (situées à environ 300 km de Tokyo). Une explosion d’hydrogène a secoué un réacteur, dans l’une d’entre elles. Ce qui relance également le débat sur le sujet, notamment en France. Récemment, Nicolas Sarkozy a affirmé qu’il n’était pas question de sortir du nucléaire. Il a souligné d’ailleurs, que le parc français était le plus sécurisé du monde. Il a ainsi voulu couper l’herbe sous le pied à ceux, qui comme Nicolas Hulot ou Daniel Cohn-Bendit, réclament un référendum sur l’énergie nucléaire en France. C’est aussi l’art de la politique, outre la problématique de fonds. Car les verts ne sont pas, comme l’on croit, que des défenseurs éthérés de la nature, mais avant tout et surtout des politiciens redoutables, rodés depuis leur jeunesse politique aux pratiques militantes de l’extrême-gauche. Seule la naïveté et l’inexpérience politique ont pu faire croire, à la ministre Nathalie Kosciusko-Morizet, que les écologistes qu’elle caressait dans le sens du poil, respecteraient les accords tacites du Grenelle de l’environnement. Qui avait vu le gouvernement échanger la lutte contre le réchauffement climatique, contre le silence des associations sur le nucléaire.

Les écologistes se battent depuis quarante ans contre le nucléaire, ils ne veulent pas perdre cette légitimité. Le drame du Japon leur permet de réinstaller une peur dans l’inconscient collectif. Même si la problématique énergétique est certes complexe, en profondeur. Historiquement, toute énergie devient d’ailleurs très vite enjeu de conflit. Le charbon est l’une des causes majeures des conflits franco-allemands du XXe siècle, et le pétrole est une des clefs de la plupart des interventions militaires américaines depuis 1945. Sur le plan énergétique, les révolutions arabes devraient aussi annoncer un choc pétrolier. Dans les années 70, cette option nucléaire hexagonale fut un vrai débat, parfois très dur. Le choix nucléaire -amorcé par de Gaulle- de Pompidou fut sans doute le dernier héritage du XIXe siècle, quand confiance dans le progrès scientifique et volontarisme politique se tenaient la main. Mais cette option pompidolienne nous a valu depuis quarante ans, une indépendance énergétique, que nous ont longtemps envié nos voisins. Notre consommation d’électricité provient à 85 % de nos centrales nucléaires et elle est aussi moins chère qu’ailleurs. Car la cause principale de l’augmentation récente de nos factures d’électricité, n’est pas à chercher dans la réflexion de nos vieilles centrales, mais plutôt dans la politique de concurrence obstinément poursuivie par la commission de Bruxelles.

Mais le drame japonais pourrait s’avérer aussi la chance de l’industrie nucléaire française, qui avec l’EPR (centrale nucléaire nouvelle génération) a fait justement le choix de la plus grande sécurisation possible. C’est pour cette raison, que ce produit français coûte plus cher que ces rivaux moins sophistiqués. En 2009, Abou Dhabi a ainsi préféré une centrale coréenne moins chère, mais moins sûre, et l’Afrique du sud a été tentée par un concurrent chinois. Il est vrai que les retards des chantiers d’Areva en Finlande, et les surcoûts de celui d’EDF à Flamanville affaiblissent le poids de l’expertise nucléaire française, comme l’a déclaré récemment François Fillon. Mais en tout cas, ce qui est sûr (même si toutes les solutions énergétiques cumulées sont peut-être valables), c’est que la réponse est bien davantage dans les mains de nos ingénieurs, que dans celles de nos ministres et de la classe politique en général.

                                                                                                                                                       J. D.

 

13 mars, 2011

« Ce soir ou jamais » de Frédéric Taddeï – Paul-Marie Couteaux, Emmanuel Todd…

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 12:46

L’émission « Ce soir ou jamais », présentée par Frédéric Taddeï sur France 2, réunissait dans son dernier numéro, plusieurs personnalités, dont l’écrivain Paul-Marie Couteaux et le politicologue Emmanuel Todd, pour débattre de la récente montée de Marine Le Pen dans les derniers sondages.

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La réforme de la fonction publique

Classé dans : Politique — llanterne @ 2:24

 La réforme de la fonction publique dans Politique latern

Le ministre du budget, François Baroin, a claironné fièrement que près de 100 000 fonctionnaires en fin de carrière, n’auront pas été remplacés. Ce qui représente 5 % des effectifs de la fonction publique, soit 2,7 milliards d’euros d’économies. Ce non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, aurait permis à l’Etat d’économiser plus de 7 milliards d’euros, sur la période 2009-11. Certes, le non remplacement de 100 000 emplois publics en trois ans, ce n’est pas une mince affaire, ni un mince exploit. Et Nicolas Sarkozy pourra légitimement dire, qu’il a tenu une de ses promesses de campagne électorale, qui était de ramener les effectifs de la fonction publique, à leur niveau de 1990.

