La Lanterne (politique, sujets de société)

27 juin, 2011

Sarkozy tente de conserver sa droite

Classé dans : Accueil,Politique — llanterne @ 19:24

Christine Boutin a annoncé, hier, en Seine-Saint-Denis, à Montfermeil, la candidature de son parti aux présidentielles de 2012. La présidente du PCD n’a donc pas tenu compte, de l’appel à la retenue de l’UMP, au rassemblement de la droite et du centre, autour de la probable candidature de Nicolas Sarkozy. Mais elle ne sera pas la seule. La gauche n’est plus la seule à se diviser, c’est aussi le temps de la droite plurielle…

On en sentait les prémices depuis plusieurs mois. Le pas a été franchi. Christine Boutin se lance, Borloo se prépare, et Bayrou n’a jamais renoncé. Sans oublier Villepin, qui s’obstine… L’UMP avait été fondé, en 2002, pour éviter la dispersion à la présidentielle, qui avait favorisé l’arrivée de Jean-Marie Le Pen au second tour. Mais l’UMP a échoué. Car non seulement, elle n’aura pas le monopole de candidature à droite, mais en son sein, les sujets de discorde se multiplient, à l’image de la fronde des députés UMP, ces derniers mois, et alors que les clivages s’aiguisent entre la droite populaire et les centristes, comme au bon vieux temps du RPR et de l’UDF. 

Nicolas Sarkozy sait qu’en 2007, il avait gagné la présidentielle, dès le soir du 1er tour, sur son score dépassant les 30 %. Et il fait tout pour les arrêter, mais pour l’instant, en vain… Mais il ne faut pas oublier, que les droites françaises ont aussi une longue tradition de division. Et les temps des disputes homériques entre Chirac et Giscard, entre Chirac et Barre, et enfin Chirac et Balladur pourraient revenir. Mais pas seulement à cause des ambitions personnelles. C’est le compromis idéologique ayant fondé l’UMP, qui est en train d’exploser, ou en tout cas, qui semble avoir fait son temps. Le ralliement du RPR aux thèses de l’UDF, libérales en économie, mais aussi sur le plan des moeurs, européistes, décentralisatrices, avaient permis la progressive fusion des deux anciens ennemis, qu’étaient le courant centriste et le parti néo-gaulliste.

Les héritiers du gaullisme -réels ou supposés-, gardaient les places. Et la droite est parvenue à garder son unité, du moins formellement, jusqu’à aujourd’hui. Mais désormais, chacun reprend son baton de pélerin, Christine Boutin défendant la famille traditionnelle, Villepin, l’indépendance nationale, et Dupont-Aignan, le refus de la domination à Bruxelles. Au sein de l’UMP, les centristes -arc-boutés sur leurs valeurs républicaines- parlent de droitisation. Ils sont le sentiment d’être « trahis », du moins électoralement. Ils sont furieux et ils croient en leurs chances, Borloo et Morin en tête. Mais la supposée droitisation n’est qu’un mirage, une illusion d’optique. Il suffit de relire le programme du RPR de 1980 à 1990, pour s’apercevoir que Chirac versait déjà dans le populisme. Le programme du RPR était le frère jumeau de celui du Front National.

Derrière ces stratégies électoralistes, deux hypothèses se présentent, en réalité, selon le candidat de la majorité sortant, au soir du premier tour. Si le président sortant le soir du 21 avril 2012, parvient à s’extraire à ce magma idéologique, ces rivaux de droite rallieront presque tous le candidat vainqueur au second tour. Mais si Sarkozy renouait avec les scores médiocres de Chirac, en 2002, ou voire même si la gauche passait, alors le grand parti majoritaire ne pourrait qu’imploser sous le poids des contradictions accumulées…

                                                                                                                                                                J. D.

25 juin, 2011

La Fête de la musique : incarnation du « festivisme » contemporain

Classé dans : sujets de societe — llanterne @ 13:46

La Fête de la musique : incarnation du

Ce mardi 21 juin, c’était la trentième édition de la Fête de la Musique, encourageant les musiciens amateurs et professionnels, à se produire bénévolement, à tous les coins de rue, dans les jardins et espaces publics. La fête de la musique, c’est l’expression d’une joyeuse convivialité collective, au travers d’une pratique musicale partagée, consacrée, pour néophytes et amateurs confirmés. Inaugurant la saison estivale, chaque année, l’évènement promeut la pratique de la musique, ouvrant l’accès de répertoires divers à un public large et varié. Mais derrière ce panégyrique, il est vrai, un trentième anniversaire qui est également l’occasion d’établir un bilan et d’apporter son point de vue sur « la fête voulue par tous ».

