La Lanterne (politique, sujets de société)

22 janvier, 2011

La vente de l’hôtel de la Marine

Classé dans : Culture,Politique,sujets de societe — llanterne @ 3:19

C’est un dossier culturel très sensible, puisqu’il concerne un des fleurons du patrimoine national, à savoir l’hôtel de la Marine, place de la Concorde, qui est à vendre ! On pensait d’ailleurs, au début, que l’affaire était réglée, dans un programme disons culturel et commercial. Mais le Ministère de la Marine nationale a repoussé la date limite in-extremis, et ce sont maintenant une soixantaine de candidats potentiels qui se manifestent, poussant au portillon. Mais pourquoi ce splendide hôtel de la marine, est-il à vendre ? Parce que les marins doivent l’abandonner prochainement, appelés à rejoindre leurs collègues militaires, dans le projet de pentagone, prévu au sein du XVe arrondissement de Paris. Et aussi et surtout parce que l’Etat a besoin d’argent… beaucoup d’argent. Alors on vend, des hôtels particuliers, des casernes… « On brade » même, comme l’a dit Régis Debray, rejoint par d’autres personnalités. Il est vrai que de voir des boutiques de luxe et des galeries d’art contemporain rejoindre ce haut-lieu de l’Histoire de la France, a de quoi surprendre et choquer.

Construit par Jacques-Ange Gabriel entre 1766 et 1775, ce qu’on appelle l’hôtel de la Marine, classé monument historique sous le Second Empire, constitue sans doute l’un des plus beaux ensembles architecturaux de la fin de l’Ancien Régime, par sa façade extérieure, qui se dresse sur l’une des places les plus historiques de Paris, mais aussi par son architecture et son décor intérieurs. Ce bâtiment est lié dès son origine au fonctionnement de l’Etat. Il a en particulier abrité les richesses du Garde-Meuble de la Couronne, parmi lesquelles les regalia, les instruments du sacre. Dans un clin d’oeil historique d’ailleurs, cet ancien garde-meuble de la monarchie fut aussi, en quelque sorte le premier musée des arts décoratifs. Puisque sous « l’ancien régime », le peuple entouré de garde-suisses, pouvait au moins une fois par mois admirait les meubles et bronzes qui étaient fabriqués. Cette vente du ministère de la Marine n’en finit de susciter le débat. « Quiconque éprouve encore un minimum de respect pour le passé national, pour les pierres chargées de symboles et d’une histoire qui touche tous les Français ne peut qu’être révulsé », s’exclamaient sept personnalités dans une tribune publiée dans Le Monde, le 11 janvier 2011. Le ministre de la défense, Alain Juppé, touché semble-t-il lui-même en son for intérieur, par la polémique, a exigé en substance, qu’aucune élection de Miss France n’y soit jamais organisée…

Les projets les plus démentiels foisonnent, commerciaux, mais aussi culturels. Alors que l’on croyait le dossier réglé à la hâte, Pierre Nora a proposé sinon ce lieu pour le projet sarkozyste si décrié, de musée de l’Histoire de France. C’est là aussi que fut signée la condamnation à mort de Louis XVI. D’autres historiens, parce que c’est en ce lieu que fut signée l’abolition de l’esclavage par Victor Schoelcher, en 1848, proposent de le transformer en musée de l’histoire de l’esclavage et de la colonisation. L’état-major de la marine qui l’occupe actuellement doit le libérer en 2014. L’Etat avait décidé de le vendre, puis a envisagé une location de quatre-vingt-dix-neuf ans, en l’occurrence à l’homme d’affaires Alexandre Allard, pour en faire un ensemble de commerces et de suites de luxe. Face à l’ampleur de la protestation, une commission indépendante chargée de réfléchir à l’utilisation future de l’hôtel, doit être ainsi mise en place, par le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand. Mais au-delà de ces débats divers sur la nature de la réhabilitation de cet hôtel de la Marine, cela ne fait même pas au bout du compte, les affaires de nos comptables publics. Ils voulaient gagner de l’argent. Mais cette affaire a été si mal montée, qu’ils risquent même d’être contraint d’en dépenser…

Au-delà du cas particulier de l’hôtel de la Marine, ce n’est pas n’importe quelle problématique qui est touchée, mais celle de la gestion du patrimoine historique national. La France associe étroitement l’Etat à l’idée de Nation. Des historiens ont même déterminé, que c’est historiquement l’Etat, qui a forgé la Nation en France. C’est le fond de la problématique et ce qui explique l’ampleur de la polémique. Et c’est pourquoi aussi l’Etat français – par son rôle – doit s’efforcer de préserver au mieux, en son giron, les lieux qui incarnent la mémoire de la France…