« Sous François Mitterrand, disait-il avec ironie, la France n’était pas non plus sous-administrée ». Mais les querelles sur les économies, en cette période de déficit public, ne vont pas cesser pour autant… Car 2,7 milliards d’euros, dont 1,4 milliards versés à la fonction publique, paraissent dérisoires face à l’ampleur de la dette publique, à l’image d’une goutte d’eau dans l’océan. Un emploi public est aussi à la charge de l’Etat pendant plus d’un demi-siècle, y compris avec la retraite du fonctionnaire. La problématique est complexe… On parle de tradition colbertiste française, mais à laquelle on a aussi appliqué une perception très contemporaine. En effet, la puissance d’un Etat n’entre pas nécessairement en corrélation avec le nombre de fonctionnaires. Colbert avait à sa disposition une administration réduite, et Bonaparte épuisait littéralement les fonctionnaires à la tâche. Depuis ce que l’on appelle l’ancien régime, l’Etat a une fonction protectrice. Mais depuis trente ans, on l’avait réduit à l’embauche de fonctionnaires (tous bords confondus, la gauche le trompettant fièrement, la droite le faisant honteusement).

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Au niveau de la fonction publique d’Etat, Sarkozy a assumé une vraie rupture. Même si l’évolution et le premier infléchissement de la courbe, de tout de façon, remonte au second mandat de Chirac, à la faveur de la fameuse Révision Générale des Politiques Publiques. Mais à l’heure actuelle, il y a fonction publique d’Etat et fonction publique territoriale. Ainsi, à l’aune de ces statistiques, il y a pourtant 650 000 emplois publics de plus, qu’il y a dix ans. Statistiquement parlant, il n’y a jamais eu autant de fonctionnaires, toutes fonctions publiques confondues (plus de 5 millions, soit 20 % de la population active), comme l’analysaient Eric Zemmour et Vincent Parizot récemment. On touche au paradoxe de la fonction publique… L’explication s’appelle « collectivités locales ». L’argument des élus locaux est bien connu, l’Etat leur a transféré des compétences, et ils doivent se donner les moyens de les assumer. Ce qui n’est pas faux, mais ne justifie pas toujours tout, comme on le voit au travers des emplois d’animateurs culturels et sociaux -et autres postes aux contours mal définis-, ainsi que dans l’explosion des dépenses de communication. C’est la loi de décentralisation de 2003, entérinée par Jean-Pierre Raffarin, qui ait venu accélérer le processus, avec la création et la multiplication des communautés de communes, qui emploient souvent des fonctionnaires en doublon.

Nous nous retrouvons ainsi, on pourrait dire, face à un rêve d’Etat fédéral à l’allemande, mené par nos élites technocratiques, tous bords confondus, et cela depuis trente ans. La traditionnelle fonction protectrice de l’Etat, a été transféré aux collectivités locales, et la gauche en a fait un « outil clientéliste », d’autant plus qu’elle domine dans l’opposition locale (un peu à l’image de l’ancienne S.F.I.O. de la fin de la IVe République et des débuts de la Ve). Mais la décentralisation a laissé notre modèle territorial au milieu du guet, à savoir entre un Etat jacobin et un système fédéral à l’allemande. L’un des modèles n’est plus à proprement parler, mais l’autre n’est pas encore. Mais pour l’instant, nous accumulons les inconvénients des deux époques, et des deux modèles…   

                                                                                                                                                            J. D.

Le discours du Puy-en-Velay

Classé dans : Politique — llanterne @ 0:07

Le discours du Puy-en-Velay dans Politique latern

Nicolas Sarkozy a prononcé récemment un discours, au Puy-en-Velay, un des points de départ du fameux pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, et de l’itinéraire de la Via Podiensis. Il y a fait allusion à l’héritage chrétien de la France, ses racines chrétiennes, et les réactions politiques sont nombreuses. François Bayrou demande pourquoi l’Etat se mêlerait de choisir l’une de nos racines, Claude Bartolone considère que l’Etat remet en cause le socle laïc, sur laquelle la France repose depuis plus d’un siècle, et Marine Le Pen parle d’opérations électoralistes.

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La ficelle est grosse et les arrière-pensées transparentes. Sarkozy tente évidemment de marquer son futur adversaire (potentiel) du sceau des élites mondialisées. C’est aussi un versant du débat sur l’Islam -lié indirectement à l’immigration-, dont certes on se demande en substance l’intérêt, étant donné qu’il a lieu tous les jours dans les médias ou lors des élections électorales. Mais ne voir que la ficelle serait aussi trompeur que de ne pas la voir, comme l’analysait Eric Zemmour. Après deux siècles de déchristianisation, dans une République qui donna une couleur si anti-cléricale à son concept de laïcité, et où les catholiques pratiquants se considèrent maintenant comme minoritaires, en évoquant de manière ostentatoire nos racines chrétiennes, Sarkozy rétablit aussi une sorte de hiérarchie culturelle -et non cultuelle- à ses concitoyens, quelque soit leurs origines ou croyances et obédiences religieuses. A son accoutumée, Sarkozy tente également de marquer une rupture. En 2007, il avait déjà joué sur cette corde en célébrant la mémoire de Jean-Paul II. Il prenait ainsi le contre-pied de Chirac et Jospin, inscrits dans l’ancien schéma historique d’une nation tellement chrétienne -et fille aînée de l’Eglise- qu’elle pouvait se rebeller contre sa mère.

