La Lanterne (politique, sujets de société)

26 mars, 2013

Sale dimanche pour le pouvoir !

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 16:02

Sale dimanche pour le pouvoir, avant-hier. La manifestation contre le mariage homosexuel a été un énorme succès. Comme l’observe le journaliste Thierry Desjardins, il suffit de voir les photos de la foule pour comprendre que le chiffre avancé par la préfecture de police de 350.000 manifestants est minimisé, comme à l’accoutumée. Même si le million et demi revendiqué par les organisateurs est, sans doute, un peu excessif. Mais, et c’est en cela que la journée a été importante, il ne s’agissait plus d’un baroud d’honneur pour une cause perdue. Dès le début de la manifestation, on a entendu des slogans qui dépassaient de beaucoup le débat sur « le mariage pour tous ».

Personne ne pouvait prévoir un tel raz-de-marée, alors que le texte incriminé a déjà été approuvé par l’Assemblée Nationale et va l’être sans problème par le Sénat. D’innombrables marcheurs hurlaient : « Le chômage avant le mariage » et le mot d’ordre était repris sur un grand nombre de banderoles. Ce n’étaient plus seulement les défenseurs de la famille traditionnelle qui défilaient. Ils avaient été rejoints par les « Français de base » affolés par la situation et excédés par les atermoiements et l’incapacité de François Hollande à faire face à la crise qui s’aggrave de jour en jour. Le président de la République s’était imaginé, très naïvement, qu’en jouant avec des réformes dites « sociétales » il ferait oublier au « peuple » le chômage, la dégringolade du pouvoir d’achat des classes moyennes et la misère qui frappe de plus en plus les « défavorisés ». Il s’est trompé.

En espérant calmer la gauche de sa gauche et en voulant plaire aux « bobos » homosexuels parisiens, il a simplement allumé une mèche qui pourrait faire sauter tout le baril des mécontentements. Le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, a sans doute été l’un des rares à comprendre les risques politiques de cette démonstration de masse. Il a donc cru devoir donner aux forces de l’ordre des instructions pour réprimer énergiquement tout débordement. Une évidente maladresse qui va permettre ce matin à la presse mondiale de publier des photos d’« insurrection sur les Champs Elysées ». Bien mauvaises images pour Hollande qui guerroie au Mali, envoie des troupes en Centrafrique et fait donner les CRS au cœur même de sa capitale, pour citer M. Desjardins. Finalement, ce type n’est pas si « normal » que cela. Mais la plus mauvaise nouvelle est sans doute venue de Beauvais avec les résultats du second tour de l’élection législative partielle de la 2ème circonscription de l’Oise.

Après avoir éliminé le PS - et sa candidate Sylvie Houssin -, au 1er tour, le Front National a créé la surprise, en s’inclinant certes, mais en plaçant sa candidate - Florence Italiani -, à 800 voix, à peine, du député UMP sortant - Jean-François Mancel -, qui lui est réélu avec 51,41 % des voix. On dira que Mancel est usé jusqu’à la corde, qu’il a eu des démêlés avec la justice, qu’il a peut-être eu à souffrir de la crise de l’UMP, sans parler de l’abstention massive. Mais au 2ème tour des législatives de l’année dernière, dans une triangulaire, Florence Italiani n’avait obtenu que 22,18 % des voix, et avec une participation électorale assez faible. Et on peut ajouter qu’en 2007, Anne Fouet, la candidate du FN d’alors, n’avait recueilli que 8,21 % des suffrages, dans des conditions similaires. C’est sans doute la défaite, a confié Marine Le Pen, dont elle est le plus fière. C’est la défaite en chantant. Plutôt que de transformer une candidate inconnue, en un député inutile, Marine Le Pen a gagné beaucoup mieux. Elle fait de nouveau peur. La gauche voit le retour du spectre de Lionel Jospin et de son absence au second tour de la présidentielle, le 21 avril 2002. L’UMP est concurrencé dans son rôle envié, de 1er opposant.

Certes, une législative partielle n’est pas une présidentielle. Et l’Oise n’est pas la France. Mais comme l’analyse Eric Zemmour, « elle donne un climat, une tendance ». Elle vient après les élections en Italie, qui ont vu la victoire de l’ex-humoriste Beppe Grillo, dirigeant du nouveau courant politique « Mouvement 5 étoiles », autour de thèses anti-élites, anti-euro, anti-Allemagne et anti-mondialisation. Les médias unanimes se bouchent le nez, en dénonçant la montée du populisme. Mais dans populiste, il y a peuple. A cet effet, les experts analysent toujours cette montée du populisme, comme la conséquence mécanique du vieillissement des populations et par conséquent, des peurs conservatrices générées par un monde nouveau. C’est en réalité, l’inverse, ce sont les retraités en votant pour les deux grands partis, qui font encore tenir debout le traditionnel clivage droite / gauche. Mais les retraités ne sont plus désormais épargnés par la rigueur de la gauche.