J. D.

17 janvier, 2011

Les trente ans de la politique de la ville

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 7:23

Les trente ans de la politique de la ville dans Politique latern

Jeudi dernier, sept anciens ministres de la ville étaient réunis, autour de l’actuel titulaire du poste, Maurice Leroy, pour célébrer les vingt ans de la politique de la ville : Eric Raoult, Claude Bartolone, Jean-Louis Borloo, Fadela Amara, Catherine Vautrin, François Loncle. Ils étaient tous là, sauf Tapie, « le fils maudit« , qui fut le premier ministre de la ville. Et tous ont convenu d’une chose, être ministre de la ville, c’est une tâche ingrate. Mais la politique de la ville est toujours au goût du jour, l’Etat-Providence n’est pas mort, c’est ce qui est ressorti de cette réunion. C’est au cours des années 1970 et 1980 qu’une approche globale, à la fois sociale et urbanistique, des problèmes spécifiques aux villes modernes est apparue. Cette prise de conscience a mené à la création d’un ministère de la ville en 1991. Et cet anniversaire apparaît, comme l’occasion de dresser un bilan de cette politique, consistant en un ensemble d’actions d’Etat visant à revaloriser certains quartiers urbains (appelés quartiers de la politique de la ville).

tapie-dessin dans sujets de societe  Bernard Tapie, 1er ministre de la ville

 

Une politique qui consiste essentiellement à subventionner les associations, réparer les cages d’escaliers, reconstruire les immeubles HLM trop abîmés, « à repeindre les ghettos ». La politique de la ville, ce sont avant tout des dizaines de milliards partis on ne sait où, pour on ne sait quoi. C’est  une invention socialiste, que la droite a reprise à son compte. Et qui est devenue un de ses sujets consensuels, que la classe politique s’est appropriée, et dont elle semble si fière, sans jamais oser la remettre en compte. Mais comme l’a dit, un jour, François Bayrou « Quand on pense tous la même chose, c’est qu’on ne pense plus rien ». Horwell aurait adoré cette politique de la ville, avec à chaque fois, l’Etat qui remettait au pot, suite à des mouvements de colère, plus ou moins spontanés, quelques milliards « pour acheter la paix sociale », oubliant ainsi tout sentiment de culpabilité. Une étude administrative récente montre par ailleurs, que les plus défavorisés ne sont pas où l’on croit, mais dans les départements ruraux du centre, comme la Creuse, ou de l’est de la France. Ce qui vient corroborer par exemple, la thèse du criminologue Xavier Rauffer, selon laquelle les départements les plus pauvres, ne sont pas nécessairement les plus criminogènes. Les banlieues au contraire sont proches des grandes métropoles, irriguées par le dynamisme économique de la mondialisation. La Seine-Saint-Denis est un département au tissu d’activités dense, mais habitée par des gens pauvres et massivement au chômage. Cette proximité avec les centre – villes, rend les trafics de drogue très attractifs, si rémunérateurs qu’ils détournent de la recherche d’emploi. 

Mais là où le bas blesse, c’est que la politique de la ville ne pourra rien contre cela, ni détruire les ghettos. Car ce n’est pas l’urbanisme qui provoque les ghettos, mais d’abord la délinquance, qui fait fuir les gens honnêtes, dès qu’ils le peuvent. Une politique d’immigration laxiste ensuite - 200 000 entrées régulières par an -, qui ruine tous les efforts d’intégration, et l’abandon par l’Etat et les élites de l’exigence d’assimilation, des codes sociaux et culturels français. « On ne peut pas exalter les différences et obliger des gens trop différents à vivre ensemble ». Malgré toutes les contraintes légales inventées, les aides financières déversées, la politique de la ville n’y pourra vraisemblablement rien. Elle sera au mieux inefficace, au pire même nuisible.

                                                                                                                                            J. D.

9 janvier, 2011

Le métier d’enseignant ne fait plus rêver

Classé dans : sujets de societe — llanterne @ 2:59

Le métier d'enseignant ne fait plus rêver dans sujets de societe latern

En ce début d’année, un constat tombe, les postulants aux concours de l’enseignement se font de plus en plus rares. Le métier d’enseignant suscite, en effet, de moins en moins de vocations, les candidats aux postes de professeurs étant dans certaines matières, deux fois moins nombreux que l’an dernier. Pour les pouvoirs publics, la baisse du nombre de postulants serait due à la mise en place de la réforme de la formation des enseignants, les syndicats montrant du doigt, eux, en particulier la suppression de l’année de formation en alternance. Des explications, toutes plus techniques les unes que les autres, et qui passent complètement à côté du propos. A croire qu’aucun – pouvoirs publics comme syndicats -, ne s’accorderait à regarder la réalité en face.

