La Lanterne (politique, sujets de société)

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16 avril, 2011

Cette victoire des « verts » outre-Rhin

Classé dans : Europe,Politique — llanterne @ 2:33

 Cette victoire des

L’évènement de la fin mars-début avril, chez nous, c’était les cantonales. Mais en Allemagne, c’était les élections régionales, qui ont été marquées par la percée éclatante du parti écologiste, dans le Bade-Wurtemberg. Pour la première fois dans l’histoire politique allemande, les Verts allemands, vont présider un Land, infligeant une défaite aux chrétiens-démocrates, au pouvoir dans cette région depuis plus de cinquante ans. Ils se sont imposés au sein d’une coalition de gauche, et un ministre-président issu des verts devrait donc, pour la toute première fois dirigée ce land allemand, très riche. C’est dans ce fief industriel de Damler et de Porsche, le fameux Land de Bade-Wurtemberg, que les verts allemands ont été élus. Pour une victoire électorale Outre-Rhin -remontant à une dizaine de jours-, qui a été peu analysé et qui mériterait l’attention du courant écolo hexagonal…

Jusqu’à présent, les verts allemands avaient l’habitude d’être cantonnés à l’arrière de la scène politique, par une image assez prononcée et caricaturale, correspondant à leur jeunesse post-soixante-huitarde. Mais ce qui ne correspond pas vraiment au profil de Wilfried Kretschmann, le nouveau président vert du Land, qui ne cache pas une foi catholique vibrante et se déclare sans fard, très conservateur. On est loin du mariage homosexuel, cher à Noël Mamère, et du combat pour les sans-papiers, cher à Dominique Voynet. Certes, ils sont quand même verts allemands et ils ont gagné ces élections dans le Bade-Wurtemberg. Le débat nucléaire a été certainement fondamental, dans ce Land, abritant quatre des dix-sept centrales nucléaires allemandes. Mais au-delà des causes conjoncturelles de cette victoire -accident nucléaire japonais / lutte contre la construction d’une grande gare à Stuggart-, les verts allemands n’ont remporté leur combat politique, que parce qu’ils ont renoncé à leur anticapitalisme des origines et à leurs combats sociétaux les plus subversifs…

Paradoxalement, les verts allemands reviennent également aux sources de l’écologie, qui naquit d’abord sur les rives d’une droite réactionnaire, qui refusaient depuis le XIXe siècle, les certitudes progressistes et scientistes de la gauche… En France, c’est sous la présidence de Pompidou, que la nébuleuse écologiste a vécu sa période de plus intense développement, bien déterminée à manifester sa vitalité dans sa première élection de 1974. C’est la candidature de René Dumont, agronome retraité, à la campagne iconoclaste très remarquée… Mais l’écologie politique est alors plus recentrée sur ses problématiques initiales. Par une évolution tacticienne remontant aux années 1990, le courant écologiste français en ait ainsi devenu, un mouvement transfuge d’extrême-gauche associant post soixante-huitards reconvertis à quelques écologistes avérés. Mais en Allemagne, on constate qu’ils s’allient aux grands patrons de l’industrie automobile, pour inventer la fameuse nouvelle donne verte, assumant leur inscription critique dans le système capitaliste mondialisé. Et ils ont toutes les qualités pour remplacer dans ce rôle-là, les socio-démocrates, affaiblis par le recul des syndicats et la désagrégation de la classe ouvrière.

Les verts allemands seraient en train de réaliser le rêve des verts français, remplacer les socialistes. Ils accomplissent la mission que leur a accordé, Daniel Cohn-Bendit, devenir le grand parti réformiste libéral de gauche, avec bien-sûr, une forte dose environnementale. Les Français tergiversent encore devant ce reniement, qui leur ouvrirait les portes du pouvoir et de l’assemblée. Mais faute de mieux, certainement y viendront-ils.