Ainsi, cette partielle de l’Oise confirme la présidentielle, mais aussi que les électeurs ne veulent plus des candidats du PS (on l’avait déjà vu lors des premières partielles de décembre dernier, quand la socialiste de la 6ème circonscription de l’Hérault avait été largement battue par un UMP et que la droite l’avait aussi facilement emporté dans les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne) et qu’ils hésitent de moins en moins à voter Front National.

                                                                                                                                                             J. D.

 

 

 

19 mars, 2013

Bruxelles et les budgets nationaux

Classé dans : Europe,Politique,sujets de societe — llanterne @ 20:20

Les dirigeants européens se sont réunis en sommet, mardi dernier, à Bruxelles. Ils devaient notamment entériner l’obligation qui va être faite désormais aux Etats, de soumettre leurs budgets nationaux à la Commission européenne, avant le vote des parlements. Mais que cela change-t-il ? Ne peut-on pas alors fermer la mêlée parlementaire du Palais Bourbon ? Les députés ne perdent-ils pas ainsi de leurs prérogatives initiales ? Les commissaires de Bruxelles, non élus, n’auront-ils pas déjà imposé leur diktat ? 

Les députés ne pourront plus que se soumettre ou se démettre. Le vote du budget, des impôts, des dépenses par les représentants du peuple, fut pourtant aux sources de la démocratie. C’est ainsi que les révolutions ont commencé en Angleterre et puis en France. Il y a vingt ans, Philippe Séguin avait prophétisé, lors du référendum sur Maastricht, en 1992 : « Ce sera la revanche sur 1789 ». L’élu d’Epinal - « la bête des Vosges », comme on le surnommait -, ne s’était pas trompé. L’autre grande arme économique des Etats, la monnaie, avait alors été confié à un cénacle de technocrates rassemblés dans une Banque Centrale Européenne, qui depuis lors, défend farouchement son indépendance. Avec les budgets sous contrôle de commissaires non élus, l’Europe ferme une parenthèse démocratique de plusieurs siècles. C’est ce que le philosophe allemand Habermas appelle « l’autocratie post-démocratique », en langage courant, la dictature des technocrates.

Chaque année, en votant la loi de finances, le Parlement donne à l’État l’autorisation de percevoir l’impôt. C’est un moment clé et l’un des temps forts de la démocratie représentative. En effet, dès qu’il est voté, l’impôt est obligatoire. Il est fondamental que l’ensemble des citoyens, par l’intermédiaire de leurs représentants, donnent leur consentement à l’impôt. C’est un acte solennel, un des temps forts de la vie parlementaire, qui se répète chaque automne et constitue un fondement de la démocratie. Le consentement à l’impôt est aux sources même du principe parlementaire. Historiquement, les premiers Parlements étaient convoqués par les souverains pour réunir les sommes nécessaires à l’État. C’était le cas en France avec la réunion des États Généraux. Reprenant l’héritage de l’Ancien Régime, la Révolution française a maintenu, développé et théorisé le rôle du Parlement dans la formation et le vote de l’impôt. Trois articles (13, 14 et 15) de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen en font un principe fondamental.

En France, les politiques bougonnent, mais ils sont piégés. La gauche est depuis un siècle, internationaliste, européenne, fédéraliste. Mais cette Europe fédérale se construit pour mettre en place une politique d’austérité, qui l’horripile. La droite française, depuis le général de Gaulle, est censée défendre l’indépendance de la France. Mais elle approuve cette rigueur, qu’un des siens, Sarkozy, avait accepté sans broncher. Quand les peuples votent, ils rejettent violemment la politique imposée par Bruxelles. L’Italien Mario Monti l’a rudement appris à ses dépens. Mais Bruxelles est sourde, sûre d’être dans le vrai, sûre de « sa réussite », comme dit le Portugais Manuelo Barroso, un mot parfaitement choisi par le président de la Commission. Suivant l’analyse zemmourienne, sept pays de la zone euro sont en récession, neuf sont en stagnation. Un seul pays est florissant, l’Allemagne, se donne fièrement en exemple, et inspire la politique imposée par Bruxelles, qui n’est en réalité, qu’un relais de l’actuelle hégémonie germanique.

