La Lanterne (politique, sujets de société)

30 mai, 2011

Ras-le-bol à Puerta del sol

Classé dans : Europe,Politique,sujets de societe — llanterne @ 17:14

Ras-le-bol à Puerta del sol dans Europe latern

Lancé le 15 mai dernier, à Madrid et dans plusieurs villes espagnoles (Barcelone, Grenade, Valence…), ce mouvement des indignés, « los indignados », a démarré à la veille des élections municipales du 22. En Espagne, la place Puerta del Sol, à Madrid, est devenue un foyer symbolique de la contestation. Les manifestants forment un groupe ambigu et hétérogène d’étudiants, de chômeurs, de retraités, voire de familles parfois, souhaitant exprimer leur ras-le-bol, à une classe politique espagnole corrompue, qu’ils jugent coupés de leurs réalités.

Depuis le 15 mai, « los indignados » occupent ainsi la fameuse place Puerta del Sol, comme d’autres occupaient la place Tahir, au Caire, il y a quelques mois. Un mouvement qui est partiellement activé par les réseaux sociaux également, à l’initiative de Démocracia Réal ! -Une vraie démocratie vraiment !-, ayant obtenu l’appui de plus de 200 petites associations. Ces manifestations sont le fruit d’une lassitude exprimée, à l’égard du bipartisme en vigueur en Espagne, où les deux grands partis majoritaires alternent successivement au pouvoir, à savoir le Parti Populaire (PP), et le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), de Zapatero. Campant sous des tentes et des bâches bleues, des centaines de manifestants restent mobilisés sur la célèbre place madrilène (km zéro de la ville) et le théâtre de nombre d’évènements historiques, de la rébellion du dos de mayo (2 mai 1808), immortalisée par la célèbre toile de Goya, en passant par la proclamation de la IIe République par Primo de Rivera, jusqu’aux manifestations pour la liberté d’expression de l’après-franquisme.

Le jeune premier ministre espagnol, José-Luis Zapatero, élu démocratiquement en mai 2004, a annoncé sa retraite politique, à la fin de son second mandat. Il avait déclaré s’attendre sans surprise à une défaite de son parti, aux élections municipales. Ajoutant par ailleurs, qu’il comprenait parfaitement les motivations de ce mouvement, et que s’il avait vingt-cinq ans aujourd’hui, il manifesterait sûrement avec les jeunes dans la rue. On ne peut faire plus compréhensif, habile, politicien et démagogue aussi. Ce qui tue tout romantisme révolutionnaire dans l’oeuf, qui a toujours besoin de bouc-émissaire, voire d’un tyran et de la répression. Si ce n’est quelques débordements, comme à Barcelone où la Guardia Civil a dispersé des centaines de manifestants, on ne constate rien de tout cela à Madrid et dans d’autres villes espagnoles. On laisse les manifestants aller et venir, s’exprimer librement. On touche aussi à la problématique d’un pouvoir contesté, mais qui est démocratiquement issu du peuple. Les jeunes espagnols rêvent de révolution, mais sans Ben Ali ou Moubarak à chasser.

Soit une révolution introuvable, une révolution de la parole, qui ne peut ainsi déboucher sur rien, comme l’avait diagnostiqué Raymond Aron, en son temps, au sujet des évènements de mai 68. A la différence près, que l’Espagne se trouve dans une situation économique et sociale très difficile, qui est le contrecoup de l’explosion de la bulle immobilière, à la source de cette croissance bienfaisante mais artificielle, depuis une décennie. Le phénomène touche spécifiquement les jeunes espagnols, qui ont l’impression fondée, qu’ils auront moins de chance que leurs parents. Vient s’ajouter ce plan de rigueur adopté, coupant drastiquement dans les dépenses sociales. Et les jeunes espagnols se disent que droite et gauche ne changeront rien à tout cela, dans l’immédiat. « Puisqu’au dessus du pouvoir politique, du clivage droite / gauche, au-dessus du peuple même, soit disant souverain, il y a ces marchés qui imposent leurs lois rigoristes, au nom de l’argent qu’ils prêtent ou ne prêtent pas », comme l’analysait Eric Zemmour. Ces marchés anonymes, lointains, insaisissables, l’argent étant « un monarque volatile et désinvolte, qui joue à saute-mouton avec les frontières ».

Il n’y a plus de Roi à embastiller et à guillotiner, plus de deux cent familles à identifier et chasser, de fortunes à saisir et confisquer. C’est la problématique de la démocratie moderne, surtout dans un pays comme l’Espagne, qui en a été privée durant si longtemps, et qui a été vécue comme un cadeau par leurs aînés, après la guerre civile, la dictature et le franquisme. On considère presque l’alternance, comme un jeu de dupe. Le phénomène s’est même étendu par effet de contagion, au Portugal voisin, avec quelques manifestations à Lisbonne, les plus importantes depuis la révolution des oeillets. Le gouvernement socialiste de José Socrates a d’ailleurs démissionné le 23 mars dernier. En Grèce, l’agitation est importante également. La semaine dernière, c’était jour de grève à Athènes, accompagné de manifestations contre les mesures d’austérité, et les privatisations décidées par le gouvernement. Plus personne ne croit sur les marchés à la capacité de la Grèce de rembourser sa dette, avec des taux plafonnant à 25 %. Un plan de restructuration de la dette grecque a été proposé récemment, et tout le pays est contraint de se serrer la ceinture.  