                                                                                                                                                            J. D.

L’abrogation du bouclier fiscal

Classé dans : Politique — llanterne @ 0:55

L'abrogation du bouclier fiscal dans Politique latern

Nicolas Sarkozy a tranché dans le débat. Le fameux bouclier fiscal a été abrogé, mais il a par contre renoncé à supprimer l’ISF. Sarkozy se promettait de transformer la France de fond en comble. Mais il a du renoncer à la plupart des mesures-phare de l’été 2007. Outre la problématique de fond, on se demande où est passé l’hyper-président ? Décrié par ses adversaires les plus acharnés, comme concentrant à l’excès tous les pouvoirs, le président ne peut même pas décider de la suppression de l’Impôt sur la Fortune.  Sa majorité parlementaire ne l’aurait pas accepté. Mais que l’on soit pour ou contre, cette suppression, la problématique est plus profonde…

Il est vrai, « Michel Debré avait pourtant rédigé la constitution de la Ve République, pour permettre à l’exécutif de tordre le bras, à des assemblées rétives ». D’ailleurs, la Ve République a toujours été qualifiée de monarchique. En fait, les outils sont intacts, mais Sarkozy n’ose s’en servir… Comme si, il ne s’en sentait ni la force, ni la légitimité, affaibli qu’il est par les sondages, les divisions au sein du parti majoritaire et les calculs électoralistes… On s’était déjà aperçu de sa faiblesse, lorsqu’il n’était parvenu à imposer comme premier ministre, Jean-Louis Borloo ou un autre candidat potentiel, à un groupe UMP qui ne jurait alors que par Fillon. C’est aussi le quinquennat, qui a probablement produit là ses effets délétères, ayant transformé le monarque républicain de naguère, en un président américain privé de toute latitude (plus d’un an avant son hypothétique réelection).

La réduction du mandat présidentiel à cinq ans, après référendum sous Jacques Chirac, a réduit le régime. Et il conduit la France, à une élection permanente… L’exécutif semble ainsi aux mains d’une opinion versatile et toujours insaisissable, et pour avoir voulu exploiter outre-mesure les humeurs de la plèbe, le processus de décomposition s’est accéléré, Sarkozy voyant sa majorité parlementaire lui échapper. Le quinquennat n’est évidemment pas la seule raison, le mal qui ronge le sarkozysme, étant encore plus profond et sournois… Car l’hyper-président, c’était un mythe médiatique, qui arrangeait Sarkozy, qui avait séduit les Français avec le grand retour annoncé du politique. Mais entre les prérogatives de l’Europe, la puissance planétaire de la finance internationale et des grands groupes mondialisés, Sarkozy est davantage « un hypo-président » suivant l’expression d’Eric Zemmour. Depuis 2007, Sarkozy avait en réalité, peu de marge de manoeuvre.

A son arrivée à l’Elysée, il avait cru relancer la croissance française en adoptant le modèle américain, fondé sur l’endettement public et privé. C’était là, l’essentiel de son programme économique. « C’était le temps du travailler plus, pour gagner plus ». Le président avait même envisagé d’adopter le système des crédits hypothécaires (les fameux sub-primes), qui devaient faire exploser la machine américaine en 2008. Après deux ans de tâtonnement, Sarkozy a finalement trouvé en Allemagne, sa nouvelle terre promise, bâtie sur la modération salariale, la rigueur budgétaire et la compétitivité économique. L’Allemagne où n’existe plus l’ISF depuis des années, dont le modèle est plus voisin du notre. Mais nous n’avons pas la puissance de feu des PME exportatrices allemandes, et nos seules machines compétitives sont nos grands groupes qui n’investissent, ni n’embauchent plus guère en France, comme l’atteste l’exemple caricatural de Renault.

Et depuis trente ans, l’histoire se répète. En 1983, Mitterrand renonce à la relance de 81. En octobre 1995, Chirac enterre la lutte contre la fracture sociale. Sarkozy plie lui deux fois, en moins de quatre ans… Nos présidents pourtant légitimes sur le plan politique, ne parviennent plus à imposer leurs visions en matière économique et sociale. On peut accuser leurs incompétences, ou leur cynisme électoraliste qui leur fait promettre n’importe quoi, ou la mondialisation, ou les effets de monétaires de l’euro, ou tout cela à la fois, rendant soudain nos idéaux démocratiques, un peu vides de toute substance. Mais par delà ce constat, trouverons aussi la force et le ressort de dénoncer, la nocivité de nos institutions présentes…

                                                                                                                                                 J. D. 

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