En 1976, le musicien américain Joël Cohen, travaillant alors pour Radio France-France Musique, propose pour cette antenne des « Saturnales de la Musique » pour le 21 juin et le 21 décembre (lors des deux solstices annuels). Après les élections présidentielles de 1981, l’idée adaptée par Maurice Fleuret et Jack Lang donnera naissance à la première Fête de la Musique. Le 21 juin 1982, c’est la première édition, correspondant à un essai, lançant des appels aux musiciens amateurs, les invitant à se produire en début de soirée, en plein air, dans les jardins ou espaces publics… Et le succès est au rendez-vous, contre toute attente, à Paris et dans plusieurs villes de province. Parallèlement, ce sont les débuts du mitterrandisme, les compagnons de route de l’idéologie anti-raciste des années 80, se réunissant ainsi autour de la musique, à l’image des grands concerts de la Concorde et de la place de la Bastille. Mais outre tout aspect, toute dimension politico-idéologique, la Fête de la Musique se pérennise et en moins de quinze ans, l’idée est reprise à l’étranger, notamment dans les pays voisins. Le nom français « Fête de la musique » est d’ailleurs repris assez souvent, ou sous des appellations littérales traduites, comme « Fiesta de la Musica » (Espagne), ou « Festa della Musica » (Italie), pour les festivités affiliées au programme français.

Depuis son lancement, le succès n’a pas été démenti. Coïncidant avec le premier jour de la saison estivale, c’est l’occasion d’une véritable liesse populaire, tous les ans, sous le slogan homophone « Faites de la musique ». Mais il est vrai que dans son approche, l’évènement consiste également à lâcher dans les rues tous les plus mauvais musiciens de France, le résultat se résumant le plus souvent, à une vaste cacophonie (autant dans sa composition, que de son interprétation). « Tous ces gens qui font prendre l’air à leur guitare », selon la formule piquante de l’humoriste Laurent Gerra. « On écoute un petit peu, c’est très Fête de la Musique ». Mais parfois, on y est aussi un peu contraint. Et lorsque le 21 juin tombe dans la semaine, les riverains ne peuvent assister « à la fête », mais se voient plus ou moins perturbés dans leur sommeil, jusqu’au milieu de la nuit, voire jusqu’à l’aube, suivant la proximité avec les lieux des festivités…

A défaut d’une abrogation pure et simple ou de limite, certains ont préconisé de choisir, par exemple, le 1er samedi des mois de juin ou de juillet, plutôt que la date fixe du 21 juin. D’ailleurs, il est curieux que notre peuple présenté comme frondeur se plie sans broncher, à ce calendrier. Comme la démonstration la plus probante des travers de notre époque, où le « festivisme » fait loi, « où le risible a fusionné avec le sérieux », comme l’a dépeint feu Philippe Muray, à travers cette image allégorique de l’« homo festivus »A Paris, mais aussi dans toutes les grandes villes de province (Lyon, Bordeaux, Marseille) et nombre de villes moyennes, la Fête de la Musique a pu s’apparenter, ces dernières années, à une vaste kermesse populaire à ciel ouvert, où la musique n’apparaissait plus nécessairement comme l’élément central. Au travers de toute la France, par son ampleur et par le fait qu’il expose un public large et varié (composé de badauds et riverains de tous âges), à des risques particuliers, l’évènement nécessite la mobilisation de moyens bien plus importants, que ceux utilisés habituellement pour ce type de manifestations (police nationale, gendarmerie, samu, secteur associatif). Ce qui a pu faire fuir nombre de spectateurs, voire des musiciens, ces dernières années, préférant l’organisation plus convenue des festivals et cafés-concerts, nuisant fortement à la réputation de « la fête voulue par tous »

Pour conclure sur cette note corrosive d’Alain-Gérard Slama, il est vrai « ce jour, quand j’entends de la cacophonie organisée dans les rues, je me dis que les musiciens méritent le traitement qu’ils s’infligent, mais pas celui qu’ils infligent aux autres ». On nous parle de remède contre la sinistrose. Mais en l’occurence, pour reprendre cette tirade d’Eric Naulleau, et cloturer crûment le débat : « Moi, j’aurai plutôt la nostalgie du silence… ».

