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28 mai, 2011

Les soutiens inattendus de DSK

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 8:22

Les soutiens inattendus de DSK dans Politique latern

Cette affaire DSK n’en finit de mettre en émoi. Quelques personnalités -parfois des proches de l’accusé atteints par les échos de cette affaire lointaine- ont pris parti, se disant scandalisés par le traitement, qui lui a été réservé. Dans la sphère politico-médiatique, les réactions ont été ainsi nombreuses et parfois inattendues, à savoir souvent des marques d’indignation, voire des appels à la retenue adressés au président de la République même, de Robert Badinter à BHL, en passant par Jean-François Kahn ou Jean-Pierre Chevènement.

Il est vrai, la gauche française est émouvante dans cette affaire. Elle est prête à tout pour défendre l’un des siens, jusqu’à en piétiner, tous les principes qu’elle défend la main sur le coeur. Imaginons un autre instant, un Nicolas Sarkozy ou voire Jean-Marie Le Pen, impliqué dans un scandale similaire… Ce qui pourrait être objet à de multiples et diverses interprétations. Fort heureusement, DSK échappe à ses procès dans le procès. Mais le positionnement de certains de ses défenseurs ne manque parfois pas de cachet, ni de piquant. A commencer par les déclarations de Jack Lang, qui s’est fait le chantre d’un féminisme militant ou de la dignité féminine, durant des années. Ou encore le grand juriste Robert Badinter, qui a pourtant longtemps vanté avec des trémolots dans la voix, les mérites du système accusatoire américain, où l’avocat a autant de droit que le procureur et l’accusé a des droits imprescriptibles. Mais qui retrouve maintenant des vertus à la justice française, après en avoir longtemps dénigré les archaïsmes inégalitaires, hérités du code Napoléon…

Aux Etats-Unis, c’est le parquet qui instruit à charge et c’est la défense qui doit elle, assurer les recherches pour la décharge de l’accusé. Chez nous, c’est en principe un juge d’instruction, qui instruit à décharge. Cela dit, notre procédure est sans doute préférable, bien qu’imparfaite, car moins brutale. Mais les Américains mettent ainsi en oeuvre leur habituelle procédure judiciaire. En France, nous avons la présomption d’innocence, il est vrai. Auquel vient s’ajouter la loi d’Elisabeth Guigou, votée en 2000. Même si l’application en est parfois discutable. Alain Carignon ou Loïk Le Floch-Prigent ont bien été offerts en pâture aux journalistes, en leurs temps, et Michel Roussin a bien été arrêté à la sortie de son ministère. Tandis qu’Eric Woerth aura bénéficié de la présomption d’innocence… Mais outre les dessous politiques dans le traitement de certaines affaires, il est vrai sinon, que l’on peut ressentir une légitime compassion pour un destin brisé, son entourage, sa famille, ses proches. Notre narcissisme hexagonal peut également en ressortir chatouillé.

Mais certains avocats / défenseurs de principe de DSK, desservent plus la cause qu’ils prétendent servir, démontrant surtout un réflexe de caste arrogante. La même erreur a d’ailleurs été commise, dans d’autres affaires de moeurs, comme avec Frédéric Mitterrand ou avec le réalisateur international, Roman Polanski. Ce sont d’ailleurs les mêmes, le plus souvent. Mais alors, il est vrai que l’on est en droit de se demander, si Dominique Strauss-Kahn a-t-il vraiment besoin de soutiens si frangibles dans cette affaire ?

                                                                                                                                                         J. D.

 

Une affaire digne d’Hollywood

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 0:38

C’est le scandale de moeurs du moment, sur lequel ont été braqués tous les feux de l’actualité. Une histoire qui peut sembler folle, au premier abord et absolument invraisemblable, digne d’un mauvais scénario de film hollywoodien. Le président du FMI, Dominique Strauss-Kahn, économiste et homme politique français de haute volée, arrêté pour tentative de viol, coups et blessures et séquestration, sur la personne d’une femme de ménage, dans un hôtel où il séjournait à New-York.

Les photos de DSK, menotté, les mains dans le dos, à la sortie du commissariat de Harlem, ont fait le tour du monde ! Les premiers titres de la presse américaine ne font pas dans la dentelle (« Le pervers », « L’argent sale »). Les réactions de la presse hexagonale sont plus mitigées, quelques jours après l’arrestation du directeur général du FMI. Les gros titres des journaux français insistent plutôt sur la présomption d’innocence. Car DSK plaide non-coupable. Comme disait Eric Zemmour : « La vérité en de ça de l’Atlantique, erreur au delà ». Par ailleurs, outre l’aspect sordide de cette affaire, sous tous points de vue, il va sans dire que les conséquences pour la direction du FMI, mais également pour les élections présidentielles françaises sont non négligeables.

Pour les Américains, le sexe est le grand tabou, alors que c’est plutôt l’argent pour les Français. Les Américains livrent facilement leurs revenus, quand les Français les taisent avec tabou. Mais ils déballent souvent, hâbleurs, leurs conquêtes féminines, quand les Américains font les louanges hypocrites de la fidélité. En Amérique, on ne plaisante pas de plus, avec les affaires de moeurs, et en l’occurrence avec les crimes sexuels. Ses compatriotes avaient reproché au président Bill Clinton, son manque de fidélité, au travers d’un ou deux scandales, qui avaient manqué de l’acculer à la démission. Tandis qu’en France, Nicolas Sarkozy était plutôt épinglé pour la nuit du Fouquet’s et son escapade en bateau, après son élection, avec l’homme d’affaires Vincent Bolloré. Mais en une semaine, Dominique Strauss-Kahn a transgressé les deux tabous des deux sociétés, dans lesquelles il évolue par sa carrière internationale.