Et si le manque de postulants ne signifie pas plutôt, que l’on a plus envie d’être enseignant en France, que le métier de professeur n’attire simplement plus du tout. Derrière ce constat établi depuis une vingtaine d’années, vient s’ajouter certainement l’accumulation d’affaires ayant défrayé récemment la chronique : injures, agressions, manque de respect, mépris. Quand dans certaines classes des petits caïds font la loi, quand les parents se rangent toujours derrière leurs rejetons, quand plus personne ne vous témoigne de respect, spécifiquement dans l’enseignement public. Il est à y rajouter la suppression de la notation à l’école, comme si c’était le problème, la réduction du nombre d’heures de Français. Et comme une énième victoire de l’école des Annales, la refonte du programme d’Histoire, faisant passer par-dessus bord Louis XIV et Napoléon Ier, mais accordant une place de choix à la civilisation chinoise à son apogée !? Le rêve pour un jeune enseignant en Histoire/géo, qui doit plus ne s’y retrouver, parmi d’autres problématiques.

Ce n’est en effet pas qu’une affaire de  « moyens », comme nous le répète à longueur de temps certains « experts », mais avant tout « une question d’états d’esprit ». Nos enseignants ont besoin qu’on les soutienne, qu’on les respecte, que les élèves se lèvent quand ils entrent en classe, qu’ils se taisent en cours. N’en déplaise à nos spécialistes des sciences de l’éducation, on a besoin avant tout d’autorité, de hiérarchie. Parmi d’autres points tels la revalorisation de l’apprentissage à l’école, permettant de sortir de ce système des élèves peu « scolaires » mais plus manuels, à partir de la 3e, leur offrant des passerelles et des débouchés réels à la sortie, à l’image du fonctionnement secondaire outre-Rhin. Car c’est en effet, tout le système éducatif, qu’il faut redéfinir et revoir à la base, ce modèle en vase clos, qui s’apparente inutilement et faute de mesures concrètes, à de l’assistanat social. Ce ne sera pas suffisant, c’est vrai ; mais c’est certainement plutôt par là, qu’il faudrait commencer…

                                                                                                                             J. D.

                                                                                                                                                 

 

 

29 décembre, 2010

Le scandale du « Médiator »

Classé dans : sujets de societe — llanterne @ 7:33

Le scandale du

Ce scandale du « Médiator » n’en finit de pas de défrayer la chronique, à savoir ce médicament pour diabétiques en surpoids commercialisé par le laboratoire Servier, et interdit depuis novembre 2009. Et qui se trouve ainsi au coeur d’une affaire, avec jour après jour, son lot de révélations. Et avec en toile de fonds, comme dans l’affaire H1 N1, les connivences, les rapports ambigus et complexes entretenus entre grands laboratoires, experts, autorités sanitaires, et milieux politiques.

Une première étude de la CNAM réalisée en novembre 2009, portant sur plus de 43 000 diabétiques ayant pris du Médiator, faisait ainsi apparaître que ce médicament multipliait par trois les risques de troubles cardio-vasculaires chez les patients concernés. Le Mediator - benfluorex -, est interdit depuis des années, à l’étranger, aux Etats-Unis, en Espagne, en Italie. Mais il est commercialisé par le laboratoire Servier en France, depuis 1975. Il s’agit donc d’une affaire sanitaire s’étendant sur le long terme, en l’occurrence – une trentaine d’années -, ce qui complique l’état des lieux. Ce médicament est d’ailleurs proche dans sa composition d’un autre médicament commercialisé par le laboratoire Servier, à savoir un coupe-faim, l’Isoméride, retiré de la vente en France en 97. Concernant les statistiques, on nous a parlé de 200, puis 500 morts d’après une estimation de la CNAM, certains experts évoquant maintenant le nombre de 1000 victimes et 3 500 hospitalisations, imputables à la prescription de ce dit médicament et à ses effets secondaires, chez certains patients fragiles. Selon des sources fiables, il n’y aurait d’ailleurs pas qu’un seul, mais des dizaines de « Médiator » potentiels. C’est-à-dire des médicaments sous surveillance, potentiellement dangereux, mais continuant à être prescrits. Aujourd’hui en France, 76 médicaments feraient ainsi l’objet d’un suivi national ; certains seraient suspects, étant accusés d’avoir des effets secondaires parfois très graves, pour certains types de patients.