Mais le « cocktail » berlinois de monnaie forte, de libre-échange et de rigueur répond aux besoins de l’Allemagne : sa démographie faible et son industrie puissante à forte valeur ajoutée. L’inverse exact de la France. Mais les peuples ne s’y trompent pas. Angela Merkel est souvent visée dans les manifestations à Athènes ou Madrid. En Italie, ceux qui criaient le plus fort contre l’Euro et l’Allemagne, ont gagné. Ce que Jean-Claude Barreau avait dénoncé dans « Le coup d’Etat invisible », le voici. Ce coup d’Etat invisible, Mitterrand l’a voulu. Chirac et Juppé en avaient rêvé. Delors, Jospin et Strauss-Kahn l’ont fait. Supprimer le dernier privilège du peuple français : les effets du suffrage universel. Les fanatiques de l’Europe ont gagné et ce qui était chimère devient réalité. Pendant que Bruxelles donne des directives sur le sperme de cochon, et contrôle maintenant le budget des Etats, le chômage explose chez nous. La France ne maîtrise plus son destin. Mais il paraît que c’est le progrès. La secte des gnomes européistes qui tient désormais tous les partis a réussi à dissoudre la nation et à effacer 1789. 

A Bruxelles, comme à Paris, on dénonce le populisme, on craint le retour des nationalismes. Mais les tensions montent. Il y a cinquante ans, l’Europe a été fondé au nom de la paix et de la démocratie. La démocratie ne subsiste que comme un décor. Reste la paix, quoi que cela reste à débattre, les conflits armés étant nombreux aux portes de l’Europe. Grand mal de l’humanité, la guerre est loin d’avoir disparue, en ce début de XXIe siècle. Certes les pays membres de l’UE, la France et l’Allemagne, la plupart du temps vieillissants, ne se font plus la guerre entre eux depuis soixante-dix ans (et ne se la feront plus). Mais pas grâce à l’UE, mais surtout par la paix armée américaine, par la dissuasion nucléaire, parmi d’autres facteurs divers et variés, qui sont complexes ici à présenter et méritant de longs développements. Alors reste peut-être la paix sociale ? Pour combien de temps ? 

                                                                                                         J. D.

18 mars, 2013

De l’usage de la démocratie en Suisse

Classé dans : Europe,Politique,sujets de societe — llanterne @ 19:57

Comme l’analysait le truculent Eric Zemmour, dans sa chronique matinale, qui me sert souvent de fil directeur, les patrons suisses « l’ont mauvaise », en ce moment. L’un des plus emblématiques, l’ancien patron du laboratoire pharmaceutique Novartis parlait même de s’exiler ! En effet, les Suisses ont décidé par référendum, de limiter les bonus et d’interdire les parachutes dorés. C’est une mesure très applaudie, côté français. Mais quelle est l’origine historico-parlementaire de cette procédure référendaire helvétique ?

Ainsi, la gauche française les cite en exemple, se proposant même de les imiter. Les petits Suisses sont loués par les grands médias français, pour avoir eu l’audace d’affronter les grands patrons. Les Suisses se souviennent, que les mêmes, il y a deux ans seulement, avaient déversé sur eux des tombereaux d’injures pour un autre référendum, une autre  « votation » comme ils disent, cette fois-ci sur les minarets en Suisse. Alors cette procédure était cruellement dénigrée, elle faisait le lit du populisme. Les Suisses les plus francophiles auront du mal à comprendre une telle inconstance hexagonale. Ce sont pourtant les mêmes électeurs et la même démocratie directe séculaire, qui sont ainsi glorifiés après avoir été traînés dans la boue. Le pays du secret bancaire, des montres de luxe, de Davos et des référendums interdisant les minarets est aussi celui qui implique le plus ses citoyens dans le processus de décision, loin de toute polarisation politique. La Suisse est une démocratie historique.

C’est ainsi qu’on dit tout d’un trait : la démocratie suisse, la démocratie française, la démocratie américaine, sans réfléchir qu’entre la première et la deuxième, entre la deuxième et la troisième, il y a plus que la hauteur des Alpes ou la largeur de l’Océan. La démocratie suisse, par exemple, est historique et traditionnelle ; la démocratie américaine s’est établie d’un coup dans un pays neuf ; la démocratie française, au contraire, est comme une jeune greffe plantée sur un vieil arbre monarchique. La démocratie helvétique s’est, dès l’origine, appliquée et n’a pas cessé de s’appliquer  à une confédération d’Etats ; la démocratie française, au contraire, vient se superposer, sur le tard, à un État unitaire et centralisé. La démocratie helvétique existe depuis toujours, depuis que la Suisse est née sur le plan politique, il y a six cents ans, lors du pacte fédéral de 1291, soit l’alliance des cantons suisses à l’époque dans une lutte contre l’influence des Habsbourg. La Suisse est une démocratie de par toute son histoire. Elle est, de naissance, une démocratie. Mais avant tout, une particularité de la démocratie suisse est que le peuple garde en permanence un contrôle sur ses élus, car la Suisse est une démocratie qui peut être qualifiée de semi-directe, dans le sens où elle a des éléments d’une démocratie représentative et d’une démocratie directe.