Les mouvements de contestation gagnent ainsi nombre de pays européens, s’en prenant aux gouvernements en place, en Espagne, au Portugal, en Grèce, et même en Italie où Berlusconi risque de perdre les prochaines municipales. Mais comme l’a analysé le philosophe Maxence Hecquart, la démocratie moderne – qui est après tout, une construction législative et intellectuelle encore récente -, paraît de plus en plus fondée sur des relations matérielles comparables à des contrats commerciaux, par la communication et un certain « mercantilisme » politique. Ce régime ne donne plus l’impression, d’être à proportion humaine, les gouvernants paraissant coupés plus que jamais de la masse et les gouvernés raisonnant au rythme des images, avec leur part d’illusion.

La démocratie est une religion absolutiste, en rupture avec un ordre ancien, amenant à aller toujours vers plus de démocratie (directe, participative…). Mais ce qui se révèle être, hélas, qu’un miroir aux alouettes, dans des sociétés où le politique a rétrocédé nombre de ses prérogatives…

                                                                                                                                                              J. D.

28 mai, 2011

Les soutiens inattendus de DSK

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 8:22

Les soutiens inattendus de DSK dans Politique latern

Cette affaire DSK n’en finit de mettre en émoi. Quelques personnalités -parfois des proches de l’accusé atteints par les échos de cette affaire lointaine- ont pris parti, se disant scandalisés par le traitement, qui lui a été réservé. Dans la sphère politico-médiatique, les réactions ont été ainsi nombreuses et parfois inattendues, à savoir souvent des marques d’indignation, voire des appels à la retenue adressés au président de la République même, de Robert Badinter à BHL, en passant par Jean-François Kahn ou Jean-Pierre Chevènement.

Il est vrai, la gauche française est émouvante dans cette affaire. Elle est prête à tout pour défendre l’un des siens, jusqu’à en piétiner, tous les principes qu’elle défend la main sur le coeur. Imaginons un autre instant, un Nicolas Sarkozy ou voire Jean-Marie Le Pen, impliqué dans un scandale similaire… Ce qui pourrait être objet à de multiples et diverses interprétations. Fort heureusement, DSK échappe à ses procès dans le procès. Mais le positionnement de certains de ses défenseurs ne manque parfois pas de cachet, ni de piquant. A commencer par les déclarations de Jack Lang, qui s’est fait le chantre d’un féminisme militant ou de la dignité féminine, durant des années. Ou encore le grand juriste Robert Badinter, qui a pourtant longtemps vanté avec des trémolots dans la voix, les mérites du système accusatoire américain, où l’avocat a autant de droit que le procureur et l’accusé a des droits imprescriptibles. Mais qui retrouve maintenant des vertus à la justice française, après en avoir longtemps dénigré les archaïsmes inégalitaires, hérités du code Napoléon…

Aux Etats-Unis, c’est le parquet qui instruit à charge et c’est la défense qui doit elle, assurer les recherches pour la décharge de l’accusé. Chez nous, c’est en principe un juge d’instruction, qui instruit à décharge. Cela dit, notre procédure est sans doute préférable, bien qu’imparfaite, car moins brutale. Mais les Américains mettent ainsi en oeuvre leur habituelle procédure judiciaire. En France, nous avons la présomption d’innocence, il est vrai. Auquel vient s’ajouter la loi d’Elisabeth Guigou, votée en 2000. Même si l’application en est parfois discutable. Alain Carignon ou Loïk Le Floch-Prigent ont bien été offerts en pâture aux journalistes, en leurs temps, et Michel Roussin a bien été arrêté à la sortie de son ministère. Tandis qu’Eric Woerth aura bénéficié de la présomption d’innocence… Mais outre les dessous politiques dans le traitement de certaines affaires, il est vrai sinon, que l’on peut ressentir une légitime compassion pour un destin brisé, son entourage, sa famille, ses proches. Notre narcissisme hexagonal peut également en ressortir chatouillé.

Mais certains avocats / défenseurs de principe de DSK, desservent plus la cause qu’ils prétendent servir, démontrant surtout un réflexe de caste arrogante. La même erreur a d’ailleurs été commise, dans d’autres affaires de moeurs, comme avec Frédéric Mitterrand ou avec le réalisateur international, Roman Polanski. Ce sont d’ailleurs les mêmes, le plus souvent. Mais alors, il est vrai que l’on est en droit de se demander, si Dominique Strauss-Kahn a-t-il vraiment besoin de soutiens si frangibles dans cette affaire ?

                                                                                                                                                         J. D.

 

Une affaire digne d’Hollywood

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 0:38

C’est le scandale de moeurs du moment, sur lequel ont été braqués tous les feux de l’actualité. Une histoire qui peut sembler folle, au premier abord et absolument invraisemblable, digne d’un mauvais scénario de film hollywoodien. Le président du FMI, Dominique Strauss-Kahn, économiste et homme politique français de haute volée, arrêté pour tentative de viol, coups et blessures et séquestration, sur la personne d’une femme de ménage, dans un hôtel où il séjournait à New-York.