Et il s’agit bien là, d’une vaste et complexe problématique, à laquelle on touche. Nous sommes effectivement dans une société, où il y a une forte appétence de soins. Un nombre incroyable de médicaments nouveaux sortent chaque année et sont commercialisés sur ce marché, d’ailleurs fortement concurrentiel, marqué par l’émergence de géants pharmaceutiques étrangers. Mais la question est complexe en l’occurrence, car relevant aussi et surtout d’un ordre sanitaire et sociétal. Et nos fleurons hexagonaux – Servier, Sanofi Aventis -, défendent leur positionnement, d’où les liens très étroits entre politiques et secteur pharmaceutique hexagonal. L’industrie pharmaceutique se constitue en puissant lobby, particulièrement puissant et influent, par les enjeux, le poids de certains laboratoires, comme Servier et Sanofi Aventis – employant à eux deux, près de 60 000 collaborateurs en France et à travers le monde. Ce secteur défend âprement ses intérêts, y allant de son influence, même concernant parfois la législation. Et l’angle d’analyse pourrait ainsi être porté sur une question comme la maîtrise des dépenses d’assurances-maladies, des coûts concernant les médicaments, l’alignement du remboursement sur les génériques, les laboratoires jouant souvent un rôle pervers en la matière. Les médicaments nouveaux sont de plus en plus chers et les médecins généralistes, mais aussi les spécialistes prescrivent souvent à tors et à travers. Avec une industrie pharmaceutique consacrant un budget marketing considérable au démarchage auprès des médecins, encadrés et relancés par toute une noria de commerciaux derrière. 

Après d’autres affaires identiques, on croyait tout de même, que les structures chargées de donner leur feu vert à la vente d’un médicament, nous prévenaient de tout nouveau drame. Mais les connivences, les lâchetés, les conflits d’intérêts peuvent être décidément plus forts que tout. Et dans ce triste feuilleton, comme dans l’affaire H1 NI, le lobby pharmaceutique démontre encore une fois son poids, sa puissance, sa capacité d’influence jusque dans la classe politique et les autorités de contrôle sanitaires. Cela prouve par ailleurs, en la matière, que les questions inhérentes doivent relever d’une autorité à l’expertise indépendante, dotée de réelles prérogatives et de capacités de sanctions éventuelles. Car derrière tout cela, sont concernés tout le système de santé français, notre système d’assurances-maladies, avec derrière les lobbies, qui dictent leurs lois au détriment de l’intérêt général…

                                                                                                                                      J. D.

Au micro de RTL, allocution du professeur Bernard Debré.

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16 décembre, 2010

L’affaire de la crèche

Classé dans : sujets de societe — llanterne @ 23:10

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Le conseil des prud’hommes de Mantes-la-Jolie a débouté, hier, l’ex-employée d’une crèche, licenciée pour son refus d’ôter un voile islamique. Et qui protestait contre son licenciement pour faute grave. Une victoire pour les laïcs. La Halde avait donné raison à la plaignante. La société française doit s’adapter aux cultures venues d’ailleurs, elle ne doit plus imposer son mode de vie, au nom de la liberté individuelle et du respect de l’autre, disait la Halde. 

Cette injonction culpabilisante, est héritière de l’ambiance et de l’influence laissées par Jeannette Bougrab, au grand dam des équipes mises en place par son prédécesseur, Louis Schweitzer… Le tribunal des prud’hommes est composé des salariés et des patrons, confrontés parfois à des revendications religieuses, dans certaines entreprises. Certes la majorité des immigrés de la deuxième ou troisième génération d’après-guerre, ne pose pas systématiquement, ces problèmes d’assimilation. Mais toujours est-il, que cela vient confirmer, que l’Islam pose bel et bien une question existentielle à la société française. Car cette religion n’est pas seulement une spiritualité, mais aussi un droit, rigoureux, qui repose sur l’alternance stricte entre interdit et permis. Un droit qui n’est pas sanctionné par une autorité hiérarchique comme le Pape et se prête donc à toutes les surenchères pour être plus près de Dieu. Un droit qui englobe tous les aspects de l’existence et de la vie en société. Un droit qui en France, vient se confronter au code civil napoléonien.

Ce week-end, François Fillon a prononcé le mot assimilation, campant sur les positions du président du Haut-Conseil à l’Intégration. S’assimiler, c’est devenir le même et renoncer à un mode de vie culturel, social et religieux, à ce qui choque. Mais ce sursaut reste, hélas, fragile. La décision du tribunal des prud’hommes pourrait aussi être cassée…

                                                                                                                                      J. D.

Les « excuses » de la neige…

Classé dans : sujets de societe — llanterne @ 3:02

Les

François Fillon a décrété hier, la mobilisation de l’ensemble des services publics face à la perspective d’un « nouvel épisode neigeux » attendu à partir de ce soir ou de demain – mercredi 15 ou jeudi 16 décembre. Pas question de revivre la grande « pagaille » de la semaine dernière, selon l’expression de Hortefeux. C’est l’occasion de revenir sur les dessous de cette tempête de neige des derniers jours. Qui fut aussi médiatique… Et  pour un premier ministre qui en privé, reconnaît quand même des erreurs en matière de « communication ».