En effet, en Suisse, le corps électoral dispose de deux instruments qui lui permettent d’agir sur un acte décidé par l’État : il s’agit du référendum, qui peut être facultatif ou obligatoire, et de l’initiative populaire qui est le droit d’une fraction du corps électoral de déclencher une procédure permettant l’adoption, la révision, ou l’abrogation d’une disposition constitutionnelle. Cette fois-ci, en plafonnant les salaires des grands patrons, les Suisses veulent lutter contre cet accroissement inouï des inégalités, qui sape depuis vingt ans la cohésion de toutes les sociétés occidentales, et pousse les classes moyennes à s’endetter, pour suivre, pour ne pas déchoir, habitées par la suprême hantise du déclassement social. Les Suisses essayent de préserver, vaille que vaille, une cohésion, une sociabilité, un mode de vie, une culture, un héritage. C’est le même idéal de mesures des classes moyennes, qui les animent, et s’incarnait naguère dans la notion de République, en Suisse, mais aussi en France.

Mais la gauche française a des œillères, condamnant l’insécurité sociale de ces classes moyennes et populaires - par le discours et non dans les actes -, mais refusant de considérer les autres formes d’insécurités qui hantent les mêmes. Il est vrai, que souvent la droite française a les mêmes œillères, mais mises à l’envers. A tous, les Suisses montrent que l’on peut être petit, seul, mais courageux et cohérent.

                                                                                                                                                                                                      J. D.

17 février, 2013

L’affaire des lasagnes

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 18:12

 A la « une » de l’actualité, les lasagnes ont remplacé la Syrie, Depardieu, le Mali, le mariage homosexuel et le pape. Le public se lasse vite de tout et ne s’appesantit plus sur rien. En début de semaine, ce fut ainsi la mobilisation générale autour de cette affaire de « lasagnes au bœuf » faites avec… du cheval, ce qui, il est vrai, a tout de même de quoi surprendre. La France a placé sa filière viande, mais aussi poisson sous surveillance. L’Europe réunit les ministres concernés. Décidemment, on vit une époque formidable.

Il est vrai, autrefois, tout était simple, comme l’observe le journaliste au Figaro, Thierry Desjardins. On allait chez son boucher, au coin de la rue, qui connaissait un éleveur du Charolais et on mangeait une délicieuse côte de bœuf, qui n’était ni du cheval, ni du dromadaire. Aujourd’hui - et c’est, parait-il, le progrès -, on va dans un supermarché, on achète un plat dit « cuisiné » et on ingurgite n’importe quoi, c’est-à-dire l’Europe telle qu’ils nous l’ont fagotée. Findus, à force de vendre des poissons carrés, sans tête, ni arrêtes, ceux-là ont fini par confondre les chevaux et les bœufs. Les Anglais ont découvert l’embrouille. C’est normal, ils avaient retrouvé le goût de la vache folle. « On est ce que l’on mange », disait Rousseau. On comprend mieux, ce que la mondialisation a fait de nous. Aujourd’hui, si l’on a bien compris, la viande des lasagnes partait de Roumanie, passait par un intermédiaire luxembourgeois qui avait une boîte postale en Belgique, mais dont le siège était à Chypre et les actionnaires aux Iles Vierges, puis se retrouvait dans une entreprise de Castelnaudary, puis à Metz, puis de nouveau au Luxembourg avant de faire un détour par la Scandinavie et d’arriver dans nos assiettes un peu partout à travers l’Europe. Entre temps, bien-sûr, la viande qui était du cheval était devenue du bœuf.

Mais ces lasagnes roumano-hollando-luxembourgeo-franco-chypriotes, ne sont que la pointe émergée de l’iceberg. Ceci est valable, pour tout ce que nous achetons, nous consommons, tel un exemple caricatural de cette Europe qui devait nous apporter joie, prospérité et sécurité. On nous parle des avantages du marché européen. Mais ce n’est pas un marché, c’est une foire, pour ne pas dire un « bordel » sans nom. C’est le règne du pas cher, qui rapporte beaucoup à quelques-uns… Autrefois, c’était « du producteur au consommateur ». Aujourd’hui, le consommateur est devenu un intermédiaire, pas vraiment indispensable. Toutes les marinières bleu-blanc-rouge n’empêcheront pas les produits « Made in France » de venir de partout et de nulle part… Le scandale alimentaire des lasagnes au cheval est aussi celui de notre société de consommation, qui fait qu’aujourd’hui les producteurs et les consommateurs n’ont plus aucun rôle à jouer dans l’affaire. Les maîtres du marché sont les intermédiaires, les grossistes, les financiers, les banquiers qui jouent au bonneteau avec tout et n’importe quoi. Cette « financiarisation » de tout et même des produits agricoles, qui a, évidemment, tout faussé, tout déréglé, les prix comme la qualité.

Alors, quant on parle de protectionnisme, de relocalisation, on nous rie au nez. Mais ne vous inquiétez pas, les contrôles seront renforcés, il suffit d’y croire. Comme le capitalisme a été moralisé, la finance régulée, le chômage enrayé… Déjà, les commissaires européens se sont réunis. Le communiqué officiel ne tardera pas. On est rassuré. Mais toutefois, dixit T. Desjardins, ce n’est pas en mettant au chômage les 300 salariés de Spanghero qu’on règlera le problème. Mais en ayant le courage de remettre en cause l’Europe telle qu’ils nous l’ont fagotée et tout le système de distribution de l’économie française.