Les photos de DSK, menotté, les mains dans le dos, à la sortie du commissariat de Harlem, ont fait le tour du monde ! Les premiers titres de la presse américaine ne font pas dans la dentelle (« Le pervers », « L’argent sale »). Les réactions de la presse hexagonale sont plus mitigées, quelques jours après l’arrestation du directeur général du FMI. Les gros titres des journaux français insistent plutôt sur la présomption d’innocence. Car DSK plaide non-coupable. Comme disait Eric Zemmour : « La vérité en de ça de l’Atlantique, erreur au delà ». Par ailleurs, outre l’aspect sordide de cette affaire, sous tous points de vue, il va sans dire que les conséquences pour la direction du FMI, mais également pour les élections présidentielles françaises sont non négligeables.

Pour les Américains, le sexe est le grand tabou, alors que c’est plutôt l’argent pour les Français. Les Américains livrent facilement leurs revenus, quand les Français les taisent avec tabou. Mais ils déballent souvent, hâbleurs, leurs conquêtes féminines, quand les Américains font les louanges hypocrites de la fidélité. En Amérique, on ne plaisante pas de plus, avec les affaires de moeurs, et en l’occurrence avec les crimes sexuels. Ses compatriotes avaient reproché au président Bill Clinton, son manque de fidélité, au travers d’un ou deux scandales, qui avaient manqué de l’acculer à la démission. Tandis qu’en France, Nicolas Sarkozy était plutôt épinglé pour la nuit du Fouquet’s et son escapade en bateau, après son élection, avec l’homme d’affaires Vincent Bolloré. Mais en une semaine, Dominique Strauss-Kahn a transgressé les deux tabous des deux sociétés, dans lesquelles il évolue par sa carrière internationale.

DSK a été aussi pointé du doigt, pour son train de vie, par le passé. On fustigeait cette incarnation de la gauche caviar, entre son appartement de la place des Vosges, à Paris et son riad à Marrakech. DSK est également marié avec une ancienne talentueuse journaliste, Anne Sinclair (qui fait d’ailleurs preuve d’une remarquable retenue, depuis le début de cette affaire). Mais à eux deux, ils formaient un couple symbole de cette gauche bo-bo, convertie aux délices du libéralisme, suite au tournant de la rigueur des années 80, et qui donne toujours l’impression d’avoir laissé choir le peuple et la nation, et d’avoir endossé la tunique rutilante de ce que Jean-Pierre Chevènement appelait les élites mondialisées. Pour en rajouter, DSK était récemment pris en photo, montant dans une Porsche Panamera, appartenant à un ami. Et il se fait arrêter pour tentative de viol dans une suite d’un hôtel de New-York, et délit de fuite !… 

On se dit qu’un homme aussi talentueux et brillant, c’est tout de même étrange. Il était prêt à  rempiler pour un nouveau mandat au FMI ou alors à rentrer en France, pour se lancer dans la bataille des primaires socialistes. On savait en tout cas, que c’était un libertin. Dans un récent ouvrage au titre faussement post-moderne, « Sexus Politicus », deux journalistes -Deloire et Dubois-, nous détaillaient de manière grivoise, avec un style très début du siècle dernier, nombre d’anecdotes touchant à la sexualité des hommes politiques, n’épargnant pas Strauss-Kahn au passage. Les aventures galantes de DSK, depuis sa nomination à la tête du FMI, avaient déjà scandalisé outre-atlantique. Mais cela avait amusé les Français jusque là, car relevant du domaine de l’aventure extra-conjugale. D’ailleurs, c’est une spécificité bien hexagonale. En France, nous avons eu un président de la République, Félix Faure, qui est mort dans les bras de sa maîtresse.

François Mitterrand et Jacques Chirac étaient également des hommes à femmes, mais très habiles et discrets. Et sous l’ancien régime, un Roi -Louis XV-, réputé pour ses amours galants, disposait d’un réseau de rabatteurs, lui ramenant des filles souvent très jeunes, qui étaient logés et entretenus dans ses douillets appartements du Parc-aux-cerfs. Comme l’analysait le chroniqueur Eric Zemmour : « Par héritage monarchique et une mansuétude indécrottable pour les amours de nos grands hommes, il n’est pas certain non plus, que la police française aurait arrêté l’ancien ministre des finances socialiste ». En tout cas, pas dans les mêmes conditions. La police française n’aurait peut-être pas apporté autant de crédit, à l’accusation de la femme de ménage. Nous savons, comment cela se passe. La victime n’a pas la conscience de la victime. Des pressions peuvent aussi être exercées… Mais on savait aussi, que DSK était atteint d’une forme d’addiction.

Il est vrai que l’affaire est sérieuse, si les faits sont avérés. Il y a une différence nette entre liaison extra-conjugale et agression sexuelle caractérisée, sur une femme de ménage dans une chambre d’hôtel. Si la sphère politico-médiatique hexagonale se repaie déjà, depuis fort longtemps, de rumeurs persistantes autour de la vie sexuelle de DSK, jusque là, la loi du silence aura résisté. Dorénavant, on peut se demander pour combien de temps. Il y a un an et demi déjà, le publicitaire Franck Tapiro déclarait à un journaliste, que DSK ne démissionnerait jamais du FMI, pour se présenter aux élections présidentielles françaises en 2012. Il avait trop de casseroles, notamment « sentimentales ». De nombreux journalistes sortent maintenant du bois, dévoilant certains penchants bien connus de DSK, mais étouffés jusque là.

