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6 juin, 2011

Le G8 de Deauville ou le déclin de l’occident

Classé dans : Diplomatie,Economie,Monde,Politique — llanterne @ 14:18

Le G8 de Deauville ou le déclin de l'occident dans Diplomatie latern

C’était récemment la réunion du G8, à Deauville, rassemblant les chefs d’Etats et de gouvernements des Etats-Unis, de la Russie, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de l’Italie, du Canada -de la France accueillant le sommet-, et du Japon, les 26 et 27 mai. Une réunion - symbole de la démesure contemporaine, avec un déploiement de 16 000 policiers, mais aussi des experts par milliers, des communicants par milliers, des manifestants par milliers… Et le bilan de ce sommet a été présenté comme positif, ayant été abordés la question du nucléaire, du printemps arabe, du FMI, de la croissance et d’internet…

affiches dans Economie

En 1975, Valéry Giscard d’Estaing expliquait qu’il avait eu l’idée de petites rencontres informelles au coin du feu… C’était alors le premier G5, réunissant les Etats-Unis, la RFA, le Royaume-Uni, le Japon et la France, en réponse au premier choc pétrolier. Mais c’était aussi la nostalgie de l’équilibre européen du XIXe, qui se cachait derrière cette fausse simplicité, dont Giscard avait voulu faire sa marque de fabrique. Le contexte de la guerre froide entrait également en ligne de compte, sans oublier ce fantasme de directoire mondial, cher à la France, habitée par la hantise du déclassement, depuis la défaite de 1940. A savoir, toujours cette volonté hexagonale de rester une grande puissance, au moins par le verbe, mais qui a indéniablement son importance symbolique… Bien qu’ayant perdu son caractère informel et discret, des débuts, le G8 (pour « Groupe des huit ») en est devenu ce groupe de discussion et de partenariat économique réunissant les huit pays, parmi les plus puissants du monde (rassemblant dans les années 90, près de 60 % de la richesse mondiale)… Et les dirigeants du G8 se réunissent annuellement, lors d’un sommet regroupant les chefs d’Etats ou de gouvernements, ainsi que les présidents de la Commission et du conseil européens, et des représentants d’autres pays ou unions internationales…

Mais dans la seconde moitié des années 90, avec l’émergence de la Chine et de l’Inde, les pays émergents sont devenus les concurrents redoutables de nos pays, par le rythme effréné des déménagements d’usines et délocalisations…. Dans le monde en 2007, le G8 rassemblait 13,1 % de la population mondiale et produisait environ 58 % du PIB mondial, contre environ 40 % en 2011. Au XXIe siècle, plusieurs membres du G8 plaident pour un élargissement du groupe, pour inclure les « cinq », c’est-à-dire les principaux pays émergents : Chine, Inde, Brésil… Invités jusqu’ici, au cas par cas, ils seront désormais associés aux grands débats du G8 sur les thèmes cruciaux comme le climat. Le G8 est ainsi devenu le G13, puis le G20 pour faire plaisir, et inclure les amis de l’Amérique (Arabie saoudite, Turquie…). A savoir un vaste forum bavard et vain, où émergent et s’affrontent les intérêts nationaux. Les occidentaux sont rapidement déclassés, désignés comme responsables de cette crise financière, ayant fait exploser l’économie mondiale, mais aussi de bien d’autres maux : pollution, réchauffement climatique, etc… Et ils sont également devenus des débiteurs impécunieux et arrogants, qui ont le culot de faire la leçon de morale, à leurs créanciers chinois ou arabes.

Les occidentaux ont ainsi préféré retourner dans le giron du G8, on le comprend aisèment. Mais avec un Barack Obama, père prodigue, qui n’aime ni le G8, ni Sarkozy. Le président américain a d’ailleurs rechigné à se déplacer, n’annonçant sa venue qu’au dernier moment. Il laisse finalement les Français et les Anglais intervenir en Lybie. Il a insisté auprès de Merkel, pour sauver l’euro, l’an dernier et contraindre les Allemands à mettre la main au porte-monnaie. Mais il ne supporte pas que l’on remette en cause, la gestion irresponsable du dollar… A l’occasion de ce sommet, les pays du G8 se sont ainsi engagés, à plus de coopération sur le nucléaire et à l’adoption de normes de sécurité plus strictes, le drame de Fukushima étant dans les esprits. Le dossier de la nomination de Christine Lagarde, n’a pas été avancé, juste abordé, Nicolas Sarkozy ayant précisé que le G8 n’était pas le « directoire du monde ». A l’aune des révolutions arabes, un partenariat a également été proposé, via un renforcement de la coopération économique sur le long terme. Mais n’ont pas été abordés les questions qui fâchent, notamment d’ordre monétaire.

En 1975, Giscard demandait déjà à Ford, une gestion monétaire plus responsable. Mais en 2011, les Américains continuent à inonder la planète de leur monnaie, sans se soucier des conséquences. Et depuis trente-six ans, sur fond de déclassement des puissances occidentales, l’histoire de ces grands sommets internationaux n’est qu’un éternel recommencement… 

                                                                                                                                                                                   J. D.

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