                                                                                                                                                                                                             J. D.

5 février, 2013

« Z comme Zemmour » – Cette guerre-éclair au Mali

Classé dans : Diplomatie,Monde,Politique — llanterne @ 21:45

Dans sa chronique matinale sur RTL, Eric Zemmour revenait sur cette guerre-éclair au Mali. Trois semaines après le début de l’opération Serval, le gouvernement français estime que l’intervention a « réussi ». Bamako est sauvée et les grandes villes du Nord sont reprises les unes après les autres, l’ennemi ayant détalé de lui-même sans livrer le moindre combat. Et une nouvelle phase s’ouvre avec la recherche de Djihadistes ayant opéré un repli tactique dans les zones désertiques.

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30 janvier, 2013

Ce référendum anglais

Classé dans : Europe,Politique,sujets de societe — llanterne @ 19:51

 Accusé de faire chanter l’Europe, David Cameron passe un mauvais quart d’heure, de Bruxelles à Berlin, en passant par Paris et même Washington et Pékin. Les élites européennes et britanniques désapprouvent aussi, son prédécesseur, Tony Blair, le condamnant également, ainsi et surtout que les marchés, les bourses, les banquiers et les milieux d’affaires aussi. Le Premier ministre de Sa Gracieuse Majesté a exigé un référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Est-ce du populisme, de sa part ? Quelles sont les réelles motivations de ce référendum ? Quel pourrait en être le résultat ? Quelles en seront les conséquences ?

On dira que, malgré le tunnel sous la Manche, la Grande-Bretagne est encore une île, qu’elle regarde toujours davantage vers les Etats-Unis que vers le vieux continent, qu’elle est entrée à reculons dans l’Union et qu’elle n’a jamais voulu adopter l’euro. Mais cela dit, les Anglais ont de la chance. Cela fait bien longtemps qu’on ne nous a plus demandé, à nous autres, ce que nous pensions de cette Europe qu’on nous avait présentée jadis comme une aimable confédération d’Etats-Nations. Il parait que Cameron pousserait l’incongruité, jusqu’à se soumettre à la volonté du peuple britannique. Pourtant, Sarkozy lui avait donné le bon exemple, le ton. A l’issue du référendum de 2005 sur l’Europe et du non français (de Gaulle avait démissionné pour si peu en 1969, mais pas Chirac), il a fait revoté en catimini, cette fois-ci par le parlement, jusqu’à ce qu’un oui s’en suive. Sarkozy n’avait ainsi pas voulu tenir compte de ce non et il ne l’emportera pas au paradis. Mais ils savent mieux que nous ce que nous souhaitons.

Les motivations de Cameron sont complexes, mais surtout propres aux tensions internes au parti conservateur. Pour tenter de réasseoir sa légitimité menacée au sein de son propre camps, sachant que la question est en phase avec une frange du parti conservateur ainsi que d’une partie de l’opinion publique britannique, il a décidé ce tour de passe-passe. Personne ne peut prédire le résultat. Mais Cameron doit sûrement parier, en définitive, sur un vote en faveur d’un maintien au sein de l’UE, qui reste son souhait, espérant en ressortir renforcé à l’issue, au sein de son camps. Certes, vous diront qu’après tout, le Royaume-Uni a toujours eu un pied dedans et un pied dehors, ayant toujours négocié des conditions particulières, à commencer par la PAC, ainsi que pour la monnaie unique. Les Anglais ont refusé d’adopter l’euro. Ils ont finalement été pas si mal inspirés. Présentée comme favorable à la croissance, l’adoption de la monnaie unique aura eu des effets pervers d’ordre macro-économique, bien qu’au départ c’était un beau projet sur le papier.

Depuis vingt ans, la zone euro est la région du monde où la croissance est la plus faible. Les Anglais veulent continuer à bénéficier de leur propre planche à billets. Ils ont aussi refusé Schengen, qui nous permet de recevoir des centaines de milliers d’immigrés clandestins, dont personne ne veut. Ils refusent aussi de se soumettre à l’impérium de la grande puissance économique européenne, l’Allemagne. Les Anglais nous comprennent mal, nous qui cédons au lyrisme illusoire du couple franco-allemand. « Un couple, disait Oscar Wilde, c’est quand deux personnes ne font qu’un ». Mais lequel ?, dixit Zemmour. Ils ne supportent pas non plus, après la suppression des frontières, la monnaie, de voir leurs lois non plus faites aux Communes à Londres, mais à la commission à Bruxelles, par des technocrates. C’est cela, la démocratie parlementaire. Ils refusent aussi de se voir admonester des remontrances sur les droits de l’homme par des juges étrangers à La Haye, étant rappelons-le pays de l’Habeas Corpus.