Depuis un siècle, la psychanalyse nous a habitué à cette dichotomie, s’interrogeant sur ces mécanismes amenant parfois les hommes à agir, sur leurs motivations conscientes et inconscientes, poussant à tel ou tel comportement. Car cette affaire ramène bel et bien, à cette problématique là. C’est Docteur Strauss et Mister Kahn, comme l’analysait M. Zemmour. « Deux personnalités, deux cerveaux, deux vies (…). Mieux, deux personnes en une, qui s’affrontent dans un combat à mort, une passion commune, jusqu’à ce que la personnalité ancienne, celle du cerveau archaïque, triomphe par chaos ». Son choix de défense sera également cornélien. Il a été finalement libéré sous caution, et a été inculpé par la justice américaine. Tocqueville nous a enseigné, appris aux travers de ses nombreux écrits-témoignages, que la société américaine est régie par un égalitarisme démocratique et sourcilleux, et le souci de la transparence. 

DSK est assigné à résidence, à New-York, dans le quartier de Manhattan. Mais s’il plaide non-coupable, il risque -s’il est confondu-, une lourde peine de prison (vingt ans au minimum). S’il plaide finalement coupable, en versant une forte amende à la victime, il pourrait adoucir sa peine. Mais il peut tirer un trait sur sa carrière politique nationale et internationale, dans les deux cas de figures. 

                                                                                                                                                                                    J. D.

 

8 mai, 2011

Cette affaire des quotas dans le football

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 3:20

Cette affaire des quotas dans le football dans Politique latern

C’est la dernière polémique récente, dans le domaine sportif. Cette pseudo-controverse touchant le sélectionneur de l’équipe de France de football, qui a pris part à cette discussion, dans l’affaire des quotas de bi-nationaux et des critères de sélection. On en était même venu, à parler de la démission de Laurent Blanc. C’est dire si l’affaire était devenue médiatiquement sérieuse et les soupçons lourds. Cependant, la ministre de la jeunesse et des sports a précisé, qu’elle n’avait jamais demandé la tête du célèbre sélectionneur, ancien champion du monde en 1998… Et Chantal Jouanno s’est même finalement rangée à ses côtés.

Comme l’a souligné ironiquement M. Zemmour : « Peu avant sa mort, le grand intellectuel Jean Baudrillard, disait en plaisantant, que SOS Baleine voulait sauver les baleines, comme SOS Racisme voulait sauver les racistes ». Ce dernier scandale autour de ces révélations et l’émoi inconsidéré, qu’il suscite, jusque chez la ministre des sports, « prouve que suivant l’intuition rigolarde de Baudrillard, l’anti-racisme est devenu la quête perpétuelle et obsessionnelle du racisme même et surtout s’il est imaginaire ». Laurent Blanc est difficilement soupçonnable de xénophobie, de sectarisme ou que sais-je, lui qui est avant tout un sportif, ancien de 1998 et qui a désigné un jeune joueur comme Samir Nasri, capitaine de l’équipe de France. Mais la réalité n’intéresse nos maîtres censeurs, sans aller jamais au fond du problème. D’autant plus, que cette réalité a le mérite d’être simple. Laurent Blanc et les techniciens de la F.F.F. s’inquiètent de la proportion importante de jeunes formés dans les clubs français, mais qui choisissent finalement de jouer dans leurs équipes nationales d’origine. Il s’agit après tout de l’argent public, de l’optimisation et de l’efficience des importants moyens engagés dans nos centres de formation. Un quota de 30 % de joueurs bi-nationaux a donc été décidé, sur « des critères nationaux » d’abord.

L’autre idée est aussi de revenir sur le choix opéré dans les années 90, qui était de privilégier dans les centres de formation, les atouts physiques des joueurs au détriment de leurs qualités techniques. La France aspire à redevenir dans le football, le paradis des petits dribleurs de Kopa à Girès, en passant par Platini. A l’image d’un milieu de terrain de talent comme Ludovic Giuly, évoluant au Paris-Saint-Germain, surnommé par sa petite taille (1,64 m) et sa vivacité « le lutin magique » (641 buts inscrits en club). Mais régulièrement écarté de la sélection nationale, avec regret, en raison de son petit gabarit. Mais comme dit Laurent Blanc, avec une sincérité désarmante, ce qu’il y a actuellement de plus grand et costaud, ce sont les joueurs noirs, les Antillais. « Un stéréotype n’est pas forcément faux, même s’il est simplificateur ». Il s’agit bien-sûr aussi d’un vecteur d’ascension sociale.

Mais les Guadeloupéens ou les Martiniquais, par exemple -dans le sport à haut niveau- sont souvent plus développés musculairement et courent généralement plus vite, par prédestination morphologique. Ce n’est pas un hasard, si tous les Dieux du stade sont noirs et si huit joueurs de l’équipe de France sur onze, sont de couleur… Certes, les quotas sont contraires à l’esprit universaliste de la République française. Mais il y a quota et quota. Tout dépend aussi de la manière dont ils sont appliqués. Quand après tout, Martine Aubry exige 20 % de socialistes issus de la diversité, à la direction du parti. Quand Sciences-po réserve des places à des jeunes venus de banlieue, qui entrent sans concours. Quand la présidente du MEDEF -dans une approche là féministe- Laurence Parisot fait campagne pour les « quotas » de femmes, dans les conseils d’administration. Des « quotas », quelle horreur ! Non, de la « discrimination positive », qu’en ces termes galants, cela est dit.