Enfin la neige est désormais attendue, comme le Prussien jadis… Un plan de guerre est préparé à grands renforts de comités interministériels… On passe d’un extrême à l’autre. Dans les commentaires aussi. Les uns pour dire que l’Etat a failli, les autres pour affirmer que l’Etat ne doit pas nous materner, ne pouvant pas tout contre tout, jusqu’à la neige, la grêle et le gel. Il est vrai, cela dit en passant, que de la neige en décembre, ce n’est pas non plus une situation totalement « inédite et imprévisible ». Cela relèverait même plutôt de la non-actualité…  Les médias – radio, presse écrite -, s’en sont donnés à cœur joie. Surtout au sujet de cette déclaration de Brice Hortefeux, dont il aurait juste dû s’abstenir, en appelant à la rigueur, à quelques précautions. Faire respecter l’ordre et le bon sens pratique aurait suffi. Il est vrai, nos contemporains ne savent décidément plus accepter les lois de la nature…

Mise à part cela, par ailleurs – intéressant aussi dans cette polémique – certains nous ont quand même affirmé que la France était désormais un pays trop pauvre, pour s’offrir quelques sableuses et chasse-neiges. Qui ne seraient utilisées que deux fois par an, pour déblayer la N 118 ou la Francilienne. Là, ce n’est même plus de la rigueur, c’est de la misère… Enfin, comme le soulignait judicieusement le chroniqueur, sur le sujet, aux Etats-Unis, pas vraiment le pays des 35 heures, on demande à tous les salariés de rester chez eux, par temps de grandes tempêtes de neige. Et si la neige a fait autant de ravages en un laps de temps aussi bref, c’est que tous les salariés des grandes métropoles, dans le bassin  parisien en particulier, doivent désormais s’imposer des heures de transports – en commun, personnels -, chassés qu’ils ont été des centre-villes par la spéculation immobilière et parfois des banlieues plus proches.

La neige s’avère décidément et étonnamment comme un grand révélateur. A savoir notamment  des mentalités, des idéologies, des conditions économiques et sociales, mais aussi et surtout des tempéraments contemporains. En tout cas, pour conclure sur cette excellente tirade zemmourienne, « si contrairement aux annonces faites il ne neige pas en fin de semaine en région parisienne, il est à parier que François Fillon ne s’en prendra même pas, pour le coup, à Météo France« …

                                                                                                                                              J. D.

29 septembre, 2010

Le vaccin contre la grippe saisonnière : une campagne en toute discrétion

Classé dans : sujets de societe — llanterne @ 20:32

Le vaccin contre la grippe saisonnière : une campagne en toute discrétion dans sujets de societe latern

Le vaccin contre la grippe saisonnière revient sur le devant de la scène, c’est normal, comme chaque année. Les autorités sanitaires ont d’ailleurs présenté la traditionnelle campagne de vaccinations récemment. Avec un défi supplémentaire, quand même cette année qui est de surmonter le fiasco de la campagne de l’an dernier, contre le virus H1 N1.

Le professeur Bernard Debré, député UMP, qui avait parlé le premier de « gripette », a beau jeu de dire que le gouvernement en a trop fait. Dès juillet 2009, Bernard Debré affirmait que la mobilisation contre « la pandémie », « ne servait qu’à nous faire peur ». Il regrette de ne pas avoir été écouté, entendu. Il citait des publications scientifiques anglaises ou américaines, qui dès le début de l’épidémie, « la pandémie », disait que là était l’erreur, dans l’utilisation de cette expression par l’Oms, qui a fait peur (« faire croire que c’était extrêmement grave, que tout le monde est touché »…).  Ca n’a pas été pris à la légère aux Etats-Unis, d’où une campagne de vaccination. Mais entreprise différemment, par des vaccins qui étaient simplement des inhalations nasales. La France avait acheté 94 millions de doses de vaccins, pour un pays de 65 millions d’habitants. Mais on peut être touché par une grippe plus ou moins dangereuse. En janvier 2010, la France est en train de tenter de revendre ces excédents de vaccins contre la grippe H1 N1. Il y a aussi d’autres produits, dont on ne sait quoi faire…