Depuis cette annonce, on menace aux entreprises britanniques de leur fermer le marché européen. Mais le marché européen est le plus ouvert au monde, aux Américains, aux Chinois, aux Japonais. Et l’industrie britannique déliquescente est en train de se refaire une santé, grâce à une monnaie faible et des lois sociales encore plus faibles. Quoiqu’il en soit, c’est un populisme britannique, certes agité par des calculs politiques, mais au demeurant, qui sait reconnaitre son intérêt propre… 

                                                                                                                                                                                                      J. D.

26 janvier, 2013

« On est pas couché » de Laurent Ruquier – Intervention de Ziad Takieddine

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 21:42

Dans l’émission « On est pas couché » présentée par Laurent Ruquier (édition du 05/01/2013), l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine y allait de déroutantes révélations, affirmant détenir les preuves d’un financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy par la Libye en 2007. A découvrir…

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Le prix de la métamorphose

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 18:26

Encore récemment, nous décrivions un François Hollande agaçant, plus qu’apaisant, et disons-le aux abois. Apparemment, le président a repris des couleurs, le voilà négociateur, chef de la gauche sur le mariage homosexuel, chef de guerre au Mali. Les communicants de l’Elysée s’activent, se trémoussent. Enfin, Flamby aurait tourné président. Il a fait des choix. Il est vrai, qu’en une semaine, il a eu son accord, sa manifestation, sa guerre. Mais le prix de la transmutation de plomb en or est élevé.

Ainsi, il consacre dans le droit du travail, cette flexibilité que la gauche vouait aux gémonies de l’ultralibéralisme depuis trente ans. Il ressuscite dans les sables du Sahel, cette Fançafrique, qu’il dénonçait lui-même avec véhémence, il y a encore quelques semaines, déclarant la guerre sans débat au parlement, comme un vulgaire gaulliste, et sans soutien de nos voisins. Enfin, il met dans la rue près d’un million de personnes pour une réforme sociétale, qui  n’est pas réellement son genre, alors qu’il avait promis de pacifier le pays. Il est contraint de passer en force, alors qu’il s’était fait le chantre de la négociation. Au passage, il se met à dos une France provinciale de culture catholique, d’où il vient, qui ne lui était nullement hostile, tant elle avait été excédée par l’ostentation de nouveau riche de son prédécesseur, comme l’analyse Eric Zemmour. Mais il doit donner des gages, à une gauche radicale, qui le déteste, le méprise, justement en raison de ses choix économiques et accessoirement géo-stratégiques.

Alors ses contradictions le rattrapent. Il essaye désespérément d’y échapper. Il lance quelques rideaux de fumée. Ainsi, Michel Sapin insiste sur les petites sucreries sociales concédées à la CFDT. Fabius, Le Drihan répètent à satiété, que nous faisons la guerre à des terroristes, à des criminels. Ils ne peuvent avouer, bien-sûr, que nous combattons les frères de ceux que nous soutenons en Syrie, tous financés par le Qatar, grand ami de la France. En lançant nos troupes d’élite contre des bandes de « terroristes », qu’il prend pour des bandits de grands chemins, François Hollande n’a pas compris qu’il déclarait en fait la guerre au Salafisme, c’est-à-dire l’Islam qui domine tout le Sahel. Sans discuter du bien fondé de cette intervention, après le succès de cette première phase, viendra ensuite la seconde et le risque d’enlisement, si elle n’est pas suivie d’effets. Et même si comparaison n’est pas raison, suivant l’analyse du journaliste Thierry Desjardins, il faut bien dire que le Mali ressemble étrangement à l’Afghanistan. Du désert et des montagnes à perte de vue dans lesquels une armée venue d’ailleurs a bien peu de chance de s’y retrouver. Dans un pays épouvantablement pauvre, une mosaïque inextricable de tribus et d’ethnies aux langues et aux cultures différentes qui se sont toujours affrontées.

Enfumages, dissimulations ne disparaissent pas en quelques jours. C’est qu’Hollande joue gros. C’est que le chômage ne baisse pas, en dépit des cadeaux faits aux entreprises, que l’armée française risque l’enlisement au Mali, comme les Américains en Afghanistan, que les manifestations massives se succèdent contre le mariage homo… Et suivant cette tirade zemmourienne, concluant bien le propos : « Hollande sera alors lacéré par la droite, et piétiné par la gauche. Comme crucifié »…

                                                                                                                                                                                                      J. D.

26 décembre, 2012

Tapie, le retour

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 21:26

Certains affirment que l’histoire ne se répète jamais. D’autres, sans doute plus judicieux, font remarquer qu’il lui arrive bien souvent de repasser les mêmes plats. Nous avons ainsi aujourd’hui l’impression de revivre certaines scènes déjà vues, et que notre petite histoire politique ressasse inlassablement. En France, le rachat du Groupe Hersant Médias (GHM) par Bernard Tapie provoque autant de remous et suscite toujours autant d’émoi. Tapie a réussi son retour, il va devenir patron de presse, à la tête de La Provence, Nice-matin, Corse-matin. Les années 80 sont à la mode. Tapie revient à Marseille, comme au bon vieux temps de   « nanar ».