                                                                                                                                                                              J. D.

18 juin, 2011

« Le Moche » de Marius Von Mayenburg ; « Fin de Partie » de Samuel Beckett

Classé dans : Culture,theatre et 7e art — llanterne @ 11:13

  

Marius Von Mayenburg, Le Moche, Théâtre du Rond-Point, 28 avril – 22 mai 2011

« Le Moche », c’est la dernière pièce du jeune dramaturge allemand, Marius Von Mayenburg, interprétée jusqu’au mois dernier, au Théâtre du Rond-Point. Quatre personnages sur scène nous entraînent une heure durant, dans une intrigue absurde et qui pourtant dit quelque chose de juste de l’homme moderne. Le personnage principal de Lette apprend tardivement de son entourage qu’il est d’une laideur repoussante, et il accepte de se refaire complètement le visage et se métamorphoser, en un homme d’une élégance irrésistible… Hélas, le succès de sa nouvelle beauté est telle, que nombre de gens veulent adopter les mêmes traits, au point que le personnage finit par perdre sa propre identité réfractée chez autrui et par souhaiter retourner à sa laideur première, à jamais perdue…

L’intrigue assez simple (mais bien menée) permet d’innerver l’ensemble de la pièce ; elle est surtout le lieu d’une succession mordante de répliques savoureuses qui est un premier ressort comique réussi… L’absurdité de certaines scènes (notamment celle de la chirurgie esthétique) qui ne va pas sans une certaine satire du monde contemporain obsédé par l’apparence, ajoute au comique une dimension un peu plus inquiétante, mais sans tomber pour autant dans une gravité facile ; et l’action rebondit sans cesse grâce à la dextérité avec laquelle l’auteur échange les lieux et les rôles, puisqu’un personnage peut brutalement passer d’un rôle à un autre et dans un lieu différent. Et pourtant, il y a bien de graves questions qui sont soulevées en filigrane dans un tel spectacle. La première est celle de l’identité : suis-je ce que les autres pensent de moi et dois-je me hisser au niveau de leur désir ? La pièce semble nous dire que l’adulation des autres aboutit au final à la perte inéluctable de soi. Plus largement, c’est la question du rapport de soi à l’autre, qui est posée et notamment celle de l’amour. Devenu Apollon, Lette ne sait plus pourquoi, ni par qui il est aimé, ni s’il ne s’est pas transformé en un pur objet esthétique. Le personnage, dans sa beauté factice, se fait réclame publicitaire pour les intérêts de son patron et apparaissent aux yeux des spectateurs, les excès d’un matérialisme capable de se construire sur mesure des identités humaines.

Enfin, la chute de la pièce où celui qui était adulé se trouve finalement détrôné par ses rivaux, qui ont eux aussi désiré acquérir son visage, met en scène l’éternelle roue de la Fortune qui entraîne dans sa course lente ou rapide, les destinées humaines à elle attachées. Au final, cette pièce présente un réel intérêt. L’action manque parfois un peu d’épaisseur, mais elle parvient encore une fois à donner une dynamique à une représentation qui reste enjouée, impertinente et parfois d’une absurdité qui joue avec l’angoisse.                                                                                                                                                                                                                                                                     Christian.   

