La Lanterne (politique, sujets de société)

16 avril, 2011

L’abrogation du bouclier fiscal

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L'abrogation du bouclier fiscal dans Politique latern

Nicolas Sarkozy a tranché dans le débat. Le fameux bouclier fiscal a été abrogé, mais il a par contre renoncé à supprimer l’ISF. Sarkozy se promettait de transformer la France de fond en comble. Mais il a du renoncer à la plupart des mesures-phare de l’été 2007. Outre la problématique de fond, on se demande où est passé l’hyper-président ? Décrié par ses adversaires les plus acharnés, comme concentrant à l’excès tous les pouvoirs, le président ne peut même pas décider de la suppression de l’Impôt sur la Fortune.  Sa majorité parlementaire ne l’aurait pas accepté. Mais que l’on soit pour ou contre, cette suppression, la problématique est plus profonde…

Il est vrai, « Michel Debré avait pourtant rédigé la constitution de la Ve République, pour permettre à l’exécutif de tordre le bras, à des assemblées rétives ». D’ailleurs, la Ve République a toujours été qualifiée de monarchique. En fait, les outils sont intacts, mais Sarkozy n’ose s’en servir… Comme si, il ne s’en sentait ni la force, ni la légitimité, affaibli qu’il est par les sondages, les divisions au sein du parti majoritaire et les calculs électoralistes… On s’était déjà aperçu de sa faiblesse, lorsqu’il n’était parvenu à imposer comme premier ministre, Jean-Louis Borloo ou un autre candidat potentiel, à un groupe UMP qui ne jurait alors que par Fillon. C’est aussi le quinquennat, qui a probablement produit là ses effets délétères, ayant transformé le monarque républicain de naguère, en un président américain privé de toute latitude (plus d’un an avant son hypothétique réelection).

La réduction du mandat présidentiel à cinq ans, après référendum sous Jacques Chirac, a réduit le régime. Et il conduit la France, à une élection permanente… L’exécutif semble ainsi aux mains d’une opinion versatile et toujours insaisissable, et pour avoir voulu exploiter outre-mesure les humeurs de la plèbe, le processus de décomposition s’est accéléré, Sarkozy voyant sa majorité parlementaire lui échapper. Le quinquennat n’est évidemment pas la seule raison, le mal qui ronge le sarkozysme, étant encore plus profond et sournois… Car l’hyper-président, c’était un mythe médiatique, qui arrangeait Sarkozy, qui avait séduit les Français avec le grand retour annoncé du politique. Mais entre les prérogatives de l’Europe, la puissance planétaire de la finance internationale et des grands groupes mondialisés, Sarkozy est davantage « un hypo-président » suivant l’expression d’Eric Zemmour. Depuis 2007, Sarkozy avait en réalité, peu de marge de manoeuvre.

A son arrivée à l’Elysée, il avait cru relancer la croissance française en adoptant le modèle américain, fondé sur l’endettement public et privé. C’était là, l’essentiel de son programme économique. « C’était le temps du travailler plus, pour gagner plus ». Le président avait même envisagé d’adopter le système des crédits hypothécaires (les fameux sub-primes), qui devaient faire exploser la machine américaine en 2008. Après deux ans de tâtonnement, Sarkozy a finalement trouvé en Allemagne, sa nouvelle terre promise, bâtie sur la modération salariale, la rigueur budgétaire et la compétitivité économique. L’Allemagne où n’existe plus l’ISF depuis des années, dont le modèle est plus voisin du notre. Mais nous n’avons pas la puissance de feu des PME exportatrices allemandes, et nos seules machines compétitives sont nos grands groupes qui n’investissent, ni n’embauchent plus guère en France, comme l’atteste l’exemple caricatural de Renault.

Et depuis trente ans, l’histoire se répète. En 1983, Mitterrand renonce à la relance de 81. En octobre 1995, Chirac enterre la lutte contre la fracture sociale. Sarkozy plie lui deux fois, en moins de quatre ans… Nos présidents pourtant légitimes sur le plan politique, ne parviennent plus à imposer leurs visions en matière économique et sociale. On peut accuser leurs incompétences, ou leur cynisme électoraliste qui leur fait promettre n’importe quoi, ou la mondialisation, ou les effets de monétaires de l’euro, ou tout cela à la fois, rendant soudain nos idéaux démocratiques, un peu vides de toute substance. Mais par delà ce constat, trouverons aussi la force et le ressort de dénoncer, la nocivité de nos institutions présentes…

                                                                                                                                                 J. D. 

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