Dans son livre intitulé La décennie, le grand cauchemar des années 80, paru aux éditions de La Découverte en 2006, François Cusset retraçait en treize étapes ce que nous ont légué « les années fric ». Années fric, années Tapie, années 80 sont devenues synonymes. Alors Tapie chantait le blues du businessman. Son franc-parler, son physique et sa force de conviction le font citer en exemple par les médias, qui l’élisent « Homme de l’Année » en 1984. Son succès dans les affaires n’est en tout cas contesté par personne à l’aube des années 1990. Galvanisé par son expérience dans le cyclisme, Bernard Tapie décide de tenter la même réussite dans le football. En 1986, il répond à l’invitation d’Edmonde Charles-Roux, veuve de l’ancien maire de Marseille Gaston Defferre, de reprendre l’Olympique de Marseille (OM), préfigurant son engagement politique marseillais, dès 1987, puis à l’échelle nationale, au travers son bref passage au ministère de la ville. A l’époque, au ministère des finances, Pierre Bérégovoy, intimidé par l’arrogance des hauts-fonctionnaires du Trésor, donnait les clefs aux banquiers, tandis qu’à Bruxelles, un autre socialiste méritant, Jacques Delors, leur ouvrait en grand les chemins de l’argent mondialisé. L’argent n’avait jamais été aussi à la fête, depuis Napoléon III.

Près de trente ans plus tard, après les excès et les dégâts que l’on connaît, un autre gouvernement socialiste promettait de refermer la parenthèse dorée. François Hollande avait retrouvé, pour l’occasion, le souffle épique de François Mitterrand dans les années 70, au travers son fameux discours du Bourget contre la spéculation et la finance mondialisée. Mais le prosaïsme des années 80 avait rapidement pris le dessus.  « I’m not dangerous », avait-il même glissé entre deux plaisanteries. La réforme bancaire - concoctée par le gouvernement -, a beau annoncé pompeusement  « une régulation renforcée », c’est un martinet sans fil. Comme l’analyse Monsieur Zemmour, même les Anglais et les Américains sont plus exigeants et plus sourcilleux avec les activités spéculatives, c’est dire. Il est vrai que ce sont les hauts fonctionnaires du Trésor, qui ont concocté cette loi, en lorgnant déjà sur le fauteuil doré, que leur ont préparé une de ces banques qu’ils étaient censés égorger. Les banquiers français peuvent dormir sur les deux oreilles. Aujourd’hui, sur les 8000 milliards d’euros de bilan des banques françaises, seulement 22 % sont prêtés à l’économie réelle.

Dans le même temps, Tapie joue avec son magot au comte de Monte-Cristo prenant sa revanche, sur tous ceux qui l’avaient envoyé en prison. Dans le célèbre roman de Dumas, il avait été enfermé dans une forteresse près du vieux port. Homme d’affaires symbole des années fric et frime, le retour de Bernard Tapie inquiète les socialistes marseillais, à l’approche des municipales de 2014. Les businessmen rêvent toujours d’être des artistes. Les années 80 brillent de tous leurs feux. Comme d’habitude, la gauche se couche devant la finance, en faisant semblant de la menacer. « Les businessmen rêvent d’être des artistes. Et les artistes devenus des businessmen sourcilleux et avisés, vont planquer leur magot en Belgique »…

                                                                                                                                                                                                      J. D.

3 décembre, 2012

UMP : vers l’implosion programmée

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 21:40

Après avoir créé la surprise, en l’emportant de 98 voix face à François Fillon, que l’on donnait pourtant favori, Jean-François Copé a été proclamé, une nouvelle fois, mercredi soir, par cette fois-ci, la commission des recours de l’UMP, président de l’UMP. Une fois de plus, François Fillon conteste cette victoire. Le feuilleton n’en finit pas. C’est une guerre d’hommes, un affrontement de caractères, d’égos, de styles opposés, dépouillé de considérations politico-idéologiques réelles. Ainsi, Copé refuse d’abandonner, de lâcher l’appareil du parti, vaille que vaille, quoi qu’il en coûte. Fillon a déjà vraisemblablement renoncé à être président du grand parti de l’opposition, mais veut faire tomber son adversaire avec lui.