En France, dans une transposition sémantique intéressante à analyser, c’est l’expression « discrimination positive » qui est ainsi utilisée, pour désigner une politique contre les discriminations « sociales ». Contenant elle-même ironiquement le terme de « discrimination » (à la connotation extrêmement négative), à laquelle l’on a accolé l’adjectif  « positive », à supposer qu’il y en ait une « négative ». Une expression qui est géniale dans sa terminologie, particulièrement révélatrice de l’instrumentalisation politico-idéologique de la question. On joue sur la sémantique, sans toucher au coeur du problème… Mais il en va de même, pour les « quotas » dans le football…

                                                                                                                                                J. D.

13 mars, 2011

« Ce soir ou jamais » de Frédéric Taddeï – Paul-Marie Couteaux, Emmanuel Todd…

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L’émission « Ce soir ou jamais », présentée par Frédéric Taddeï sur France 2, réunissait dans son dernier numéro, plusieurs personnalités, dont l’écrivain Paul-Marie Couteaux et le politicologue Emmanuel Todd, pour débattre de la récente montée de Marine Le Pen dans les derniers sondages.

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24 février, 2011

Ce rapport annuel de la Cour des comptes…

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 8:57

 Ce rapport annuel de la Cour des comptes... dans Politique latern

Comme chaque année, la Cour des comptes a publié son rapport annuel, moment très attendu. Le rapport de la Cour des comptes, c’est un peu comme le « Beaujolais nouveau ». On y goûte, on le déguste, et puis on l’oublie… Ainsi, comme chaque année, un constat très sévère est dressé par le comité des sages, sur la gestion des finances publiques. Et le « cru 2011″ ne déroge pas à la règle. Publié ce jeudi 17 février, ce rapport distille encore d’innombrables recommandations et décerne quelques bonnets d’ânes aux mauvais gestionnaires des deniers publics. Et comme tous les ans, on s’offusque devant ces gaspillages recensés, ces incohérences accumulées, ces déficits cumulés…

Cette année, la juridiction financière épingle notamment la prime pour l’emploi -PPE-, visant à inciter les chômeurs à reprendre une activité, car trop complexe, faiblement incitative, mal pilotée, et surtout faisant doublon avec le « RSA activité ». Le comité des sages dresse également « un bilan décevant » de la campagne de vaccination contre le virus H1N1 de l’hiver 2009-10, qui a fait beaucoup de bruit pour rien. Elle aura coûté finalement 662,6 millions d’euros pour à peine 5,4 millions de personnes, contre les 510 millions d’euros annoncés-soit 60 euros par vaccin et 110 euros par personne vaccinée. Parce que les contrats d’achat de vaccin ont été mal négociés avec les laboratoires, et qu’une organisation dispendieuse a fait déraper les coûts. Les magistrats financiers dénoncent également le fonctionnement du CNFPT -l’organisme chargé de l’emploi et de la formation des agents des collectivités territoriales-, marqué pendant de longues années, par la « persistance de graves anomalies de gestion ». La cour préconise aussi le gel du salaire des fonctionnaires jusqu’à la fin de année 2013, la suppression du régime du « quart de place » touchant aux tarifs SNCF des militaires, et la remise en cause des niches fiscales des arbitres internationaux. Mais seulement, comme tous les ans aussi, après l’euphorie de la publication du rapport, plus rien…

Suivant l’expression de la journaliste au Figaro Anne Fulda, « la Cour des comptes est comme un gendarme sans bâton ». Le comité des sages pointe des dépassements et des anomalies, et émet des recommandations, mais il ne dispose d’aucun droit de suite, d’aucun pouvoir de sanction directe. Et son seul vrai pouvoir est donc de répéter, année après année, que décidément « Madame la marquise, tout ne va pas très bien ». Alors évidemment, au bout d’un certain temps, s’installe une certaine lassitude. La dénonciation des dépassements et la répétition de l’urgence, en deviennent presque coutumières. Certes, à l’initiative du nouveau président socialiste, Didier Migaud, pour montrer que la vieille juridiction créée en 1807, peut aussi être énergique et tenace en matière de réajustements, une sorte de classement a été établie pour la première fois. Sont mis en exergue les mauvais élèves, les multirécidivistes de la mauvaise gestion. Le port de Marseille figure en tête du classement, avec pour exemple la grille salariale des grutiers, percevant une rémunération allant de 3500 à 4500 euros nets, pour douze heures de travail hebdomadaire. Le Centre National de la Fonction Publique y figure également, ainsi que le programme Chorus, « prologiciel » interministériel de gestion comptable et budgétaire, parmi tant d’autres.

Mais ce classement et ces bonnets d’âne d’un nouveau genre, auront-ils réellement un effet dissuasif. C’est peu probable. Mais alors, une sérieuse question se pose… A quoi sert finalement d’avoir une Cour des comptes, si elle n’est dotée d’aucune capacité de sanction ?

                                                                                                                           J. D. 

 

11 février, 2011

Sarkozy face aux Français ou la proximité livrée sur un plateau

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 19:22

 Sarkozy face aux Français ou la proximité livrée sur un plateau dans Politique latern

Nicolas Sarkozy était l’invité, jeudi soir, de « Paroles de Français » sur TF1  -émission animée par Jean-Pierre Pernault-, à savoir un dialogue entre le président de la République et une dizaine d’invités. Il était ainsi question des préoccupations des Français, dans une démarche de simplicité, de proximité et de sincérité, comme lors de la première édition de cette émission, c’était il y a un an, en janvier 2010. C’est une idée typique de communicant, qui n’est guère nouvelle, à savoir le dialogue direct avec les Français et les questions que se posent nos concitoyens. En son temps, Giscard a parlé aussi aux Français. François Mitterrand s’y est essayé aussi. Chirac a parlé plus particulièrement, lui, aux jeunes Français, comme à la veille du référendum de 2005, expliquant qu’il ne les comprenait pas.

