La Lanterne (politique, sujets de société)

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8 mai, 2011

Cette affaire des quotas dans le football

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 3:20

Cette affaire des quotas dans le football dans Politique latern

C’est la dernière polémique récente, dans le domaine sportif. Cette pseudo-controverse touchant le sélectionneur de l’équipe de France de football, qui a pris part à cette discussion, dans l’affaire des quotas de bi-nationaux et des critères de sélection. On en était même venu, à parler de la démission de Laurent Blanc. C’est dire si l’affaire était devenue médiatiquement sérieuse et les soupçons lourds. Cependant, la ministre de la jeunesse et des sports a précisé, qu’elle n’avait jamais demandé la tête du célèbre sélectionneur, ancien champion du monde en 1998… Et Chantal Jouanno s’est même finalement rangée à ses côtés.

Comme l’a souligné ironiquement M. Zemmour : « Peu avant sa mort, le grand intellectuel Jean Baudrillard, disait en plaisantant, que SOS Baleine voulait sauver les baleines, comme SOS Racisme voulait sauver les racistes ». Ce dernier scandale autour de ces révélations et l’émoi inconsidéré, qu’il suscite, jusque chez la ministre des sports, « prouve que suivant l’intuition rigolarde de Baudrillard, l’anti-racisme est devenu la quête perpétuelle et obsessionnelle du racisme même et surtout s’il est imaginaire ». Laurent Blanc est difficilement soupçonnable de xénophobie, de sectarisme ou que sais-je, lui qui est avant tout un sportif, ancien de 1998 et qui a désigné un jeune joueur comme Samir Nasri, capitaine de l’équipe de France. Mais la réalité n’intéresse nos maîtres censeurs, sans aller jamais au fond du problème. D’autant plus, que cette réalité a le mérite d’être simple. Laurent Blanc et les techniciens de la F.F.F. s’inquiètent de la proportion importante de jeunes formés dans les clubs français, mais qui choisissent finalement de jouer dans leurs équipes nationales d’origine. Il s’agit après tout de l’argent public, de l’optimisation et de l’efficience des importants moyens engagés dans nos centres de formation. Un quota de 30 % de joueurs bi-nationaux a donc été décidé, sur « des critères nationaux » d’abord.

L’autre idée est aussi de revenir sur le choix opéré dans les années 90, qui était de privilégier dans les centres de formation, les atouts physiques des joueurs au détriment de leurs qualités techniques. La France aspire à redevenir dans le football, le paradis des petits dribleurs de Kopa à Girès, en passant par Platini. A l’image d’un milieu de terrain de talent comme Ludovic Giuly, évoluant au Paris-Saint-Germain, surnommé par sa petite taille (1,64 m) et sa vivacité « le lutin magique » (641 buts inscrits en club). Mais régulièrement écarté de la sélection nationale, avec regret, en raison de son petit gabarit. Mais comme dit Laurent Blanc, avec une sincérité désarmante, ce qu’il y a actuellement de plus grand et costaud, ce sont les joueurs noirs, les Antillais. « Un stéréotype n’est pas forcément faux, même s’il est simplificateur ». Il s’agit bien-sûr aussi d’un vecteur d’ascension sociale.

Mais les Guadeloupéens ou les Martiniquais, par exemple -dans le sport à haut niveau- sont souvent plus développés musculairement et courent généralement plus vite, par prédestination morphologique. Ce n’est pas un hasard, si tous les Dieux du stade sont noirs et si huit joueurs de l’équipe de France sur onze, sont de couleur… Certes, les quotas sont contraires à l’esprit universaliste de la République française. Mais il y a quota et quota. Tout dépend aussi de la manière dont ils sont appliqués. Quand après tout, Martine Aubry exige 20 % de socialistes issus de la diversité, à la direction du parti. Quand Sciences-po réserve des places à des jeunes venus de banlieue, qui entrent sans concours. Quand la présidente du MEDEF -dans une approche là féministe- Laurence Parisot fait campagne pour les « quotas » de femmes, dans les conseils d’administration. Des « quotas », quelle horreur ! Non, de la « discrimination positive », qu’en ces termes galants, cela est dit.