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Samuel Beckett, Fin de partie, Théâtre de la Madeleine, 10 mai – 17 juillet 2011

A l’image d’« En attendant Godot », « Fin de partie » est une des plus célèbres pièces de Samuel Beckett, interprétée jusqu’à la mi-juillet au Théâtre de la Madeleine. Une pièce sans intrigue, à proprement parler, au cadre spatio-temporel indéfinissable, propre au célèbre dramaturge. Quatre personnages vivent dans une maison, réunis dans la même pièce sombre, percée de deux timides ouvertures sur l’extérieur, dans un monde dévasté et post-apocalyptique… Hamm (Serge Merlin), aveugle paraplégique, occupe le centre de l’espace, vissé dans son fauteuil roulant, aux côtés de son supposé valet et fils adoptif, Clov (Jean-Quentin Châtelain). Nell (Isabelle Sadoyan) et Nagg (Michel Robin) - les parents de Hamm -, ont perdu leurs jambes dans un accident de tandem dans les Ardennes, et vivent enfermés dans deux poubelles, situées sur le devant de la scène…

Comme son titre l’évoque, la fin est annoncée dès les premiers instants, les personnages s’adressant même au public, pour exprimer leur mortel ennui… On s’interroge durant 1 h 45, se demandant ainsi, si ce n’est qu’une « journée comme les autres », ainsi mise en scène ; ou si des éléments nouveaux et inconnus, ne viendraient faire leur apparition dans la vie des personnages. Ce ne sont que courts échanges et répétitions entre Hamm et Clov, le discours étant sans ordre logique apparent, répétitif, percé de silences, et au service d’aucune action. Adoptant un comportement étrange et maladroit, Clov entretient un curieux rapport d’interdépendance avec Hamm, mêlé de rancoeur. Hamm récite des passages de son « roman » à Clov. « Ce n’est pas l’heure de mon calmant », interroge-t-il. Nell et Nagg émergent occasionnellement de leurs poubelles, pour échanger brièvement. Avant que Hamm, agacé, ne demande à Clov de les y réenfermer, en rescellant le couvercle sur eux…

C’est l’expression du théâtre de l’absurde, divisant et partageant toujours les critiques sur sa classification, mais exprimant surtout un profond pessimisme devant la condition humaine, une vision drôle et pitoyable de l’humanité. Une pièce pour la moins originale, qui semble surtout reprendre, en les accentuant, les défauts de la communication au quotidien, ainsi que les détresses communes…

                                                                                                                                 J. D.               

                             

                                                                                                                                                                              

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                

 

14 juin, 2011

Roselyne Bachelot et l’exemple suédois

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 11:41

 Roselyne Bachelot et l'exemple suédois dans Politique latern

La semaine dernière, un rapport commandé à l’Inspection Générale des Affaires Sociales a été remis, à Roselyne Bachelot (Ministre des Cohésions Sociales et de la Solidarité). L’IGAS préconise l’évolution de la législation actuelle vers « un congé d’accueil de l’enfant » en bas âge, de deux mois au total, réparti à parts égales, entre la mère et le père. Le partage inégal des tâches domestiques alimenterait toujours l’inégalité professionnelle, entre les hommes et les femmes. C’est une des principales conclusions de ce rapport, l’objectif étant de tendre à plus d’équité, en la matière.

Roselyne Bachelot veille sur nos moeurs, sur nos mentalités. S’inspirant déjà de l’exemple suédois, elle se promettait de pénaliser les client(e)s des prostituées, il y a quelques temps. Elle s’attaque maintenant, à une réforme du congé parental. Mais les enfants dans tout cela, direz-vous ? Tous les pédo-psychiatres vous expliquent, que les enfants jusqu’à l’âge de six ans, ont surtout besoin de leur mère, rien que de leur mère, encore et toujours de leur mère. C’est sans doute pour cela, que ce rapport entend réduire le congé parental de trois ans à un an seulement. Il ne faudrait pas, que les mères ne se la coulent douce et ne retournent au boulot, darre darre. Le célèbre pédiatre Aldo Naouri a toujours expliqué, que le père n’est pas et ne peut-être une deuxième mère. Il est certain, qu’un père ne peut pas se lever la nuit, pour donner le sein à son enfant… Mais surtout, il occupe un rôle spécifique de séparation entre la mère et l’enfant, intervenant plus tard et qui ne fonctionne pas bien, si ce-dernier s’interfère trop tôt. 

