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26 mars, 2012

L’inconnue de l’équation électorale : l’abstention

Classé dans : Politique — llanterne @ 2:58

L'inconnue de l'équation électorale : l'abstention dans Politique latern

Nous connaissons donc, depuis lundi dernier, la liste des dix candidats au 1er tour de l’élection présidentielle 2012. Le record de 2002 - à savoir douze candidats potentiels -, ne sera ainsi pas battu. C’est « l’étirage traditionnel, rituel, incompressible », d’une élection présidentielle, selon toute vraisemblance, tel le diagnostiquait Laurent Parizot, au micro de RTL. Nous sommes ainsi loin, historiquement parlant, des cinq candidats de la première présidentielle de 1965, mais aussi loin du nombre des candidatures potentielles affichées, à l’aune de ce scrutin national, réduit comme une peau de chagrin par les retraits plus ou moins volontaires, à l’image de ceux de Jean-Louis Borloo, suivi d’Hervé Morin, auxquels s’ajoutent ceux guillotinés par le couperet des cinq cent parrainages. Enfin, ceux également qui n’y sont pas parvenus, en dépit de certains efforts, à l’image de Corine Lepage, ou ceux qui ont tout fait, en réalité, pour ne pas les obtenir - s’étant positionnés plus pour la forme - comme Dominique de Villepin.

Mais si l’on en croit les sondages, il semblerait que les électeurs divisent cette liste, en deux parties égales, à savoir les vrais candidats – potentiellement « sérieux », à leurs yeux du moins -, et les autres. Sarkozy, Hollande, Bayrou, Le Pen et Mélenchon, ça, c’est le premier cinq majeur, les cartes, jouant vraiment dans la partie (cinq comme en 1965). « Les autres semblent devoir faire banquet », selon la formule d’Eric Zemmour, sur le sujet. La plupart, il est vrai, ne dépasserait vraisemblablement pas les 1 % d’intentions de vote. Eva Joly descend vers ce score. Et à tombeau ouvert. Pour l’instant, Dupont-Aignan ne parvient pas également, à arracher la moindre petite voix souverainiste, aux candidats Le Pen ou Sarkozy. A gauche, les voix trotskystes – une vieille tradition française -, ainsi qu’écologistes, sont aspirées, asséchées même par le candidat socialiste et le héros plébéien des communistes, comme à la grande époque de l’Union de la gauche, et du fameux congrès d’Epinay (1972). Mais alors, cela signifierait que la gauche serait majoritaire en voix, de ce point de vue. Seules ses divisions et ses mauvais reports avaient retardé son inéluctable avènement, tout au long des années 1970. Cependant il est vrai, la composition de l’échiquier politique n’est plus la même, la situation s’étant aussi inversée. La droite et le centre-droit, comme disait Giscard jadis, sont largement majoritaires. La gauche plafonne à 42 % des suffrages au 1er tour.

Mais les divisions des droites, associées à un rejet personnel du candidat Sarkozy, risqueraient de lui apporter une victoire inespérée. Enfin, il s’agit là d’une lecture potentielle des choses. Si l’on en croit toujours les sondages, il y aurait ainsi les deux principaux candidats. Et puis il y aurait les autres. Cependant, contrairement à l’élection de 2007, où Ségolène Royal fit fuir de nombreux électeurs de gauche par une mauvaise campagne, desservie par le manque de charisme de la candidate, le candidat Bayrou ne parvient toujours pas à s’arracher au niveau traditionnel de ses grands prédécesseurs centristes – Raymond Barre ou Jean Lecanuet – qui eux également, tournaient au mieux autour des 15 % de voix. Si l’on croit les éternels sondages, Sarkozy retrouverait seulement le niveau des suffrages, au 1er tour, d’un Giscard en 1981. Ce qui serait, en effet, plutôt un mauvais présage. Cependant, il est vrai qu’il convient d’ajouter, pour être précis dans l’analyse, qu’à l’époque, il n’y avait pas qu’un, mais deux partis de droite, l’UDF et le RPR.

Le RPR défendait alors une position, ou du moins une ligne souverainiste et anti-européenne – opposée à l’élargissement du marché commun -, qui tournait entre 16 et 20 % des voix, selon les échéances électorales, comme Marine Le Pen aujourd’hui. Qui aurait ainsi ressuscité, une sorte de « parti bonapartiste » à la sauce boulangisto-poujadiste, dans la vie politique française. Mais reste une dernière composante essentielle, déterminante, la seule qui compte d’ailleurs, la participation… En 2007, elle fut impressionnante, à plus de 80 % , Nicolas Sarkozy étant parvenu – son principal et même unique succès, à la faveur de cette élection -, à remobiliser les électeurs, par un regain d’intérêt porté à la vie politique, habilement orchestré par les va-et-vient entre la place Beauvau et Bercy. Une campagne électorale tonitruante, aux accents dits populistes (le thème de l’identité nationale, le fameux « travailler plus pour gagner plus »), servi par la plume du talentueux Guaino, comme l’avait entrepris Chirac en son temps, à la fin des années 70, avec la création du RPR (dans des discours alors écrits, par le jeune énarque Juppé). L’électorat renouait avec la mobilisation aux grands référendums gaulliens. Mais cette fois, si l’on en croit toujours les sondages – restant parfois tout de même, le reflet d’une certaine réalité -, elle devrait être beaucoup plus basse, selon toute vraisemblance, autour de 70 %.

Or, depuis dix ans, à chaque élection locale, une faible participation aura toujours profité à la gauche socialiste (parfois dans certaines circonscriptions, à l’extrême-droite). A chaque fois, c’est l’électorat populaire qui ne s’est pas déplacé, ou moins – en particulier les moins de trente ans, les chômeurs -, exception faite de certaines franges de la population (notamment les fonctionnaires, et les personnes âgées). Les dernières fois, où il s’est vraiment dérangé, c’était lors du non au référendum sur l’Europe en 2005, et de la victoire de Sarkozy, en 2007. Et sa présence massive pourrait, seule, modifier le destin de cette élection…

                                                                                                     J. D.

                                                                                                                                                                          

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