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1 juillet, 2011

La semaine de Madame Aubry

Classé dans : Politique — llanterne @ 20:34

La semaine de Madame Aubry dans Politique latern

C’est désormais une certitude, Martine Aubry se lancera dans la course à la primaire au PS. Elle a donné le vrai coup de départ de la campagne, à Lille. C’est ainsi la semaine de Martine, candidate, fille de Jacques Delors et catholique de gauche, dans sa bonne ville de Lille… Mais que Martine Aubry en profite, car elle n’est pas seule en lice, et « le coup d’encensoir médiatique » ne perdurera pas.

En effet, dans un premier temps, Martine Aubry n’est pas une véritable créature médiatico-politique, à l’opposé de sa grande rivale, Ségolène Royal, candidate en 2007. C’est une femme politique, froide, distante avec les journalistes, mais aussi avec les militants. Elle n’est pas affublée du redoutable sens de l’humour et du côté pince-sans-rire, d’un François Hollande (en tout cas, en public), mais elle a par contre la réputation d’avoir la dent dure. En 1993, elle exécute l’ensemble des dirigeants socialistes dans la presse, les traitant de « lâches » pour les garçons et d’« oies blanches » pour les filles, n’en épargnant aucun, de Fabius à Hollande, en passant par Mauroy et Bérégovoy, seul le regretté Jean Poperen échappant au massacre.

Dans l’ouvrage « La Dame des 35 heures », nombre des penchants et revers de Mme Aubry étaient dévoilés, de ses relations avec André Mauroy et une partie du patronat, à son élection à la mairie de Lille, en passant par sa spectaculaire ascension au sein du parti, ses inimitiés en interne et son bilan mitigé au gouvernement. Par ailleurs, sur le plan de son image, il est vrai qu’elle semble ne pas avoir quitté tout à fait l’administration des affaires sociales, où elle fit aussi ses premières armes. Elle a élagué une partie de son vocabulaire médiatique, mais l’idée, le style sont restés. Martine Aubry est une femme moderne des années 70, issue de la deuxième gauche rocardienne, qui avait fait sienne toutes ses idées qui paraissaient si neuves de l’élite technocratique de la gauche des années 70, de l’Europe à la décentralisation / contractualisation, en passant par la politique intérieure, mais qui ont perdu de leur éclat, restant le corset idéologique.

Mais Martine Aubry est surtout et avant tout, associée dans l’imagerie populaire, à la réduction du temps de travail, aux 35 heures. Ce que lui reproche la droite, au nom de la compétitivité des entreprises, mais aussi et surtout les classes populaires, qui se voient empêchés de mettre du beurre dans leurs épinards, par l’impossibilité d’effectuer des heures supplémentaires. Et ce qui est pourtant injuste, car Martine Aubry n’avait fait qu’appliquer « une mirobolante idée de campagne de DSK », à laquelle elle était au début opposée. Il fut un temps où elle était l’idôle du patronat, proche d’Alain Minc -ce qui est toujours le cas-, partisane de la mondialisation heureuse gagnante-gagnante, et du traitement social du chômage. Et c’est d’ailleurs le salariat et la dette, qui ont payé le coût mirifique de ces chers 35 heures, et non le patronat.

Mais finalement, rien ne la sépare fondamentalement de François Hollande, son grand adversaire de la primaire… Pour conclure sur cette tirade zemmourienne, il est vrai, « en politique, l’inimitié, voire la haine, est souvent un moteur décisif. Elle vous pousse en avant, vous stimule, vous motive, mais vous pousse à la faute et vous aveugle aussi parfois… ».

                                                                                                                                                                           J. D.

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