Une femme devient mère en mettant un enfant au monde. Son rôle, sa place et sa fonction découlent également de ce fait biologique, et sont intimement liés entre eux. Les relations parentales sont fortement éclairées d’une autre manière, par le discours psychanalytique, autour des places respectives de la mère et du père. Surtout à une époque, où le modèle familial et parental traditionnel est plongé dans une crise profonde, les symptômes étant nombreux. Mais sous ce discours d’égalité, ce « congé d’accueil de l’enfant » s’inspirant du modèle suédois, relève surtout d’udiscours d’égalité, qui tourne à l’indifférenciation. C’est la théorie du genre née sur les campus anglo-saxons, dans les années 60, qui n’a cessé de faire son chemin depuis. Le sexe n’est qu’une construction culturelle et non naturelle. « L’homme est une femme comme les autres »On choisirait ainsi sa sexualité, « comme des fruits au marché »

Notre Ministre des Cohésions Sociales et de la Solidarité reste ainsi très active, nous sortant régulièrement, une nouvelle idée de son chapeau. Mais Mme Bachelot pourra en débattre avec le très catholique François Fillon, à qui elle doit son maintien dans le gouvernement, et aux électeurs de Nicolas Sarkozy, qui ne savaient pas qu’en votant pour lui en 2007, ils optaient en matière de moeurs, pour le modèle de la social-démocratie suédoise…

                                                                                                                            J. D.

 

10 juin, 2011

Le débat sur la double nationalité

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 2:13

Le débat sur la double nationalité  dans Politique latern

Henri Guaino a considéré récemment, que la question de la double nationalité méritait d’être débattue. La stratégie est toujours la même, au sein de la majorité, et Claude Gloasguen -député UMP-, a été placé à la tête d’une mission d’information, le nombre de personnes concernées en France étant estimé à entre quatre à cinq millions. Mais outre toute dimension tactico-politicienne, visant à s’attirer les voix du Front national, il est vrai toutefois que le sujet n’est pas vide, ni abscons et que le débat pourrait être soulevé.

Dans le passé, la question de la double nationalité a pu se poser, par exemple au sujet des Alsaciens, au lendemain du traité de Versailles. Mais dans la seconde moitié du XXe siècle, la France a toujours toléré la double nationalité. L’Allemagne, elle, refuse. On est soit allemand ou turc. Il est vrai qu’en France, on nous a longtemps expliqué, que l’on pouvait aimer à la fois, son père et sa mère. On a avancé, que c’était un facteur également de rayonnement de la culture française. Mais il est vrai aussi que l’on a vite déchanté, la fameuse double culture s’étant rapidement transformée en vide culturel et identitaire. Aussi bien par l’échec récurrent du modèle d’intégration, devenu trop peu exigeant, que par l’abandon de nombreux critères traditionnels d’assimilation, dans l’enseignement et ailleurs.

De nos jours, un sport populaire comme le football est particulièrement révélateur du malaise, à l’aune du récent scandale autour des joueurs bi-nationaux. Dans un entretien accordé à Anne Sinclair, dans les années 90, le Roi Hassan II déclara que les Marocains vivant en France ne se sentiront jamais français, laissant la célèbre journaliste pantoise. D’ailleurs, le Maroc interdit à ses citoyens d’abandonner la citoyenneté marocaine. Mais l’intégration n’est pas qu’un vain mot, et revêt indéniablement son importance. La hantise de la double allégeance revient parfois, avec ses problématiques inhérentes. Et les classes populaires les rejettent, car comme disait Jaurès : « La nation est le seul bien des pauvres ».  

Dans une ré-appropriation sémantique par la droite, l’assimilation n’est plus un mot tabou, Guaino l’utilise avec vigueur. Or, assimiler signifie devenir le même. Et après tout, il est vrai que la mère-nation peut exiger, que ses enfants choisissent parfois à la majorité. Comme dans un divorce, sans garde partagée et qui amènerait l’enfant à prendre parti et à choisir. C’est aussi un point de vue. « C’est avec le père ou avec la mère, avec moi ou contre moi… ».  