DSK a été aussi pointé du doigt, pour son train de vie, par le passé. On fustigeait cette incarnation de la gauche caviar, entre son appartement de la place des Vosges, à Paris et son riad à Marrakech. DSK est également marié avec une ancienne talentueuse journaliste, Anne Sinclair (qui fait d’ailleurs preuve d’une remarquable retenue, depuis le début de cette affaire). Mais à eux deux, ils formaient un couple symbole de cette gauche bo-bo, convertie aux délices du libéralisme, suite au tournant de la rigueur des années 80, et qui donne toujours l’impression d’avoir laissé choir le peuple et la nation, et d’avoir endossé la tunique rutilante de ce que Jean-Pierre Chevènement appelait les élites mondialisées. Pour en rajouter, DSK était récemment pris en photo, montant dans une Porsche Panamera, appartenant à un ami. Et il se fait arrêter pour tentative de viol dans une suite d’un hôtel de New-York, et délit de fuite !… 

On se dit qu’un homme aussi talentueux et brillant, c’est tout de même étrange. Il était prêt à  rempiler pour un nouveau mandat au FMI ou alors à rentrer en France, pour se lancer dans la bataille des primaires socialistes. On savait en tout cas, que c’était un libertin. Dans un récent ouvrage au titre faussement post-moderne, « Sexus Politicus », deux journalistes -Deloire et Dubois-, nous détaillaient de manière grivoise, avec un style très début du siècle dernier, nombre d’anecdotes touchant à la sexualité des hommes politiques, n’épargnant pas Strauss-Kahn au passage. Les aventures galantes de DSK, depuis sa nomination à la tête du FMI, avaient déjà scandalisé outre-atlantique. Mais cela avait amusé les Français jusque là, car relevant du domaine de l’aventure extra-conjugale. D’ailleurs, c’est une spécificité bien hexagonale. En France, nous avons eu un président de la République, Félix Faure, qui est mort dans les bras de sa maîtresse.

François Mitterrand et Jacques Chirac étaient également des hommes à femmes, mais très habiles et discrets. Et sous l’ancien régime, un Roi -Louis XV-, réputé pour ses amours galants, disposait d’un réseau de rabatteurs, lui ramenant des filles souvent très jeunes, qui étaient logés et entretenus dans ses douillets appartements du Parc-aux-cerfs. Comme l’analysait le chroniqueur Eric Zemmour : « Par héritage monarchique et une mansuétude indécrottable pour les amours de nos grands hommes, il n’est pas certain non plus, que la police française aurait arrêté l’ancien ministre des finances socialiste ». En tout cas, pas dans les mêmes conditions. La police française n’aurait peut-être pas apporté autant de crédit, à l’accusation de la femme de ménage. Nous savons, comment cela se passe. La victime n’a pas la conscience de la victime. Des pressions peuvent aussi être exercées… Mais on savait aussi, que DSK était atteint d’une forme d’addiction.

Il est vrai que l’affaire est sérieuse, si les faits sont avérés. Il y a une différence nette entre liaison extra-conjugale et agression sexuelle caractérisée, sur une femme de ménage dans une chambre d’hôtel. Si la sphère politico-médiatique hexagonale se repaie déjà, depuis fort longtemps, de rumeurs persistantes autour de la vie sexuelle de DSK, jusque là, la loi du silence aura résisté. Dorénavant, on peut se demander pour combien de temps. Il y a un an et demi déjà, le publicitaire Franck Tapiro déclarait à un journaliste, que DSK ne démissionnerait jamais du FMI, pour se présenter aux élections présidentielles françaises en 2012. Il avait trop de casseroles, notamment « sentimentales ». De nombreux journalistes sortent maintenant du bois, dévoilant certains penchants bien connus de DSK, mais étouffés jusque là.

Depuis un siècle, la psychanalyse nous a habitué à cette dichotomie, s’interrogeant sur ces mécanismes amenant parfois les hommes à agir, sur leurs motivations conscientes et inconscientes, poussant à tel ou tel comportement. Car cette affaire ramène bel et bien, à cette problématique là. C’est Docteur Strauss et Mister Kahn, comme l’analysait M. Zemmour. « Deux personnalités, deux cerveaux, deux vies (…). Mieux, deux personnes en une, qui s’affrontent dans un combat à mort, une passion commune, jusqu’à ce que la personnalité ancienne, celle du cerveau archaïque, triomphe par chaos ». Son choix de défense sera également cornélien. Il a été finalement libéré sous caution, et a été inculpé par la justice américaine. Tocqueville nous a enseigné, appris aux travers de ses nombreux écrits-témoignages, que la société américaine est régie par un égalitarisme démocratique et sourcilleux, et le souci de la transparence. 

DSK est assigné à résidence, à New-York, dans le quartier de Manhattan. Mais s’il plaide non-coupable, il risque -s’il est confondu-, une lourde peine de prison (vingt ans au minimum). S’il plaide finalement coupable, en versant une forte amende à la victime, il pourrait adoucir sa peine. Mais il peut tirer un trait sur sa carrière politique nationale et internationale, dans les deux cas de figures. 

                                                                                                                                                                                    J. D.

 

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