Quand les conseillers du général de Gaulle, lui avaient recommandé de répondre aux questions du journaliste Michel Droit, lors de l’entre-deux-tours des présidentielles en 1965, il avait eu cette réponse célèbre, « vous voulez donc que je paraisse en pyjama ». A l’époque, le souci des partisans du général était de faire descendre un président jupitérien, au niveau des humains, suivant l’analyse d’Eric Zemmour. Depuis lors, cette obsession a été celle de tous les entourages présidentiels. L’Elysée enferme, sacralise, monarchise. Il faut donc décrisper, humaniser les rapports entre le président et les Français. Giscard, Mitterrand, Chirac, ont été confrontés à la même équation, qu’ils ont résolu avec plus ou moins de succès. Mais Nicolas Sarkozy doit résoudre, lui, une équation exactement inverse. Comment devenir président de la République ? Et non comment paraître plus près du peuple. Durant ses quatre années de mandat, il s’est ainsi évertué à désacraliser la fonction, de ses courses à pied, jusqu’à son algarade avec un badaud au salon de l’agriculture, en passant par l’étalage des méandres de sa vie privée, dans un va-et-vient digne d’une pièce de Feydeau.

L’image de l’homme a largement supplanté dans la mémoire collective, l’image du Roi. Et c’est d’ailleurs, ce qu’on lui reproche. En tout cas, certainement l’électorat le plus âgé, qui avait voté massivement pour lui, en 2007. Mais après avoir fait ostensiblement rouler la couronne à ses pieds, il devient difficile de la replacer ensuite sur sa tête. Il est vrai qu’on avait eu le sentiment, depuis quelques temps, que Nicolas Sarkozy s’était employé à se re-présidentialiser, faisant de « louables » efforts à cet effet. On l’a vu marcher dans la neige sur le plateau des Glières, recevoir avec dignité les corps de nos soldats morts en Afghanistan, et des otages du Niger ou encore présider le G20. Mais voilà, que ses communicants lui font faire une rechute. Il s’est retrouvé de nouveau, avec ses Français, qui le houspillent, le brocardent, à portée d’une paire de soufflets. Pour Nicolas Sarkozy, hier soir, dans cette émission, c’était donc « soirée pyjama »

Comme l’analysait Eric Zemmour, je ne doute pas que Sarkozy ait eu réponse à tout, qu’il ait su dialectiquement se tirer de tous les mauvais pas. Il montre toujours sa parfaite maîtrise de ses dossiers, et son « intérêt pour les problèmes des Français ». Mais ce n’est pas ce qu’on lui conteste, ou du moins, pas directement. La question est plutôt, mais que peut-t-il bien dire à ces invités – contradicteurs – et devant les téléspectateurs -, qu’ils ne sachent déjà ? Que répondre à un couple d’agriculteurs, à qui il avait promis de rendre visite, dans une approche ridicule, alors que les discussions autour de la PAC se révèlent, de tout de façon, particulièrement âpres. On ne doute pas que Nicolas Sarkozy ait fait une excellente audience, avec ce numéro, comme il aime à s’en enorgueillir… Mais pour quels résultats ?   

                                                                                                                                                                  J. D. 

10 février, 2011

« Progrès et conservatisme »

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 21:12


A l’assemblée nationale, la commission parlementaire spéciale sur la bio-éthique a voté ces trois derniers jours, trois amendements, qui modifient sensiblement le projet de loi soumis au conseil des Ministres au mois d’octobre 2010. Mais le texte maintient le statut-quo sur l’essentiel, notamment sur la recherche embryonnaire, et l’anonymat des donneurs de gamètes. Et le commentaire du député Jean-Marc Ayrault a été le suivant : « Le gouvernement est frileux, face aux lobbies les plus conservateurs »

Bouger avec une société qui bouge, changer avec une société qui change. C’est la rengaine que l’on entend depuis des années, en matière de moeurs surtout. A chaque fois, la loi est sommée de s’adapter, encore et encore, « aux désirs et aux foucades de nos contemporains », suivant l’analyse zemmourienne. La gauche s’accapare un certain nombre de sujets, derrière une sémantique de « progrès ». Mais la droite avec Giscard avait aussi pris, plus que sa part. Quand il arrive à l’Elysée, Sarkozy cherche à renouer avec une intuition giscardienne, et s’engage notamment, à prendre en compte « les nouvelles constellations familiales ». Il ouvre une fenêtre aux tenants -très marginaux- du Cuc. Et Nadine Morano envisage une révision du statut de beau-parent, qui ressemble fortement à une reconnaissance tacite de l’homo-parentalité. Et puis, plus rien. La révision actuelle à l’assemblée, des lois de la bio-éthique, désespère nos progressistes. « Pas la moindre avancée à se mettre sous la dent », rien de rien… Sarkozy a abandonné Giscard, pour rejoindre le conservatisme pompidolien, qui ne voulait pas meurtrir un corps social déjà bousculé, par les transformations économiques et sociales.