                                                                                                                                                          J. D.

7 juin, 2011

Europe Ecologie – les Verts : Cohn-Bendit éliminé

Classé dans : Politique — llanterne @ 15:37

Europe Ecologie - les Verts : Cohn-Bendit éliminé dans Politique latern

Lors du dernier congrès d’Europe Ecologie -les verts, à la Rochelle, Cécile Duflot a assuré sa réelection, en tant que secrétaire nationale du mouvement. Le vote des militants s’est porté très nettement, en sa faveur, arrivant loin devant Cohn-Bendit. Un meurtre politique du patriarche, qui relève de la symbolique forte chez les verts, et stratégiquement parlant, un modèle du genre. Paradoxal également, dans un parti positionné à gauche, où la tradition partisane est pourtant la plus ancienne. Mais ce qui accomplit aussi, dans une approche freudienne, les dernières volontés du défunt…

Cohn-Bendit était le dirigeant légitime du mouvement. Grâce à lui, les verts avaient fait jeu égal avec les socialistes et la majorité, aux dernières élections européennes. Il était le « sauveur venu d’Allemagne », auréolé de son aura mythifiée de héros générationnel de mai 68. Mais seulement, « Dani le Rouge » se refuse à toute compromission. Dans une approche sociologique, il était à même d’incarner cet électorat d’urbains diplômés, travaillant dans les services, nés de la génération de mai 68, et baptisés « les bo-bos ». C’est lui, qui aura poussé les verts à s’élargir, à s’ouvrir. Mais cet éternel adolescent avait déjà refusé son rôle historique, par fuite des responsabilités, et par rejet épidermique de l’image du dirigeant.

D’ailleurs, Cohn-Bendit qui est réellement à l’origine de ce mouvement d’Europe-Ecologie, ne voulait pas d’un candidat vert aux élections présidentielles. Mais il voulait une liste commune avec les socialistes, conduite par Dominique Strauss-Kahn, avec qui il partage nombre de points communs. Ils sont tous deux des hommes de gauche, libéraux libertaires, partisans de la mondialisation heureuse et l’Europe est leur patrie. Mais la sortie fracassante de DSK, a tué ce projet. La presse écrite et les médias en tous genres (radio / tv), nous ont rabattu les oreilles, ces deux derniers mois, avec leurs percées éclatantes dans les sondages, qui ne résolvent rien, conjurant le reste provisoirement, que ce soit les déstabilisations liées aux piètres prestations publiques, les maladresses, l’absence de programme et le fait que les verts n’ait pas de réels candidats. Si ce n’est l’ancienne juge d’instruction, Eva Joly, et à côté d’elle, l’ancien présentateur d’Ushuaïa, Nicolas Hulot. Mais les militants n’aiment ni Eva Joly, ni Nicolas Hulot. L’une parce qu’elle n’est pas environnementaliste, et qu’elle s’est ralliée à eux par opportunisme, donnant l’impression de réciter une leçon apprise par coeur. L’autre parce qu’il n’est ni de gauche, ni vert, que c’est un ancien présentateur, qui a gagné beaucoup d’argent à la télévision, et qui n’a jamais milité pour la régularisation des sans-papiers, chère à Dominique Voynet, et le mariage homosexuel, cher à Noël Mamère.

Les verts sont ainsi empêtrés dans leurs contradictions idéologiques, leur absence de prépondérance et leurs querelles intestines. D’ailleurs, au travers de leurs précédentes candidatures aux présidentielles, les candidats verts ne sont jamais parvenus à passer la barre fatidique des 5 %, que ce soit en 2002 et 2007. Le phénomène Europe Ecologie-les verts semble bel et bien enterré avec son défunt dirigeant, assassiné ou plutôt suicidé à La Rochelle. Le mouton à cinq pattes n’existe pas. Ou plutôt si, il s’appelait Daniel Cohn-Bendit…

                                                                                                                                                                         J. D.

6 juin, 2011

Le G8 de Deauville ou le déclin de l’occident

Classé dans : Diplomatie,Economie,Monde,Politique — llanterne @ 14:18

Le G8 de Deauville ou le déclin de l'occident dans Diplomatie latern

C’était récemment la réunion du G8, à Deauville, rassemblant les chefs d’Etats et de gouvernements des Etats-Unis, de la Russie, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de l’Italie, du Canada -de la France accueillant le sommet-, et du Japon, les 26 et 27 mai. Une réunion - symbole de la démesure contemporaine, avec un déploiement de 16 000 policiers, mais aussi des experts par milliers, des communicants par milliers, des manifestants par milliers… Et le bilan de ce sommet a été présenté comme positif, ayant été abordés la question du nucléaire, du printemps arabe, du FMI, de la croissance et d’internet…