C’est aussi un retour sémantiquement, aux grands principes d’assimilation, qui veut que les Français doivent s’assimiler, donc qu’ils fassent sienne, une culture, une histoire, forgée par l’héritage du christianisme. On se souvient que Charles de Gaulle avait déclaré -en privé-, c’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns, ils montrent que la France est ouverte et universelle ; mais la France est aussi et avant tout un pays européen, de culture gréco-latine, et aux racines judéo-chrétiennes, sans quoi ce n’est plus la France. Dans d’autres pays européens, notamment Outre-Rhin, la classe politique remet en cause le modèle « multiculti » des années 60, de l’époque des « travailleurs invités », clamant que l’intégration et l’assimilation à l’allemande est officiellement un échec. Sur le débat de la laïcité, Christine Boutin déclarait récemment que l’Islam doit aussi faire l’apprentissage de la loi de 1905, et du respect de son application, comme les catholiques l’ont fait en leur temps.

Mais dans le même temps, dans le débat hexagonal, François Fillon explique que les règles de la laïcité à la française devront progressivement évoluer, pour tenir compte notamment des spécificités de l’Islam et de sa pratique. Il se place ainsi dans une posture négociatrice, exactement à l’opposé du discours présidentiel. Mais entre les deux, il faudra choisir. 

                                                                                                                                                                                    J. D.

5 mars, 2011

Le retour du « meilleur d’entre nous »

Classé dans : Politique — llanterne @ 14:26

Le retour du

Depuis 2007, vingt-neuf ministres et secrétaires d’Etat se sont succédés, au travers de dix remaniements ministériels. Un jeu de chaises musicales, symptomatique d’un régime réduit par le mandat à cinq ans, qui semble conduire la France à une élection permanente… Gérard Longuet arrive au ministère de la Défense, Claude Guéant à l’intérieur. Mais avant tout, le mouvement le plus spectaculaire de ce remaniement, c’est le retour en majesté du « meilleur d’entre nous ». 

Jacques Chirac l’avait baptisé ainsi, à la veille de la présidentielle de 1995. Il y a sept ans, on l’a dit mort politiquement. Mais Alain Juppé, l’homme au destin fracassé, opère son retour en grâce, et il apparaît comme le « sauveur » chargé de tirer la présidence vers le haut. Il retrouve un ministère où il avait fait l’unanimité entre 1993 et 95, avant sa descente vertigineuse dans l’enfer de Matignon, la France dans la rue quelques mois après son arrivée, la réforme avortée et mal entreprise des retraites. Suivi du désastre de la dissolution de 1997, jusqu’à l’apothéose de sa condamnation en 2004, dans l’affaire des emplois fictifs de la ville de Paris. Au début, Juppé avait refusé le quai d’Orsay, car il savait qu’il ne pourrait supporter la tutelle élyséenne. Mais justement Claude Guéant quitte l’Elysée, pour la place Beauvau. Et le rapport de force est désormais en sa faveur.

jpg_Alain-Juppe dans Politique

Sarkozy est aussi fasciné par son intelligence, et ses capacités de synthèse, que le fut en son temps Jacques Chirac. Il le consulte et le consultera bien au-delà de ses compétences internationales. Car Alain Juppé, c’est un esprit de synthèse hors-du-commun. Mais aussi mis au service d’un conformisme bien pensant, rarement pris en défaut. On l’a vu, quand il a tancé Nicolas Sarkozy sur l’identité nationale, faisant la joie de la gauche et des médias. Quand il annonçait qu’il n’accepterait jamais un portefeuille ministériel, tant que Nicolas Sarkozy serait au pouvoir. Mais aussi quand il écrit un livre à quatre mains, avec Michel Rocard, où on ne sait plus qui tient le stylo, dixit Eric Zemmour. Ce même Alain Juppé qui avait émis de sérieuses réserves sur le retour de la France dans le commandement militaire de l’Otan, décidé par Nicolas Sarkozy en mars 2009. Qui défend aujourd’hui, ce retour de la France, qu’il avait naguère condamné. Mais à n’en pas douter, Alain Juppé trouvera toujours dans sa casuistique, une flopée d’arguments pour justifier ces revirements difficilement lisibles, avant tout bon adepte de Baltasar Gracian et homme de Cour. 

A un an des élections présidentielles, la page de l’amateurisme gouvernemental est sinon bel et bien tournée. C’est maintenant l’heure des vieux renards de la vie politique, d’Alain Juppé à Gérard Longuet. L’ami de longue date, Brice Hortefeux, a été débarqué – il jouera désormais un rôle au sein de l’UMP -, Michèle Alliot-Marie a été contrainte à la démission, les vieux amis et personnalités issues de l’ouverture ont été définitivement écartés. Mais la victime oubliée de ce remaniement est surtout notre premier ministre. Au temps glorieux de l’hyper-présidence, certains avaient vu en François Fillon, une sorte de vice-président. Mais c’est lui désormais qui a un vice-premier ministre, particulièrement encombrant…

                                                                                                                   J. D.

 

 

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