Il est vrai que la mortalité imputable à cette grippe, s’élève à deux cent victimes. Cela reste bien-sûr effroyable. Mais il faut savoir, que parmi ces victimes, seulement près de trente sont imputables uniquement à cette grippe, chez des gens disons, qui étaient plutôt en bonne santé, les autres étant des patients déjà atteints d’autres maux (« déjà malades »). Il faut savoir aussi que la grippe saisonnière fait 6 000 morts chaque année, en France (en particulier chez les personnes âgées), 600 000 dans le monde. Nous avons vingt-cinq millions de Français qui ont été au contact de cette grippe, sans même le savoir et même sans en présenter le moindre signe clinique. Et c’était su dès le mois de juillet 2009. Il y a eu une pression incroyable des laboratoires (« achetez-en nous maintenant, parce qu’après on en aura plus, vous ne pourrez plus être servi »). Et on peut comprendre que l’on ait aussi, parfois cédé à la pression. Et puis, il y a le principe de précaution, qui été poussé là, à l’extrême. 

En tout cas, cette « année, les experts ont décidé de faire relâche, de se faire oublier, de se refaire une crédibilité, respectabilité ». Ils ont dû sentir d’instinct que le H1 N1 avait été le coup de trop. « Celui qui fait basculer des millions de consommateurs naïfs, dans le monde de l’incrédulité, au mieux railleuse, au pis vindicative ». Les industriels du vaccin qui emploient souvent ces mêmes experts, ou les soudoient, ne les relancent pas cette année. Il faut dire que les profits de la dernière campagne, ont été tellement énormes… L’actualité du point de vue sanitaire en devient plutôt plate. Ca en devient même triste et morne, en effet… 

                                                                                                                                                     J. D.

20 septembre, 2010

Eclaircissements sur la réforme des programmes d’histoire

Classé dans : Politique,sujets de societe — llanterne @ 14:42

Eclaircissements sur la réforme des programmes d'histoire dans Politique latern

Cette réforme des programmes scolaires de 2009/10 est décidément sujette à polémique. D’autant plus que dans cette affaire, « une polémique peut en cacher une autre ». La suppression annoncée de l’enseignement de l’histoire en terminale S, l’an dernier, avait déjà suscité un tollé. Mais dont l’écho n’est pas parvenu cependant rue de Grenelle, le ministère ayant maintenu sa décision. Sur fonds de réduction drastique des heures de cours consacrées à l’étude de l’histoire et au français et alors que l’on sait que les livres de seconde arriveront en retard, on apprend maintenant que les figures de Louis XIV et Napoléon se voient condamnées à une quasi-disparition des manuels et programmes d’histoire ?!…

Tout d’abord, si l’on opère une analyse de la question, les contenus des programmes scolaires ont eux aussi, connu leur évolution dans l’histoire de l’enseignement en France. Place n’a d’ailleurs pas toujours été accordé à l’Histoire. Avant la loi de 1833, on n’avait jamais parlé de cette discipline dans les écoles. Louis XIV dit même « que les jeunes gens de son époque ignorent l’Histoire de France, et Rollin avoue, avec humiliation, qu’il ne la connait pas non plus ». Les Conventionnels, à la faveur de la Révolution, avaient voulu réorganiser l’enseignement. C’était une œuvre utile et considérable, qu’ils n’eurent pas le temps de mettre en pratique, « mais, dans leur plan d’études, ils ne mentionnaient pas d’Histoire ». Il n’est plus question de l’Histoire non plus, sous l’Empire, les maîtres se contentent d’apprendre à lire, écrire, chiffrer à leurs élèves, en 1808. Il faut arriver à la loi de 1833, qui a fait beaucoup pour l’enseignement, pour voir la Géographie et l’Histoire de France compter parmi les matières obligatoires dans l’enseignement primaire. En 1834, on décrète que l’enseignement de l’Histoire et de la Géographie sera donné aux élèves les plus avancés des écoles primaires élémentaires. En 1850, on ne mentionne l’Histoire et la Géographie que comme matières facultatives. Avec la loi de Victor Duruy du 10 avril 1867, l’Histoire et la Géographie prennent rang parmi les matières obligatoires. C’est une loi de 1882 qui a fait occuper à l’Histoire la place qu’elle a aujourd’hui.