Il est vrai, Fillon devait gagner, Fillon avait gagné. La victoire serait large, incontestable. L’ancien premier ministre avait accumulé sur cette base optimiste, les ralliements de notables de l’UMP, y compris chez certains soutiens de Copé, les Baroin ou Pécresse. Bien-sûr, aujourd’hui ils accusent les fraudes, le bourrage des urnes, l’organisation du vote, ainsi que les pressions sur l’appareil. Ils n’auront pas forcément tort. Sauf que l’essentiel est ailleurs. Ils pensaient jusque-là, que l’avance de l’ex-premier ministre serait telle, qu’elle absorberait les trucages divers et variés. Ils se sont trompés, ils se sont leurrés, ils se sont aveuglés, laissant leur champion s’enfermer dans une ligne vraisemblablement trop centriste, qui l’a étouffé, laissant Fillon rejeter la supposée droitisation de son adversaire. C’est le virage centriste, barriste – UDF de Fillon, qui a redonné de l’oxygène à Copé. L’ancien secrétaire général de l’UMP se savait guère aimé, par son profil d’énarque ambitieux, jusqu’à l’arrogance, qui ne se sera pas effacé le temps d’une campagne, même s’il a manifesté partout et pour tous, une affection trop ostentatoire pour être sincère. Suivant l’analyse zemmourienne, « Copé fait de la politique à la papa, comme Chirac dans les années 70, s’emparant à la hussarde du vieux parti gaulliste ». Fillon, lui, veut prendre sa revanche, devant les juges, ou mieux encore, devant le groupe parlementaire. Mais seulement, la politique rattrape les hommes, l’idéologie finit par rattraper les égos.

En effet, il est vrai, Copé et Fillon étaient au départ, des frères siamois. Ils étaient des héritiers de la chiraquie, européistes et libéraux, ayant intériorisé les contraintes de l’Europe, et de la mondialisation. Mais seulement, après des mois de campagne, c’est leur destin qui en sort transformé. Fillon aura incarné jusqu’à la caricature, les notables qui le soutenaient en masse. Copé a appliqué les consignes de Patrick Buisson et ses assauts sémantiques. Jusque dans le score au final, du 50 / 50 soulignant bien cette scission au sein de l’électorat UMP, une scission entre ligne Buisson / ligne Guaino. Ainsi, la virulence et la vélocité de la lutte entre les deux hommes, aura exacerbé les différences idéologiques, et cela bien au-delà de leurs convictions réelles. L’échec de la médiation s’avère ainsi révélatrice de la fin d’une époque, de la fin de l’UMP, de cet animal hybride forgé par Juppé et Chirac, reposant sur un compromis soigneusement dissimulé. Aux élus RPR revenaient l’essentiel des places, aux élus UDF, les idées. Donc la ligne politique de l’UMP serait celle de l’UDF, à savoir libérale et européenne. Mais toutefois, ce grand parti centriste de Juppé a du plomb dans l’aile. Il est même pour ainsi dire mort.

Déjà, les militants l’avaient condamné, en ne remettant pas les clefs du parti à Fillon. Mais les électeurs de droite eux-même, l’avaient mortellement blessé, en plébiscitant la campagne iconoclaste, bien que tardive, de Sarkozy sur les frontières. Le clivage se situe entre les militants et les sympathisants, d’une part, et les élus notabilisés, d’autre part, demeurés pour la plupart, sur la ligne centriste de l’UMP de 2002, en dépit de revers comme celui de 2005. Mais toujours suivant l’analyse zemmourienne, un échec de Juppé, qui fait aussi remonter à la surface une vieille histoire. En 1990, un combat avait divisé le RPR d’alors. D’un côté, Séguin et Pasqua, de l’autre, Chirac, Juppé, Balladur et le jeune Sarkozy. Séguin et Pasqua reprochaient à Chirac et Juppé de notabiliser le mouvement gaulliste, d’abandonner la ligne du général de Gaulle, de transformer un mouvement populaire, social, national, en un parti centriste, libéral, européen, en gros, d’aligner le RPR sur l’UDF. Les deux hommes prophétisaient que le RPR perdrait et le peuple, et la nation. Ils furent vaincus. Contrairement, à Copé et Fillon, pris dans leur duel fratricide, ils acceptèrent alors de bonne grâce leur défaite. Mais ils avaient vu juste. Le RPR s’aligna alors sur l’UDF, jusqu’à se fondre dans l’UMP. Juppé avait vaincu Séguin.

Mais vingt ans plus tard, l’œuvre de Juppé, l’ancien premier ministre « droit dans ses bottes », explose ou plutôt implose. Séguin, « la bête des Vosges » comme on le surnommait, prend sa revanche posthume. Ainsi, Fillon et ses notables constitués en groupe, n’ont plus qu’à rejoindre les centristes autour de Borloo et son nouveau parti, l’UDI. Copé, quant à lui, n’a plus qu’une solution : refaire le RPR, pour affronter sur son terrain, le FN, dans une lutte sans merci. Ils n’ont maintenant plus le choix…

                                                                                                                            J. D.

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