Nos progressistes dénoncent bien-sûr les évidentes arrière-pensées électoralistes de Sarkozy, soucieux de ne pas froisser l’électorat catholique. Ils incriminent également l’influence néfaste d’un collectif de parlementaires réunis sous la bannière de la Droite Populaire, et dénoncent l’activisme réactionnaire de certains députés, tel Hervé Maryton, qui a théorisé le retour de la droite sur ces questions sociétales. Et le débat politique s’enferme à chaque fois dans une opposition stérile, où chaque tenant argumente dans une sémantique, obéissant à une logique : progrès / conservatisme. Certes, pour une fois que la droite ne se fait déborder par l’activisme médiatique et idéologique de la gauche, on comprend qu’elle ne le digère pas. Mais il faut peut-être dépasser cette dialectique, la problématique étant plus profonde. Et après tout, pourquoi ne pas faire l’éloge d’un conservatisme supposé, en la matière ?

Mais si tout simplement, les principes qui guident notre politique en la matière, depuis 1994, étaient les meilleurs. Et pourquoi changer pour changer ? Le grand premier ministre anglais, Disraéli, disait « je suis conservateur, parce que je conserve ce qui est bien et je change ce qui est mal ». Alors pourquoi détruire ce qui est bien ? Ces lois sur la bio-éthique ont été débattues, comme le cuc, pour faire plaisir et satisfaire des lobbies minoritaires et des intérêts, l’essentiel de l’opinion publique s’en désintéressant. Alors pourquoi renoncer à la dignité de la personne humaine, à l’inviolabilité, à l’intégrité du corps humain ? Pourquoi autoriser les mères porteuses, alors que des féministes éminentes dont Gisèle Halimi, dénoncent elles-même, la marchandisation du corps de la femme ? Pourquoi ouvrir la procréation médicale assistée aux couples de femmes et de célibataires, comme si avoir un enfant était devenu le dernier droit individuel d’une société consumériste et existentialiste ?

C’est le coeur du débat, les sciences sont évidemment détachées de la sphère morale, quelque soit la sagesse et le sérieux, dans la démarche et la méthode de la recherche scientifique. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », disait Rabelais en son temps. Les progrès incroyables de la science posent ainsi des problématiques nouvelles et lourdes d’un point de vue sociétal. Nous citons toujours en référence, les exemples étrangers, ce qui se passe en Allemagne, en Italie. Mais pourquoi toujours regarder ailleurs ? Et si nous faisions aussi confiance à notre génie national. Au moment, où les prouesses scientifiques nous permettent d’utiliser un embryon humain, uniquement à des fins médicales (!), la France est, peut-être, encore le dernier rempart des valeurs humanistes, menacées par l’eugénisme et l’hubrisme de la technique et du marché.

                                                                                                                           J. D.

4 février, 2011

La vitalité démographique hexagonale

Classé dans : sujets de societe — llanterne @ 13:13

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L’an dernier, en 2010, la France a enregistré 828 000 naissances, avec un taux de fécondité de 2,01 enfants par femme – soit le 2e taux le plus élevé de toute l’UE. Ce qui place la France au deuxième rang dans l’Europe des Vingt-Sept, derrière l’Allemagne (81,8 millions d’habitants), avec une population de 65 millions d’habitants. Là encore, il s’agit d’une spécificité française.

Quelque chose d’étrange d’ailleurs, voire de paradoxal, dans ce constat. Mais comment expliquer ce baby-boom, dans une France dévorée par la sinistrose et l’incertitude face à l’avenir ? Alors que selon un récent sondage, 61 % des Français voient dans 2011 une nouvelle année de difficultés. Il n’y aurait ainsi pas de lien de corrélation entre la crise et la natalité, selon les démographes. D’ailleurs le pays qui résiste le mieux à la crise, l’Allemagne, est l’un de ceux où la démographie et la natalité est la plus catastrophique. La France est ainsi le pays le plus anxieux d’Europe, mais la « grande nation » est aussi celle, qui a la natalité la plus forte.

En premier lieu, la France a depuis longtemps, quelque soit l’alternance au pouvoir, mené une politique familiale assez active et avantageuse, des incitations fiscales, les possibilités offertes de prendre congé pendant plusieurs semaines pour les parents. A titre de comparaison, le système des crèches n’existe précisément pas outre-Rhin. Le deuxième fait est que la France est aussi le pays, où les femmes se sont mises à travailler le plus tôt et en plus forte proposition. Ce qui a posé des problèmes, au début. Mais ce serait maintenant derrière nous et une forme d’adaptabilité dans la vie en couple et au travail, serait passée par là. Un recul de l’âge du mariage et le recoupement au niveau de la pyramide des âges, de toute une génération de trentenaires ayant leur premier enfant, se veut aussi un autre facteur explicatif. Jadis, on appelait la France, la Chine de l’Europe. Et notre pays serait bel et bien en train de renouer, avec un certain dynamisme démographique. Dans vingt ans, la France sera à 80 millions d’habitants, l’Allemagne sera à 60 millions, comme dans un gigantesque basculement démographique, du moins si la donne nataliste n’évoluait pas. L’Italie est également dans une situation catastrophique, comme l’Espagne. Mais un autre phénomène n’est pas pris en ligne de compte, du moins par les démographes officiels.