Dans la France des années 1880, jusqu’au début du XXe siècle, dans l’approche des programmes, place importante est sinon accordée à une discipline en particulier, à savoir la Géographie. Suite à la guerre de 1870-71, la France s’est vue amputée de l’Alsace et la Lorraine. Les deux départements sont couverts d’un voile noir, tenu par une ficelle, sur la carte de France accrochée au fonds de toutes les salles de cours. A l’époque des « Hussards noirs de la IIIe République », l’enjeu est surtout pour les écoliers qu’ils puissent s’approprier leur territoire national, qu’ils le connaissent avec ces départements, parfois leurs chefs-lieux (qu’ils convenaient d’ailleurs de connaître par cœur, jusque dans l’après-guerre), avec les noms des fleuves, des principales grandes villes, des massifs. L’enseignement de l’histoire était sinon centré sur l’Histoire de France, les batailles et ses grands hommes. C’était peut-être réducteur, mais utile et important.

Ce programme scolaire a certes connu ensuite des évolutions significatives, au fil du temps. Durant l’entre-deux-guerres, survient une nouvelle réforme au niveau des programmes scolaires. Le contenu varie quelques peu. Le régime de Vichy innove peu en matière scolaire. A la libération, le gouvernement provisoire institue une commission de réflexion sur l’éducation. C’est le rapport Langevin-Wallon, qui propose de nombreuses mesures de modernisation de l’enseignement. A la suite de la révolte de mai 1968, l’université est réformée, menant entre autre à plus d’autonomie et à une démocratisation de son administration (loi Faure de 1968). La mixité filles/garçons est appliquée à tous les niveaux d’enseignement. La Loi Haby (1975) instaure le principe de collège unique pour tous les élèves. Une réforme consécutive a également touché le contenu des programmes scolaires, et en particulier l’enseignement de l’histoire et de la géographie. La pédagogie a en effet accordé une place importante aux autres civilisations (Grèce antique, Egypte ancienne), jusqu’à la dernière réforme de 2009, dans les classes de 6e et de 5e, où elles occupaient l’essentiel du programme en histoire.

Par ailleurs influencée par les sciences de l’éducation, la pédagogie évolue et interroge la place de l’enseignant en termes de directivité ou de non-directivité. Dans les années 1970, Ivan Illitch va jusqu’à remettre en question l’existence d’un système scolaire institué par l’Etat. Les pédagogies nouvelles (Montessori, Freinet…), suscitent un important débat, bien que restant marginales. La loi Jospin de 1989 semble toutefois aller dans le sens des nouvelles pédagogies, en plaçant l’élève « au centre du système éducatif ». Dans ce cadre, le pédagogue Philippe Meirieu envisage que l’Ecole devienne un moyen de réalisation du projet de l’élève. Le triangle pédagogique est remis en cause. Comme l’écrit Pierre Lunel, ce sont bel et bien « dans les années 1970 et 1980 que l’enseignement de l’histoire a été mis à mal », les gouvernements de droite et de gauche y ayant d’ailleurs, leurs parts de responsabilité respectives. Sous l’influence de l’école dite des Annales, s’est opérée l’irruption dans les classes de la « nouvelle histoire et les méfaits d’un pédagogisme abscons issu de la recherche universitaire ». Des mouvements intellectuels se sont conjugués pour bannir de l’enseignement, le portrait dressé et établi des grands hommes, le récit de leurs actions. On renonce à la chronologie, les cours magistraux perdent de leur prépondérance, au profit d’une place accrue accordée à l’étude de documents.

Comme cela est décrypté dans « Valeurs actuelles », par le pédagogue Pierre Lunel en « remplaçant le récit chronologique par l’étude de documents », l’école a fait fausse route, déjà en aval. « Il faut revoir l’enseignement de l’histoire ». « L’intelligence de l’enfant se nourrit d’imagination, pas seulement de concepts et de notions ». Pierre Lunel affirme ainsi être persuadé « qu’on ne peut enseigner l’histoire et la faire aimer à ses élèves sans avoir le goût du récit et la passion des hommes qui l’ont faite ». Agrégé de droit romain et ancien président de l’université Paris-VIII-Vincennes, également délégué interministériel à l’orientation, ce-dernier a récemment publié un ouvrage au titre corrosif et sans détour, « La Manufacture des ânes ». Comme le constatait Michel Debré, le 30 mai 1980, devant l’Assemblée nationale, dans un gouvernement de droite alors : « Il suffit d’aller dans une école pour se rendre compte que l’histoire n’existe plus en tant que telle. L’histoire, c’est d’abord la chronologie : la chronologie a disparu. L’histoire, ce sont ensuite des récits : il n’y a plus de récits ». Max Gallo, porte-parole du gouvernement, en arrive à affirmer à l’Elysée, le 31 mai 1983, « que le président était « angoissé » par « les carences de l’enseignement de l’histoire qui conduisent à la perte de la mémoire collective des nouvelles générations ».