En France, dans une transposition sémantique intéressante à analyser, c’est l’expression « discrimination positive » qui est ainsi utilisée, pour désigner une politique contre les discriminations « sociales ». Contenant elle-même ironiquement le terme de « discrimination » (à la connotation extrêmement négative), à laquelle l’on a accolé l’adjectif  « positive », à supposer qu’il y en ait une « négative ». Une expression qui est géniale dans sa terminologie, particulièrement révélatrice de l’instrumentalisation politico-idéologique de la question. On joue sur la sémantique, sans toucher au coeur du problème… Mais il en va de même, pour les « quotas » dans le football…

                                                                                                                                                J. D.

De la Corrèze à Bourges, une campagne des plus classiques

Classé dans : Politique — llanterne @ 2:34

De la Corrèze à Bourges, une campagne des plus classiques dans Politique latern

Récemment, lors d’une réception au conseil général de Corrèze, François Hollande recevait Nicolas Sarkozy et Bernadette Chirac, qui n’avait jamais été à pareil plaisir. Mais en se rendant à l’ouverture du Printemps de Bourges, Hollande parlait là aux jeunes. A savoir deux volets traditionnels d’une campagne électorale présidentielle, des plus classiques.

Autour de Bernadette Chirac, Hollande et Sarkozy faisaient assaut de séduction. Mais ce n’était pas pour elle, ni Jacques Chirac, qu’ils brûlaient, mais pour la Corrèze. La Corrèze, qui est un symbole de la France profonde, synonyme de terroir et d’authenticité. « La Corrèze, fabrique de présidents, disait Hollande, sous l’approbation de Sarkozy ». La classique posture barrésienne, la terre qui  ne ment pas. C’est une règle que l’on a longtemps cru d’Erin, sous la Ve République… Chaque président devait posséder son terroir d’origine ou à la rigueur d’adoption. Chirac avait opté pour la Corrèze, tout comme Mitterrand avait opté pour le Nivernais. « Il fallait incarner la figure commune et légendaire, du petit provincial, qui a connu dans la capitale son éducation sentimentale et y a enterré ses illusions perdues ».

Sarkozy avait marqué une nouvelle rupture sur ce plan. Il était le premier à avoir coupé, avec cette symbolique forte. Il était l’élu de Neuilly/Seine et Français d’adoption. C’était la trouvaille communicante d’Henri Guaino, dans un pays où l’urbanisation et les évolutions sociales ont bouleversé le rapport traditionnel à la terre. Ségolène Royal affichait par conséquent, ses quartiers de terroir, pour marquer sa différence. « Pour 2012, DSK est aussi le non-dit de Hollande ». Elu en Corrèze depuis trente ans, Hollande n’a pas de divergence idéologique fondamentale avec son camarade socialiste. Ils sont tous les deux, européistes, ouverts à la mondialisation, des enfants de Delors et de Jospin. Alors pour accentuer le clivage avec le candidat lointain de Washington -concurrent aux primaires socialistes-, Hollande joue sur cette image de terroir, compensant son manque de charisme personnel. Sarkozy a trouvé plus cosmopolite et plus proche des élites mondialisées que lui, en la personne de Dominique Strauss-Kahn, et il a donc décidé d’accuser le contraste, en revenant à une approche plus classique.

Hollande joue sinon sur l’autre tableau, en se rendant récemment à l’ouverture du Printemps de Bourges, moyen de parler aux jeunes. Mais ce n’est guère nouveau, en même temps, tous les politiques s’y sont essayés : Mitterrand, Chirac. Et à l’époque, ils étaient tous aussi ridicules. Mais le problème spécifique de François Hollande et de la gauche, c’est qu’elle a perdu l’électorat populaire. Le 21 avril 2002 n’est pas bien digéré. Les classes populaires ne votent plus à gauche, et François Hollande essaye de récupérer un électorat populaire de substitution. Ségolène Royal avait réussi partiellement en 2007. Mais sans vouloir la médire, certainement aussi, pour ne pas voter Sarkozy, plus que pour voter pour elle. Il y a un enjeu auprès de la jeunesse, dans son ensemble, qui est souvent dépolitisée. Ce qui les amène, comme François Hollande, à parler de leurs chansons préférées au Printemps de Bourges.

François Hollande rejoue ainsi cette double carte, de la candidate socialiste de 2007, pour se lancer dans la course à la présidentielle. Mais il est vrai, on aimerait avoir un projet mobilisateur, à droite comme à gauche, plutôt que de tomber dans cette cosmétique-là. Personne n’est dupe, ni eux, ni même les Français. Chacun joue consciencieusement son rôle, au sein de cette classe politique si fortement discréditée. Mais comme l’a dit Blaise Pascal : « Agenouillez-vous et vous croirez ».

                                                                                                                                                         J. D.

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