affiches dans Economie

En 1975, Valéry Giscard d’Estaing expliquait qu’il avait eu l’idée de petites rencontres informelles au coin du feu… C’était alors le premier G5, réunissant les Etats-Unis, la RFA, le Royaume-Uni, le Japon et la France, en réponse au premier choc pétrolier. Mais c’était aussi la nostalgie de l’équilibre européen du XIXe, qui se cachait derrière cette fausse simplicité, dont Giscard avait voulu faire sa marque de fabrique. Le contexte de la guerre froide entrait également en ligne de compte, sans oublier ce fantasme de directoire mondial, cher à la France, habitée par la hantise du déclassement, depuis la défaite de 1940. A savoir, toujours cette volonté hexagonale de rester une grande puissance, au moins par le verbe, mais qui a indéniablement son importance symbolique… Bien qu’ayant perdu son caractère informel et discret, des débuts, le G8 (pour « Groupe des huit ») en est devenu ce groupe de discussion et de partenariat économique réunissant les huit pays, parmi les plus puissants du monde (rassemblant dans les années 90, près de 60 % de la richesse mondiale)… Et les dirigeants du G8 se réunissent annuellement, lors d’un sommet regroupant les chefs d’Etats ou de gouvernements, ainsi que les présidents de la Commission et du conseil européens, et des représentants d’autres pays ou unions internationales…

Mais dans la seconde moitié des années 90, avec l’émergence de la Chine et de l’Inde, les pays émergents sont devenus les concurrents redoutables de nos pays, par le rythme effréné des déménagements d’usines et délocalisations…. Dans le monde en 2007, le G8 rassemblait 13,1 % de la population mondiale et produisait environ 58 % du PIB mondial, contre environ 40 % en 2011. Au XXIe siècle, plusieurs membres du G8 plaident pour un élargissement du groupe, pour inclure les « cinq », c’est-à-dire les principaux pays émergents : Chine, Inde, Brésil… Invités jusqu’ici, au cas par cas, ils seront désormais associés aux grands débats du G8 sur les thèmes cruciaux comme le climat. Le G8 est ainsi devenu le G13, puis le G20 pour faire plaisir, et inclure les amis de l’Amérique (Arabie saoudite, Turquie…). A savoir un vaste forum bavard et vain, où émergent et s’affrontent les intérêts nationaux. Les occidentaux sont rapidement déclassés, désignés comme responsables de cette crise financière, ayant fait exploser l’économie mondiale, mais aussi de bien d’autres maux : pollution, réchauffement climatique, etc… Et ils sont également devenus des débiteurs impécunieux et arrogants, qui ont le culot de faire la leçon de morale, à leurs créanciers chinois ou arabes.

Les occidentaux ont ainsi préféré retourner dans le giron du G8, on le comprend aisèment. Mais avec un Barack Obama, père prodigue, qui n’aime ni le G8, ni Sarkozy. Le président américain a d’ailleurs rechigné à se déplacer, n’annonçant sa venue qu’au dernier moment. Il laisse finalement les Français et les Anglais intervenir en Lybie. Il a insisté auprès de Merkel, pour sauver l’euro, l’an dernier et contraindre les Allemands à mettre la main au porte-monnaie. Mais il ne supporte pas que l’on remette en cause, la gestion irresponsable du dollar… A l’occasion de ce sommet, les pays du G8 se sont ainsi engagés, à plus de coopération sur le nucléaire et à l’adoption de normes de sécurité plus strictes, le drame de Fukushima étant dans les esprits. Le dossier de la nomination de Christine Lagarde, n’a pas été avancé, juste abordé, Nicolas Sarkozy ayant précisé que le G8 n’était pas le « directoire du monde ». A l’aune des révolutions arabes, un partenariat a également été proposé, via un renforcement de la coopération économique sur le long terme. Mais n’ont pas été abordés les questions qui fâchent, notamment d’ordre monétaire.

En 1975, Giscard demandait déjà à Ford, une gestion monétaire plus responsable. Mais en 2011, les Américains continuent à inonder la planète de leur monnaie, sans se soucier des conséquences. Et depuis trente-six ans, sur fond de déclassement des puissances occidentales, l’histoire de ces grands sommets internationaux n’est qu’un éternel recommencement… 

                                                                                                                                                                                   J. D.

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