Certes, il y a toujours eu des cancres, « dont les sottises ont fait, dans les années 1960, le succès de Jean-Charles et d’autres humoristes », dont « certaines perles » mériteraient même d’être rappelées : « Le gouvernement de Vichy siégeait à Bordeaux » ; « Toute sa vie, Montaigne a voulu écrire, il n’a fait que des essais ». Cependant « les auteurs de ces absurdités étaient précisément des cancres, dont l’ignorance n’était pas, à l’époque, couronnée par le baccalauréat (85,4 % de réussite cette année !) ». Par ailleurs, il faut le dire, la France n’est pas l’Allemagne qui se confond avec son peuple, ni l’Angleterre, que de Gaulle ou le comte de Paris comparaient, non sans malice, à une « vielle maison de commerce ». Les Français sont liés par une histoire commune façonnée, qu’on le veuille ou non (d’ailleurs souvent par la Chrétienté). « Toute culture nationale est bénie, les nations sont les couleurs de l’humanité » (Soljenitsyne, « La Russie sous l’avalanche, 2000 »). Droite et gauche s’entendent là-dessus, ou de moins le devraient… Ce passé, ce sont nos racines, et c’est grâce à ces racines qu’une plante se nourrit et s’épanouit. « Voilà pourquoi nous devons transmettre à nos enfants ce patrimoine indivis ». De plus, l’éducation nationale a été aussi un instrument d’assimilation efficace. Si les gens ne prennent conscience de l’histoire du pays, qui les a vus naître (ou qui les accueille), la nation se délite. 

Les nouveaux arrivants doivent comprendre qu’ils participent à une histoire et à un projet commun qu’ils doivent respecter. Encore faut-il, que la France soit toutefois, fière de son passé, à regarder en face, avec ces parts d’ombre aussi comme dans l’histoire de toutes nations humaines, sûre de ses valeurs et qu’elle les transmette aux jeunes générations. Surtout à une époque, même si cela peut sembler toutefois un peu réactionnaire et rétrograde, où la conscription nationale a été suspendue, depuis 1996… Sans vouloir tomber dans la caricature, comme l’écrit, le polémique Alain Finkielkraut, pour le citer, notamment dans un récent ouvrage et dans un entretien accordé sur le sujet : « l’école est en train de devenir une petite enclave soviétique, dans notre univers démocratique… ». Mais même si l’on considère, que le niveau de formations s’est élevé (avec près de 80 % d’une classe d’âge bachelière), le rôle d’ « ascenseur social » du système éducatif est depuis les années 1980, fortement contesté.

Il est vrai que les enfants des milieux aisés, s’orientent de plus en plus vers l’enseignement privé confessionnel sous contrat, de manière quasi systématique, et cela parfois même dès le primaire. Les classes les plus défavorisées se contentent d’envoyer leurs rejetons, dans l’enseignement public, avec l’instauration d’une école à deux vitesses. « Seules les familles détiennent un capital culturel adapté permettant à leurs enfants de réussir leur parcours scolaire ». Ces nouveaux programmes de 2009-10 avaient certes, au départ, pour ambition d’opérer une synthèse entre les deux approches. Il s’agissait donc de revenir à davantage de chronologie et à l’étude des grands hommes. Mais c’était sans compter sur les résistances de la gauche syndicale. Ainsi la liste des grands hommes prévus de Philippe Auguste à de Gaulle est passée à la trappe. Le règne de Louis XIV est rétrogradé de la 4e à la 5e.  « Le Roi-Soleil ne nous darde plus de ses rayons ». Louis XIV est également étudié dans un cadre plus vaste, de la montée de l’absolutisme en Europe au XVIIe siècle (pourquoi pas ?). Mais seulement, l’on apprend qu’il se retrouve par contre, en fin de programme… Autant dire que les collégiens n’arriveront jamais à cette mise en perspective, fusse-t-elle intelligente et intéressante. Quant à Napoléon, il se retrouve toujours en 4e, dans l’ensemble consacré à la Révolution française ; mais n’y est évoqué aucune de ses batailles. « Le seul rival de Jules César et d’Alexandre »  est donc étudié pour son code civil, ses lycées, ses préfets et sa légion d’honneur. En revanche, une place est accordée à la dynastie chinoise Han, à son apogée…

Comme le dit M. Zemmour : « Au bout du compte, rien n’est plus approfondi et l’on se contente d’un saupoudrage culturel, livrant une maigre base », surtout aux élèves des milieux les plus simples et défavorisés… Dans les décennies à venir, dans cette société post-soixante-huitarde, le fossé du savoir sera de plus en plus creusé entre les uns et les autres…

                                                                                                                                                         J. D.

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