C’est que cette domination démographique, contestant les chiffres de l’INED, et recoupant les thèses de la démographe Michèle Tribalat, repose aussi sur l’immigration. Les statistiques ethniques et religieuses sont bannies en France par la loi. Mais les sociologues parviennent parfois, par des biais divers et détournés, à recouper certaines données. Ainsi l’année passée, en région parisienne, pour presque 50 % des naissances en moyenne – avec des variantes très importantes selon les départements – au moins un des deux parents était d’origine extra – communautaire, de 12 à 25 % en province – 20 % dans la région Midi-Pyrénées, moins de 4 % en Bretagne ou dans le Limousin. Autant de données que l’INED ne prend pas en ligne de compte. A défaut de l’INED, qui rebat les cartes sur ordre et à son gré, démographes et sociologues sont à peu près d’accord sur l’essentiel, à savoir les chiffres. Avec dans certains départements comme la Seine-Saint-Denis, l’Hérault ou les Bouches-du-Rhône, un phénomène migratoire comparable en métropole, au syndrome de l’Ile de la Réunion.

Comme l’analyse l’écrivain Jean Raspail, les démographes l’assortissent de réserves prudentes et de précautions lénifiantes, ou bien affectent de traiter la question sous le seul angle professionnel, comme un entomologiste consciencieux. Le journaliste Eric Zemmour, prenant le parti de s’en amuser, les compare à un serrurier qui aurait forgé une clef magique pour ouvrir des portes soigneusement closes mais qui, effrayé par les monstres qu’il découvre, claque la porte derrière lui, jette la clef, et affirme d’un air dégagé qu’il n’y a rien à voir. Or, parallèlement à ce constat de cette hausse de la natalité, ces statistiques dévoilées ne sont pas innocentes. Car il s’agit là, d’une probable et même évidente bombe à retardement démographique, notre modèle assimilationniste connaissant ses limites.

Depuis tant d’années, il y a d’ailleurs trop d’idéologie politique dans ces débats inhérents… et pas assez de bon sens. 

                                                                                                                                                                J. D. 

Le suivi judiciaire et la récidive

Classé dans : sujets de societe — llanterne @ 11:21

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L’actualité est marquée par l’épilogue tragique de l’affaire Laetitia. Ce drame relance le débat sur le suivi judiciaire et la récidive. Il y a quelques jours, à St-Nazaire, le président de la République déclarait que la récidive n’est pas une fatalité.

C’est un rituel désormais attendu. A chaque crime odieux, Nicolas Sarkozy se déplace, reçoit la famille de la victime, compatit à sa détresse, puis annonce une nouvelle loi plus répressive. Son ministre de l’intérieur dénonce le laxisme des juges, les syndicats de magistrats protestent, défendant leurs collègues qui n’ont fait qu’appliquer la loi, et se plaignent de la baisse d’effectifs. La gauche dénonce la politique compassionnelle et sa surenchère répressive. Et puis on referme le dossier, avant l’éclatement de la prochaine affaire… 

Mais derrière ce balai médiatique et politicien parfaitement réglé, on touche d’abord à une question essentielle, à savoir le manque de places en milieu carcéral (60 000 places de prison en France). A titre de comparaison, le Royaume-Uni en possède 80 000. Le calcul est vite fait, il nous manquerait au moins 20 000 places… Un programme de construction  a bien été décidé, il fut un temps. Mais on y a renoncé pour cause de restriction budgétaire. Alors pour dissimuler la disette, on organise un rationnement… Depuis 2004 et la loi Perben, on favorise les libérations conditionnelles, et on multiplie les remises de peine.

Le prisonnier qui effectue plus de la moitié de sa peine, devient presque une exception. Une politique qui sera couronnée par la loi de 2009, amenant quasi systématiquement, les juges à libérer les condamnés à des peines inférieures à deux ans. Parce que « de tout de façon, les prisons sont bourrées », comme dans la réplique de Noiret à Lhermitte dans « Les ripoux ». Pour des raisons prosaïquement budgétaires, la droite s’est condamnée à la schizophrénie d’un discours répressif et d’une législation pour le moins laxiste. Et la gauche fait semblant de la critiquer sur son discours, sans toucher au fond du dossier. 

Ce débat porte aussi sur des idées, suivant l’analyse intéressante d’Eric Zemmour. Depuis les années 70, la gauche française a fait sienne une idéologie à la fois hostile à la prison et compréhensive envers les criminels. La prison est criminogène, était-il déclaré. Elle pousse à la récidive, elle transforme les petits délinquants en grands criminels. La prison représentait aussi une société répressive. Les maîtres à penser des années 70 – Deleuze, Foucault – expliquaient que le fou n’était pas fou, que le violeur – assassin n’était pas un criminel, mais avant tout une victime d’une société coupable de réprimer ses désirs et pulsions. Il fallait donc protéger le fou et le déviant de cet ordre social répressif, que voulait lui imposer la société : policiers, juges, prisons, asiles.

Bien-sûr cette soupe idéologique a depuis lors été nuancée, contestée, élaguée. Mais elle a imprégné toute la société française, a endoctriné les nouvelles générations, s’est répandue partout, des universités aux salles de rédaction, en passant par les tribunaux et les prétoires. Et cette alliance entre les contraintes budgétaires de la droite et l’idéologie compassionnelle de la gauche, se conjugue dans un mélange explosif. 

                                                                                                                                                                 J. D. 

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