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8 avril, 2013

Quand le Qatar joue au Monopoly

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 19:20

Après avoir acheté quelques-unes de nos belles entreprises, un certain nombre de nos plus grands hôtels, le Paris-Saint-Germain et investi dans nos banlieues dites « difficiles », nos « amis Qataris » viennent d’acheter le grand magasin du Printemps, symbole même de nos célèbres enseignes des Grands boulevards parisiens. Certains diront que cette nouvelle acquisition prouve que l’attractivité de la France pour ces nouveaux riches du Golfe reste toujours entière. D’autres penseront (sans le dire, tout haut), que ça commence à faire beaucoup en s’étonnant que les pouvoirs publics laissent ces capitaux qui financent aussi de par le monde l’islamisme le plus radical (notamment au Mali où nous lui faisons la guerre et en Syrie où nous lui apportons notre aide !) inonder la France.

Fort de ses milliards de pétrodollars, ce pays grand comme la Corse n’en finit plus de faire parler de lui par ses investissements à l’étranger, notamment en France, comme dans une vaste partie de Monopoly. Seulement ce petit Etat du golfe n’est pas seulement une monarchie qui ne sait plus quoi faire des dollars que lui rapporte son gaz. C’est aussi une dictature sunnite qui, comme son grand voisin l’Arabie saoudite, tente de faire oublier son régime en se lançant dans une surenchère contre son ennemi traditionnel, l’Iran des ayatollahs. Pour tous ces potentats musulmans qui boivent de l’alcool, font la nouba sur la Côte d’Azur et envoient leurs enfants dans les meilleures universités américaines, financer les émules de Ben Laden leur donne bonne conscience et surtout leur permet d’espérer qu’ils n’auront pas à connaître, à leur tour, le sort du Chah, de Ben Ali, de Moubarak ou de Kadhafi. Cette petite péninsule, dont les cheikhs locaux sont devenus les suffragants de l’empire britannique, au début du XXe siècle - jusqu’à ce que dans les années 60, les Britanniques s’en aillent -, est un morceau indépendant de l’Arabie saoudite.

Financièrement tout à fait prospère, le dynamisme du Qatar, le fait qu’il n’a pas les problèmes sociaux de l’Arabie saoudite, font que les Qataris sont capables d’avancer, tandis que les Saoudiens font du surplace. De culture britannique, les Qataris sont cependant wahabites - comme les Saoudiens, de culture très proche -, et ils réfléchissent à comment ils vont mettre en échec la rencontre diplomatique de l’Egypte et de l’Arabie saoudite, dans le monde arabe sunnite. La clef politique du Qatar se révèle ainsi être son alliance avec les Frères musulmans égyptiens. Depuis le début des Printemps arabes, en Tunisie, Egypte, Lybie, Syrie, jusqu’au Mali, partout le Qatar finance et arme si nécessaire islamistes, salafistes dans leur combat contre les dictatures laïques pour imposer la Charia. Le Qatar veut y remplacer l’Arabie saoudite comme parrain d’une bourgeoisie islamiste mais en plus moderne, ouverte au business. Aussi, sachant que ses réserves de gaz ne sont pas inépuisables, le Qatar investit en Occident pour sécuriser son avenir. Ayant besoin d’un partenaire occidental qui n’est pas aligné sur les Etats-Unis, ce seul allié, c’est la France.

Ainsi, après avoir racheté le PSG, des palaces, des immeubles innombrables et des pans entiers de l’industrie française, le Qatar annonçait récemment avec fracas sa décision d’investir encore au moins dix milliards d’euros en France. Pendant la campagne présidentielle, les amis de François Hollande n’avaient pourtant pas eu de mots assez durs à l’égard de la passion de Nicolas Sarkozy pour le Qatar. Celle-ci se révèle contagieuse. On sait qu’Arnaud Montebourg, notre ineffable ministre du Redressement productif, vient d’annoncer que, pour faire face à sa déconfiture, l’Etat allait vendre plusieurs de ses participations dans certaines grandes entreprises. Les spécialistes évoquent EDF, Areva, Aéroport de Paris, Francetélécom, Air France, GDG-Suez, Renault. On imagine volontiers que « nos amis » Qataris vont se faire à la fois un plaisir et un devoir de se porter acquéreurs de ce que les experts appelaient autrefois nos « bijoux de famille ».

Mais pour paraphraser Thierry Desjardins, quiconque oserait seulement soulever ce problème serait immédiatement condamné, pour islamophobie, à quelques centaines de coups de fouet sur la place publique.

                                                                                                                                                                                                J. D.

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